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    <title>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</title>
    <description>Radio Collection – Radio Pop Rock gratuite, sans pub, en Hi-Fi - RSS News</description>
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      <title>Broken Machine de Nothing But Thieves : entre la nervosité d’Amsterdam et la vulnérabilité de Sorry</title>
      <description><![CDATA[Nothing But Thieves c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 9 ans de Broken Machine, sorti le 8 septembre 2017. Pour son deuxi&egrave;me album, le groupe britannique prolonge l&rsquo;&eacute;lan de ses tourn&eacute;es tout en ...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:25:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/broken-machine-de-nothing-but-thieves-entre-la-nervosite-d-amsterdam-et-la-vulnerabilite-de-sorry-414</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nothing But Thieves c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 9 ans de <em>Broken Machine</em>, sorti le 8 septembre 2017. Pour son deuxi&egrave;me album, le groupe britannique prolonge l&rsquo;&eacute;lan de ses tourn&eacute;es tout en &eacute;largissant sa m&eacute;thode de travail avec le producteur Mike Crossey. Le contraste entre &laquo; Amsterdam &raquo;, premier signal direct pens&eacute; pour la sc&egrave;ne, et &laquo; Sorry &raquo;, plus introspectif, raconte un disque con&ccedil;u pour montrer plusieurs visages.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Entre 2015 et 2017, Nothing But Thieves passe rapidement du premier album &agrave; la n&eacute;cessit&eacute; de lui donner une suite. La formation de Southend-on-Sea gagne en notori&eacute;t&eacute; et multiplie les concerts dans les clubs britanniques comme en Europe. C&rsquo;est dans ce mouvement, sans v&eacute;ritable rupture avec la sc&egrave;ne, que prennent forme les chansons de <em>Broken Machine</em>.</p>
<h2>Un deuxi&egrave;me album nourri par les concerts</h2>
<p>Le groupe arrive &agrave; ce nouveau projet avec l&rsquo;exp&eacute;rience accumul&eacute;e sur la route. Au printemps 2017, une courte tourn&eacute;e accompagne notamment &laquo; Amsterdam &raquo;, quelques mois avant la publication de l&rsquo;album. Ces concerts alimentent l&rsquo;envie d&rsquo;&eacute;crire des morceaux plus directs, capables de produire un effet imm&eacute;diat devant un public.</p>
<p>Cette orientation ne r&eacute;sume pourtant pas <em>Broken Machine</em>. L&agrave; o&ugrave; &laquo; Amsterdam &raquo; doit frapper rapidement, le disque m&eacute;nage aussi des passages plus m&eacute;lodiques et introspectifs. La construction de l&rsquo;album repose pr&eacute;cis&eacute;ment sur cette coexistence : conserver l&rsquo;&eacute;nergie d&eacute;velopp&eacute;e en concert sans enfermer Nothing But Thieves dans une seule mani&egrave;re d&rsquo;&eacute;crire.</p>
<p>Le travail reste organis&eacute; autour du noyau cr&eacute;atif form&eacute; par Conor Mason, Joe Langridge-Brown et Dominic Craik. Tous trois cosignent la plupart des chansons &agrave; partir de maquettes associant riffs de guitare, motifs &eacute;lectroniques et lignes vocales. Cette m&eacute;thode collective fournit la mati&egrave;re que la production va ensuite densifier.</p>
<h2>Mike Crossey &eacute;largit le cadre de <em>Broken Machine</em></h2>
<p>Pour produire ce deuxi&egrave;me album, Nothing But Thieves choisit Mike Crossey, notamment connu pour son travail avec Arctic Monkeys. Son intervention permet au groupe d&rsquo;aller plus loin que sur son premier disque dans l&rsquo;accumulation des couches de guitares, les traitements appliqu&eacute;s &agrave; la voix et l&rsquo;int&eacute;gration d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments &eacute;lectroniques.</p>
<p>Les sources disponibles ne permettent pas de reconstituer pr&eacute;cis&eacute;ment le d&eacute;roulement des s&eacute;ances de 2016 et 2017. Elles montrent toutefois le r&eacute;sultat de cette collaboration : des arrangements plus fournis, un usage renforc&eacute; des dynamiques et des structures que la presse sp&eacute;cialis&eacute;e d&eacute;crira, &agrave; la sortie, comme plus ambitieuses que celles du premier album.</p>
<p>Le r&ocirc;le de Crossey s&rsquo;inscrit ainsi dans une &eacute;volution mesurable plut&ocirc;t que dans une rupture totale. Les maquettes conservent les composantes centrales de l&rsquo;&eacute;criture du groupe, tandis que la production multiplie les textures disponibles. <em>Broken Machine</em> devient le lieu o&ugrave; Nothing But Thieves met &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve cette palette &eacute;largie.</p>
<h2>&laquo; Amsterdam &raquo;, premier signal envoy&eacute; depuis la sc&egrave;ne</h2>
<p>Le 2 mai 2017, &laquo; Amsterdam &raquo; ouvre la campagne des singles. Co&eacute;crite par Conor Mason, Joe Langridge-Brown et Dominic Craik, la chanson est pr&eacute;sent&eacute;e comme un titre plus direct et abrasif, con&ccedil;u pour attirer imm&eacute;diatement l&rsquo;attention en concert. Son choix installe d&rsquo;abord le versant le plus nerveux du futur album.</p>
<p>La proximit&eacute; entre sa publication et les dates donn&eacute;es au printemps lui conf&egrave;re une fonction particuli&egrave;re. Avant m&ecirc;me que <em>Broken Machine</em> ne soit disponible, &laquo; Amsterdam &raquo; sert de carte de visite sc&eacute;nique au projet. Le morceau annonce un groupe attentif &agrave; la fa&ccedil;on dont ses nouvelles compositions peuvent fonctionner dans les clubs, puis sur des sc&egrave;nes plus vastes.</p>
<p>Ce premier aper&ccedil;u aurait pourtant donn&eacute; une image incompl&egrave;te du disque. Nothing But Thieves organise donc la suite de sa pr&eacute;sentation autour de chansons qui d&eacute;placent progressivement le regard.</p>
<h2>&laquo; Sorry &raquo; r&eacute;v&egrave;le l&rsquo;autre versant du disque</h2>
<p>Le 14 ao&ucirc;t 2017, quelques semaines avant la sortie, &laquo; Sorry &raquo; introduit un contrepoint plus m&eacute;lodique et introspectif. La chanson place davantage en avant la vuln&eacute;rabilit&eacute; port&eacute;e par la voix de Conor Mason. Apr&egrave;s l&rsquo;impact imm&eacute;diat recherch&eacute; avec &laquo; Amsterdam &raquo;, ce deuxi&egrave;me single indique que l&rsquo;album ne suivra pas une ligne uniforme.</p>
<p>Le morceau-titre &laquo; Broken Machine &raquo; para&icirc;t &agrave; son tour le 21 ao&ucirc;t. Il rassemble riffs de guitare et textures &eacute;lectroniques, tout en ouvrant les paroles &agrave; des sujets plus larges que les r&eacute;cits relationnels associ&eacute;s au premier disque. Sans expliquer l&rsquo;origine du titre de l&rsquo;album, qui n&rsquo;est pas document&eacute;e, la chanson donne une illustration concr&egrave;te du nouveau champ d&rsquo;&eacute;criture explor&eacute; par le groupe.</p>
<p>Le 26 ao&ucirc;t, &laquo; I&rsquo;m Not Made by Design &raquo; compl&egrave;te cette r&eacute;v&eacute;lation progressive. Apr&egrave;s la sortie de l&rsquo;album, &laquo; Particles &raquo; prolongera encore le cycle des singles en janvier 2018. La campagne ne repose donc pas sur une seule chanson locomotive : elle expose successivement plusieurs registres de <em>Broken Machine</em>.</p>
<h2>Une sortie internationale pens&eacute;e dans plusieurs formats</h2>
<p>Le 8 septembre 2017, Sony Music UK et RCA Records publient l&rsquo;album simultan&eacute;ment sur plusieurs territoires. Des &eacute;ditions europ&eacute;ennes, britanniques, am&eacute;ricaines et japonaises sont propos&eacute;es, avec des r&eacute;f&eacute;rences propres. En Europe, <em>Broken Machine</em> para&icirc;t notamment en vinyle, cassette et CD, tandis que le Royaume-Uni b&eacute;n&eacute;ficie &eacute;galement de versions limit&eacute;es et sign&eacute;es.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;dition standard compte onze morceaux, mais le projet existe d&egrave;s son lancement sous des formes deluxe enrichies de titres suppl&eacute;mentaires. Ces bonus prolongent les th&egrave;mes et les exp&eacute;rimentations sonores du disque. Pour une partie du public, ces versions &eacute;tendues finissent m&ecirc;me par constituer la forme de r&eacute;f&eacute;rence de l&rsquo;album.</p>
<p>Cette diversit&eacute; d&rsquo;&eacute;ditions accompagne une publication pr&eacute;par&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle internationale. Elle correspond aussi &agrave; la position occup&eacute;e par Nothing But Thieves en 2017 : celle d&rsquo;un groupe britannique dont le deuxi&egrave;me album doit &ecirc;tre disponible au m&ecirc;me moment sur plusieurs march&eacute;s, apr&egrave;s deux ann&eacute;es de progression et de concerts.</p>
<h2>De la deuxi&egrave;me place britannique aux tourn&eacute;es &eacute;largies</h2>
<p>&Agrave; sa sortie, <em>Broken Machine</em> atteint la deuxi&egrave;me place du UK Albums Chart. L&rsquo;album obtient ensuite une certification or au Royaume-Uni aupr&egrave;s de la BPI, ainsi qu&rsquo;une certification or aux Pays-Bas. Ces r&eacute;sultats donnent une traduction commerciale pr&eacute;cise &agrave; l&rsquo;&eacute;largissement international engag&eacute; autour du disque.</p>
<p>Le cycle de l&rsquo;album conduit &eacute;galement Nothing But Thieves vers des tourn&eacute;es plus importantes, avec des concerts en t&ecirc;te d&rsquo;affiche et des passages en festivals. &laquo; Amsterdam &raquo; et &laquo; Sorry &raquo;, pourtant plac&eacute;es aux deux extr&eacute;mit&eacute;s du spectre pr&eacute;sent&eacute; avant la sortie, deviennent rapidement des moments forts des setlists. Le contraste qui structurait la campagne du disque se prolonge ainsi sur sc&egrave;ne.</p>
<p>Neuf ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Broken Machine</em> raconte donc moins une transformation brutale qu&rsquo;un agrandissement m&eacute;thodique. Les tourn&eacute;es fournissent l&rsquo;&eacute;lan, le trio Mason-Langridge-Brown-Craik organise l&rsquo;&eacute;criture, puis Mike Crossey enrichit les arrangements et les traitements sonores. La succession des singles se charge enfin de rendre cette &eacute;volution lisible avant m&ecirc;me la parution.</p>
<p>Entre l&rsquo;efficacit&eacute; recherch&eacute;e pour &laquo; Amsterdam &raquo; et l&rsquo;exposition plus vuln&eacute;rable de &laquo; Sorry &raquo;, Nothing But Thieves a construit un deuxi&egrave;me album capable d&rsquo;accompagner son passage vers des sc&egrave;nes et des march&eacute;s plus larges. Son neuvi&egrave;me anniversaire rappelle aujourd&rsquo;hui comment ce changement d&rsquo;&eacute;chelle s&rsquo;est jou&eacute; : non autour d&rsquo;un morceau unique, mais dans la r&eacute;union de plusieurs directions au sein d&rsquo;un m&ecirc;me disque.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>The Human League : 40 bougies pour Crash, achevé par Jam &amp; Lewis après une dispute</title>
      <description><![CDATA[The Human League c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 40 ans de Crash, sorti le 8 septembre 1986. Pour relancer le groupe apr&egrave;s Hysteria, Virgin Records l&rsquo;avait envoy&eacute; &agrave; Minneapolis trava...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/the-human-league-40-bougies-pour-crash-acheve-par-jam-lewis-apres-une-dispute-413</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>The Human League c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 40 ans de <em>Crash</em>, sorti le 8 septembre 1986. Pour relancer le groupe apr&egrave;s <em>Hysteria</em>, Virgin Records l&rsquo;avait envoy&eacute; &agrave; Minneapolis travailler avec Jimmy Jam et Terry Lewis. Quatre mois de s&eacute;ances, une nouvelle m&eacute;thode de production et une dispute sur le contr&ocirc;le du studio ont conduit Philip Oakey et ses partenaires &agrave; rentrer en Angleterre avant la fin du projet.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&Agrave; la fin de 1985, The Human League se trouve face &agrave; une &eacute;quation d&eacute;licate. Le groupe reste associ&eacute; au succ&egrave;s massif de <em>Dare</em>, paru en 1981, tandis que <em>Hysteria</em>, sorti trois ans plus tard, n&rsquo;a pas obtenu les m&ecirc;mes r&eacute;sultats. Virgin Records cherche alors une nouvelle impulsion et organise une rencontre qui va d&eacute;placer le centre de gravit&eacute; du cinqui&egrave;me album du groupe bien au-del&agrave; de l&rsquo;Angleterre.</p>
<h2>Virgin Records choisit la piste de Minneapolis</h2>
<p>Le label met The Human League en relation avec Jimmy Jam et Terry Lewis. Bas&eacute;s &agrave; Minneapolis, les deux producteurs viennent de signer un succ&egrave;s majeur avec <em>Control</em> de Janet Jackson. Leur arriv&eacute;e ne repr&eacute;sente donc pas un simple changement derri&egrave;re la console : elle installe le groupe britannique dans un environnement de travail li&eacute; au R&amp;B am&eacute;ricain contemporain.</p>
<p>&Agrave; partir de f&eacute;vrier 1986, Philip Oakey, Joanne Catherall, Susan Ann Sulley et leurs partenaires passent environ quatre mois aux Flyte Time Studios de Minneapolis. L&rsquo;&eacute;loignement est autant g&eacute;ographique que cr&eacute;atif. Jam et Lewis apportent une part significative du mat&eacute;riel destin&eacute; &agrave; <em>Crash</em> et impriment aux s&eacute;ances leur palette sonore, notamment construite autour du synth&eacute;tiseur Yamaha DX7.</p>
<p>Cette association donne ainsi au disque une configuration particuli&egrave;re. The Human League ne se contente pas de faire produire ses propres chansons par un duo ext&eacute;rieur : Jam et Lewis interviennent dans l&rsquo;&eacute;criture, la production et la d&eacute;finition m&ecirc;me du projet. Ce partage des r&ocirc;les va fournir &agrave; l&rsquo;album son principal single, mais aussi faire appara&icirc;tre une question sensible : qui dirige r&eacute;ellement les s&eacute;ances ?</p>
<h2>&laquo; Human &raquo;, une chanson pens&eacute;e pour les &Eacute;tats-Unis</h2>
<p>La r&eacute;ponse commerciale prend d&rsquo;abord la forme de &laquo; Human &raquo;. &Eacute;crite et produite par Jimmy Jam et Terry Lewis, cette ballade est enregistr&eacute;e &agrave; Flyte Time Studios en f&eacute;vrier 1986. Elle est con&ccedil;ue comme le premier single destin&eacute; au march&eacute; am&eacute;ricain et para&icirc;t quelques semaines avant l&rsquo;album.</p>
<p>Sa fabrication r&eacute;v&egrave;le d&eacute;j&agrave; la mani&egrave;re dont les producteurs conduisent le projet. Habitu&eacute;s &agrave; travailler avec des chanteuses de R&amp;B, Jam et Lewis font appel &agrave; Lisa Keith pour les ch&oelig;urs. Ce choix suscite la frustration de Susan Ann Sulley et Joanne Catherall, les deux choristes de The Human League. Terry Lewis cherche alors &agrave; les int&eacute;grer davantage : il &eacute;crit une partie parl&eacute;e, finalement r&eacute;cit&eacute;e par Catherall dans la version publi&eacute;e.</p>
<p>&laquo; Human &raquo; devient le second num&eacute;ro un de The Human League au Billboard Hot 100 et atteint &eacute;galement le top 10 britannique. Le morceau installe donc <em>Crash</em> sur le march&eacute; am&eacute;ricain avant m&ecirc;me sa sortie. Il montre surtout jusqu&rsquo;o&ugrave; peut aller l&rsquo;influence de Jam et Lewis : le titre phare du disque porte leur signature d&rsquo;auteurs autant que leur travail de producteurs.</p>
<h2>Le contr&ocirc;le du studio provoque la rupture</h2>
<p>Cette pr&eacute;pond&eacute;rance finit toutefois par provoquer des tensions. Dans une interview r&eacute;trospective, Philip Oakey a r&eacute;sum&eacute; le d&eacute;saccord en termes directs : &laquo; On aime garder le contr&ocirc;le en studio. On n&rsquo;aime pas le c&eacute;der &agrave; un producteur. &raquo; Selon son r&eacute;cit, la collaboration s&rsquo;ach&egrave;ve sur une importante dispute autour de la direction des s&eacute;ances.</p>
<p>Le groupe d&eacute;cide alors de quitter Minneapolis et de rentrer en Angleterre. Jimmy Jam et Terry Lewis restent charg&eacute;s d&rsquo;achever le travail, notamment le mixage de <em>Crash</em>. L&rsquo;&eacute;pisode ne permet pas de reconstituer chaque &eacute;tape du conflit, mais il &eacute;claire la situation inhabituelle dans laquelle l&rsquo;album est termin&eacute; : ses producteurs disposent des commandes finales apr&egrave;s le d&eacute;part de ses interpr&egrave;tes.</p>
<p>Ce d&eacute;nouement prolonge la logique install&eacute;e depuis le d&eacute;but des s&eacute;ances. Virgin avait choisi Jam et Lewis pour apporter une nouvelle impulsion ; &agrave; Minneapolis, ceux-ci avaient largement pris en main l&rsquo;&eacute;criture et la production. Le d&eacute;part du groupe rend simplement cette redistribution du contr&ocirc;le impossible &agrave; ignorer.</p>
<h2>&laquo; I Need Your Loving &raquo;, un deuxi&egrave;me single d&eacute;cid&eacute; sans le groupe</h2>
<p>La publication de &laquo; I Need Your Loving &raquo; confirme que les choix entourant <em>Crash</em> ne sont plus tous arr&ecirc;t&eacute;s avec la participation active de The Human League. Co&eacute;crite par Jam, Lewis et plusieurs collaborateurs de la sc&egrave;ne de Minneapolis, la chanson est enregistr&eacute;e pendant les m&ecirc;mes s&eacute;ances &agrave; Flyte Time. Sa production s&rsquo;inscrit nettement dans l&rsquo;esth&eacute;tique R&amp;B alors associ&eacute;e au duo.</p>
<p>Le morceau est retenu comme deuxi&egrave;me single afin de renforcer la perc&eacute;e am&eacute;ricaine, mais cette d&eacute;cision est prise sans l&rsquo;accord du groupe. Le r&eacute;sultat contraste avec celui de &laquo; Human &raquo;. &laquo; I Need Your Loving &raquo; n&rsquo;obtient pas les performances esp&eacute;r&eacute;es et ne monte qu&rsquo;&agrave; la 72e place du classement britannique en novembre 1986.</p>
<p>Les deux singles racontent ainsi les deux faces d&rsquo;une m&ecirc;me strat&eacute;gie. Avec &laquo; Human &raquo;, l&rsquo;&eacute;criture et la m&eacute;thode de Jam et Lewis offrent &agrave; The Human League un deuxi&egrave;me num&eacute;ro un am&eacute;ricain. Avec &laquo; I Need Your Loving &raquo;, l&rsquo;orientation vers les &Eacute;tats-Unis et la mise &agrave; l&rsquo;&eacute;cart du groupe dans le choix du titre ne produisent pas le m&ecirc;me r&eacute;sultat.</p>
<h2>Un top 10 britannique port&eacute; par un num&eacute;ro un am&eacute;ricain</h2>
<p><em>Crash</em> para&icirc;t le 8 septembre 1986 chez Virgin Records, avec une &eacute;dition A&amp;M en Am&eacute;rique du Nord. L&rsquo;album entre dans le top 10 au Royaume-Uni, une position que The Human League n&rsquo;avait plus atteinte avec un album depuis <em>Dare</em>. Il re&ccedil;oit &eacute;galement une certification or sur le march&eacute; britannique.</p>
<p>Ces r&eacute;sultats invitent &agrave; distinguer le parcours du disque de celui de son principal extrait. Aux &Eacute;tats-Unis, la visibilit&eacute; de <em>Crash</em> repose surtout sur &laquo; Human &raquo;. L&rsquo;album demeure par ailleurs moins populaire que les pr&eacute;c&eacute;dents disques phares du groupe, malgr&eacute; son classement britannique et sa certification.</p>
<p>Quarante ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Crash</em> appara&icirc;t donc comme le produit d&rsquo;une collaboration dont les r&eacute;sultats et les tensions sont &eacute;troitement li&eacute;s. La rencontre organis&eacute;e par Virgin a donn&eacute; au groupe l&rsquo;un de ses plus grands classements am&eacute;ricains, tout en l&rsquo;obligeant &agrave; travailler selon une r&eacute;partition du pouvoir qu&rsquo;il acceptait difficilement.</p>
<p>Le d&eacute;part de Minneapolis r&eacute;sume cette histoire : The Human League rentre en Angleterre, tandis que Jimmy Jam et Terry Lewis terminent l&rsquo;album qui devait lui apporter une nouvelle impulsion. De cette s&eacute;paration en cours de fabrication sort un disque partag&eacute; entre l&rsquo;identit&eacute; du groupe, les m&eacute;thodes de Flyte Time et le poids d&eacute;cisif de &laquo; Human &raquo;.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Tina Turner : Break Every Rule à 40 ans, de Britten et Lyle à Bowie et Adams</title>
      <description><![CDATA[Paru en septembre 1986, Break Every Rule f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 40 ans. Apr&egrave;s le succ&egrave;s de Private Dancer, Tina Turner retrouve Terry Britten et Graham Lyle, puis ouvre la seconde moiti&eacute; du ...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Paru en septembre 1986, <em>Break Every Rule</em> f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 40 ans. Apr&egrave;s le succ&egrave;s de <em>Private Dancer</em>, Tina Turner retrouve Terry Britten et Graham Lyle, puis ouvre la seconde moiti&eacute; du disque &agrave; Bryan Adams, Bob Clearmountain, Mark Knopfler et Rupert Hine. Enregistr&eacute; entre Paris et Londres, l&rsquo;album raconte ainsi une consolidation men&eacute;e par une vaste &eacute;quipe d&rsquo;auteurs, de producteurs et de musiciens invit&eacute;s.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au moment de pr&eacute;parer <em>Break Every Rule</em>, Tina Turner ne repart pas de z&eacute;ro. Deux ans plus t&ocirc;t, <em>Private Dancer</em> a relanc&eacute; sa carri&egrave;re solo. Pour son deuxi&egrave;me album studio chez Capitol, la continuit&eacute; est donc confi&eacute;e &agrave; deux artisans de cette r&eacute;ussite : Terry Britten et Graham Lyle, d&eacute;j&agrave; responsables de &laquo; What&rsquo;s Love Got to Do with It &raquo;.</p>
<h2>Une premi&egrave;re face confi&eacute;e au tandem du renouveau</h2>
<p>La construction du vinyle original traduit clairement cette d&eacute;cision. Britten et Lyle prennent en charge toute la face A : elle est int&eacute;gralement produite et largement &eacute;crite par le tandem. Tina Turner, qui n&rsquo;est pas cr&eacute;dit&eacute;e comme auteure ou productrice sur la plupart des sources recensant l&rsquo;album, devient le point de rencontre d&rsquo;un projet principalement aliment&eacute; par des cr&eacute;ateurs ext&eacute;rieurs.</p>
<p>Les deux premi&egrave;res chansons donnent imm&eacute;diatement sa coh&eacute;rence &agrave; cette partie du disque. &laquo; Typical Male &raquo; et &laquo; Two People &raquo; sont toutes deux sign&eacute;es Terry Britten et Graham Lyle, avec Britten &agrave; la production. Celui-ci ne se limite pas &agrave; superviser les s&eacute;ances : sur &laquo; Typical Male &raquo;, il joue les guitares et la basse, participe aux ch&oelig;urs, tandis que Tim Cappello intervient au saxophone.</p>
<p>Le morceau est choisi pour lancer l&rsquo;album durant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1986. La campagne d&eacute;passe largement la seule diffusion radio : Tina Turner le pr&eacute;sente dans des &eacute;missions britanniques comme <em>Wogan</em> et <em>Late Late Breakfast Show</em>, puis appara&icirc;t aux MTV Video Music Awards aux &Eacute;tats-Unis. &laquo; Typical Male &raquo; atteint finalement la deuxi&egrave;me place du Billboard Hot 100 am&eacute;ricain.</p>
<h2>&laquo; Two People &raquo; prolonge la m&eacute;thode Britten-Lyle</h2>
<p>Plac&eacute;e juste apr&egrave;s &laquo; Typical Male &raquo;, &laquo; Two People &raquo; repose sur la m&ecirc;me association d&rsquo;auteurs et de producteur. Billy Livsey y tient les claviers, tandis que Terry Britten assure les guitares. Publi&eacute;e en single &agrave; l&rsquo;automne 1986, la chanson b&eacute;n&eacute;ficie elle aussi de passages t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s au Royaume-Uni, notamment pendant une campagne qui conduit Tina Turner sur les plateaux de <em>Wogan</em>, <em>Late Late Breakfast Show</em> et <em>The Tube</em>.</p>
<p>Ses r&eacute;sultats restent plus modestes que ceux du premier extrait, mais le titre obtient des classements notables dans les cat&eacute;gories Adult Contemporary et R&amp;B aux &Eacute;tats-Unis. Les deux chansons montrent surtout comment l&rsquo;&eacute;quipe de <em>Break Every Rule</em> cherche &agrave; prolonger une collaboration d&eacute;j&agrave; install&eacute;e, plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; rompre enti&egrave;rement avec le disque pr&eacute;c&eacute;dent.</p>
<p>Capitol accompagne cette exposition d&rsquo;un outil promotionnel particulier : un &laquo; radio interview &raquo; pr&eacute;par&eacute; avec le journaliste Paul Gambaccini. Distribu&eacute; aux stations, ce support contient des questions sur les nouvelles chansons ainsi que sur l&rsquo;autobiographie <em>I, Tina</em>. Singles, t&eacute;l&eacute;vision et entretiens radiophoniques avancent ainsi de concert autour de la sortie.</p>
<h2>Paris et Londres comme points d&rsquo;ancrage</h2>
<p>Les s&eacute;ances se d&eacute;roulent principalement entre Paris et Londres. Dans une interview accord&eacute;e &agrave; Bill Harry, Tina Turner r&eacute;sume ce partage g&eacute;ographique : &laquo; J&rsquo;ai enregistr&eacute; l&rsquo;album &agrave; Paris et Londres, et Londres est quelque chose de sp&eacute;cial pour moi. &raquo; Elle relie notamment la capitale britannique &agrave; &laquo; River Deep, Mountain High &raquo; et au d&eacute;marrage de sa carri&egrave;re solo europ&eacute;enne.</p>
<p>Ce cadre accueille un ensemble &eacute;tendu de musiciens de studio. Nick Glenne-Smith et Billy Livsey figurent parmi les clavi&eacute;ristes, Steve Winwood joue un solo de synth&eacute;tiseur sur l&rsquo;un des morceaux, Tim Cappello intervient sur &laquo; Typical Male &raquo; et Branford Marsalis tient le saxophone soprano sur un titre de la seconde face. L&rsquo;unit&eacute; du projet ne vient donc pas d&rsquo;une formation fixe, mais de la r&eacute;union d&rsquo;&eacute;quipes successives autour de Tina Turner.</p>
<h2>David Bowie &eacute;crit &laquo; Girls &raquo; pour Tina Turner</h2>
<p>La logique des contributions ext&eacute;rieures appara&icirc;t aussi avec &laquo; Girls &raquo;. David Bowie &eacute;crit sp&eacute;cialement cette chanson pour Tina Turner, tandis que Terry Britten en assure la production. Le morceau prolonge le dialogue artistique d&eacute;j&agrave; nou&eacute; entre les deux artistes &agrave; travers leurs pr&eacute;c&eacute;dentes collaborations sc&eacute;niques et leurs duos.</p>
<p>Au sein de la premi&egrave;re face domin&eacute;e par Britten et Lyle, cette composition de Bowie apporte un autre nom &agrave; la liste des auteurs r&eacute;unis autour de la chanteuse. Elle illustre surtout la m&eacute;thode retenue pour l&rsquo;album : s&eacute;lectionner des chansons confi&eacute;es &agrave; Tina Turner, puis les faire passer par des producteurs et des instrumentistes choisis selon chaque morceau.</p>
<h2>La face B change de producteurs</h2>
<p>Le passage &agrave; la seconde face modifie nettement l&rsquo;organisation. L&agrave; o&ugrave; Britten et Lyle assuraient la continuit&eacute; de la premi&egrave;re moiti&eacute;, Bryan Adams, Bob Clearmountain, Mark Knopfler et Rupert Hine se partagent d&eacute;sormais chansons et production. <em>Break Every Rule</em> prend alors la forme d&rsquo;un album &agrave; plusieurs ateliers, chacun venant avec ses auteurs et sa m&eacute;thode de travail.</p>
<p>&laquo; Back Where You Started &raquo; est ainsi &eacute;crite par Bryan Adams et Jim Vallance, puis produite par Adams avec Bob Clearmountain. Adams joue &eacute;galement des claviers et de la guitare, tandis que Keith Scott assure la guitare solo. La chanson sert aussi de titre promotionnel pour mettre en avant la participation de Bryan Adams au projet.</p>
<p>Rupert Hine signe pour sa part la chanson qui donne son nom au disque. Il &eacute;crit et produit &laquo; Break Every Rule &raquo; avec une &eacute;quipe de musiciens de studio plac&eacute;e sous sa direction. D&rsquo;autres morceaux de cette face passent par Mark Knopfler, tandis que Branford Marsalis appara&icirc;t parmi les invit&eacute;s : la seconde moiti&eacute; &eacute;largit ainsi le cercle d&eacute;j&agrave; constitu&eacute; &agrave; Paris et &agrave; Londres.</p>
<h2>De l&rsquo;album aux grandes sc&egrave;nes internationales</h2>
<p>La publication de <em>Break Every Rule</em> confirme que la strat&eacute;gie ne se limite pas au lancement de &laquo; Typical Male &raquo;. L&rsquo;album re&ccedil;oit des certifications de platine ou multi-platine dans plusieurs territoires, notamment aux &Eacute;tats-Unis, en Autriche, au Canada, en Allemagne et au Royaume-Uni. Ces r&eacute;sultats accompagnent une tourn&eacute;e mondiale particuli&egrave;rement ambitieuse.</p>
<p>Parmi les &eacute;tapes les plus importantes figure le concert de Rio de Janeiro, donn&eacute; devant environ 180 000 spectateurs. La tourn&eacute;e li&eacute;e au disque devient ainsi l&rsquo;une des cons&eacute;quences les plus visibles de cette p&eacute;riode : apr&egrave;s le retour commercial port&eacute; par <em>Private Dancer</em>, Tina Turner dispose d&rsquo;un nouvel album con&ccedil;u pour alimenter une campagne internationale et un spectacle de grande ampleur.</p>
<p>Quarante ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Break Every Rule</em> raconte donc moins une rupture qu&rsquo;un &eacute;quilibre minutieusement organis&eacute;. Britten et Lyle garantissent la continuit&eacute; sur une face ; Adams, Clearmountain, Knopfler et Hine ouvrent plusieurs voies sur l&rsquo;autre ; Bowie apporte une chanson &eacute;crite pour l&rsquo;interpr&egrave;te. Au centre de cette architecture collective, Tina Turner relie des &eacute;quipes, des studios et des morceaux venus d&rsquo;horizons diff&eacute;rents.</p>
<p>Le titre de l&rsquo;album sugg&egrave;re l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une transgression. Sa fabrication documente pourtant surtout une r&eacute;partition tr&egrave;s pr&eacute;cise des r&ocirc;les, depuis les auteurs jusqu&rsquo;aux musiciens invit&eacute;s, puis des plateaux de t&eacute;l&eacute;vision aux sc&egrave;nes de la tourn&eacute;e mondiale. C&rsquo;est dans cette organisation collective que se lit aujourd&rsquo;hui l&rsquo;histoire de ses 40 ans.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Pink a 47 ans aujourd’hui : le virage Missundaztood contre le R&amp;B formaté</title>
      <description><![CDATA[N&eacute;e le 8 septembre 1979 &agrave; Doylestown, en Pennsylvanie, Pink f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 47 ans. Avant de devenir une chanteuse et auteure-compositrice pop rock, Alecia Beth Moore a pourtant &eacute;t&eacute; lanc&eacute;...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/pink-a-47-ans-aujourd-hui-le-virage-missundaztood-contre-le-r-b-formate-408</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute;e le 8 septembre 1979 &agrave; Doylestown, en Pennsylvanie, Pink f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 47 ans. Avant de devenir une chanteuse et auteure-compositrice pop rock, Alecia Beth Moore a pourtant &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e comme interpr&egrave;te R&amp;B. Des clubs de Philadelphie &agrave; sa rencontre avec Linda Perry, son histoire est celle d&rsquo;une artiste qui utilise son premier succ&egrave;s pour imposer, d&egrave;s <em>Missundaztood</em>, une identit&eacute; plus personnelle.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Pink pr&eacute;pare son deuxi&egrave;me album, son probl&egrave;me n&rsquo;est plus de se faire conna&icirc;tre. Son premier disque solo, <em>Can&rsquo;t Take Me Home</em>, est sorti en 2000 et &laquo; Lady Marmalade &raquo; vient de lui offrir une visibilit&eacute; internationale. Mais cette r&eacute;ussite repose encore sur un positionnement R&amp;B tr&egrave;s dirig&eacute; par son label. Insatisfaite de cette orientation, elle cherche avec Linda Perry une mani&egrave;re d&rsquo;en sortir sans renoncer &agrave; la place qu&rsquo;elle vient de gagner.</p>
<h2>Les clubs de Philadelphie avant les studios d&rsquo;Atlanta</h2>
<p>Bien avant cette d&eacute;cision, Alecia Beth Moore apprend le m&eacute;tier au contact de la sc&egrave;ne locale. &Agrave; 13 ou 14 ans, elle se produit d&eacute;j&agrave; dans des clubs de Philadelphie. Invit&eacute;e par un DJ local, elle chante notamment des ch&oelig;urs pour le groupe de rap Schools of Thought. Son exp&eacute;rience commence donc dans le live et au sein de formations collectives, loin d&rsquo;une carri&egrave;re solo imm&eacute;diatement construite par un studio.</p>
<p>Plusieurs groupes se succ&egrave;dent durant cette p&eacute;riode. Le groupe de lyc&eacute;e Middleground se s&eacute;pare apr&egrave;s avoir perdu une comp&eacute;tition locale. Basic Instinct, une formation f&eacute;minine, dispara&icirc;t avant d&rsquo;avoir publi&eacute; le moindre titre. Ces tentatives conduisent finalement Pink vers Choice, trio R&amp;B form&eacute; avec Sharon Flanagan et Chrissy Conway. Elle y commence &agrave; &eacute;crire et &agrave; enregistrer.</p>
<p>C&rsquo;est aussi durant ces ann&eacute;es qu&rsquo;Alecia Moore adopte le surnom Pink, bient&ocirc;t transform&eacute; en nom de sc&egrave;ne. Son origine reste volontairement floue : certains r&eacute;cits renvoient &agrave; des moments d&rsquo;embarras durant lesquels elle rougissait, d&rsquo;autres au personnage Mr. Pink de <em>Reservoir Dogs</em>. Plut&ocirc;t que de trancher entre ces versions, la chanteuse entretient ce nom suffisamment ouvert pour en faire une identit&eacute; publique.</p>
<h2>&laquo; Key to My Heart &raquo; ouvre les portes de LaFace Records</h2>
<p>Avec Choice, une chanson change la dimension du projet. &laquo; Key to My Heart &raquo; est envoy&eacute;e &agrave; LaFace Records, &agrave; Atlanta. Le producteur L.A. Reid fait venir les trois chanteuses pour une audition, puis signe le groupe. Les membres de Choice &eacute;tant encore mineures, leurs parents doivent cosigner le contrat : Pink entre tr&egrave;s t&ocirc;t dans le fonctionnement formel de l&rsquo;industrie musicale.</p>
<p>Choice ne devient toutefois pas le v&eacute;hicule durable esp&eacute;r&eacute;. Apr&egrave;s la dissolution du trio &agrave; la fin des ann&eacute;es 1990, L.A. Reid encourage Pink &agrave; continuer seule chez LaFace. Cette transition lui donne sa chance, mais elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;un cadre pr&eacute;cis : la maison de disques la positionne comme chanteuse R&amp;B. <em>Can&rsquo;t Take Me Home</em>, son premier album paru en 2000, porte cette orientation.</p>
<p>Le passage du groupe &agrave; la carri&egrave;re solo n&rsquo;est donc pas encore synonyme d&rsquo;ind&eacute;pendance artistique. Pink b&eacute;n&eacute;ficie du tremplin offert par Choice et L.A. Reid, tout en se retrouvant associ&eacute;e &agrave; une image musicale qu&rsquo;elle jugera trop format&eacute;e. Cette contradiction pr&eacute;pare le changement qui suivra.</p>
<h2>&laquo; Lady Marmalade &raquo; change l&rsquo;&eacute;chelle de sa carri&egrave;re</h2>
<p>Avant de remettre ce positionnement en question, Pink participe &agrave; un projet collectif qui &eacute;largit consid&eacute;rablement sa visibilit&eacute;. Pour la bande originale de <em>Moulin Rouge</em>, elle co-interpr&egrave;te &laquo; Lady Marmalade &raquo; avec Christina Aguilera, Lil&rsquo; Kim et M&yacute;a. La reprise la place au centre d&rsquo;un projet pop majeur, au milieu de plusieurs chanteuses d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s expos&eacute;es.</p>
<p>Le succ&egrave;s du single, r&eacute;compens&eacute; par un Grammy, lui permet de d&eacute;passer l&rsquo;&eacute;tiquette de nouvelle interpr&egrave;te R&amp;B. Pink y apporte une &eacute;nergie rock et une pr&eacute;sence vocale distincte au sein du quartet. &laquo; Lady Marmalade &raquo; agit ainsi comme un tremplin au moment m&ecirc;me o&ugrave; elle cherche &agrave; red&eacute;finir la suite de sa carri&egrave;re.</p>
<h2>Linda Perry accompagne le virage de Missundaztood</h2>
<p>Pour son deuxi&egrave;me album, Pink se rapproche de Linda Perry, ancienne leadeuse de 4 Non Blondes. La rencontre est d&eacute;terminante : Perry cherche alors &agrave; s&rsquo;&eacute;carter de ses propres codes rock, tandis que Pink veut sortir du R&amp;B tr&egrave;s encadr&eacute; de ses d&eacute;buts. Leur travail commun ouvre un espace o&ugrave; la chanteuse peut aller vers un son plus pop rock et moins dirig&eacute; par le label.</p>
<p>&laquo; Get the Party Started &raquo; devient la carte de visite de ce repositionnement. La chanson est &eacute;crite et produite par Linda Perry, puis accept&eacute;e par Pink pour <em>Missundaztood</em>. Derri&egrave;re son caract&egrave;re festif, le titre remplit une fonction tr&egrave;s pr&eacute;cise : pr&eacute;senter au public une artiste qui ne souhaite plus &ecirc;tre enferm&eacute;e dans le format de <em>Can&rsquo;t Take Me Home</em>.</p>
<p>Le changement ne tient donc pas seulement &agrave; une nouvelle couleur musicale. Avec <em>Missundaztood</em>, Pink affirme &eacute;galement une responsabilit&eacute; plus personnelle dans ce qu&rsquo;elle raconte. Le succ&egrave;s d&eacute;j&agrave; obtenu lui sert moins de mod&egrave;le &agrave; reproduire que de point d&rsquo;appui pour modifier son image.</p>
<h2>&laquo; Family Portrait &raquo; expose ce que le premier album tenait &agrave; distance</h2>
<p>Cette nouvelle direction appara&icirc;t encore plus clairement dans &laquo; Family Portrait &raquo;. Pink y transforme ses souvenirs du divorce de ses parents et d&rsquo;un foyer conflictuel en chanson autobiographique. L&agrave; o&ugrave; &laquo; Get the Party Started &raquo; annonce publiquement le virage pop rock, &laquo; Family Portrait &raquo; en r&eacute;v&egrave;le la dimension intime.</p>
<p>Sur <em>Missundaztood</em>, la chanteuse aborde ainsi de mani&egrave;re frontale les tensions familiales et ses propres exc&egrave;s. La chanson rencontre un &eacute;cho particulier aupr&egrave;s d&rsquo;auditeurs issus de familles s&eacute;par&eacute;es. Elle contribue surtout &agrave; d&eacute;placer durablement son image : Pink n&rsquo;est plus seulement l&rsquo;interpr&egrave;te R&amp;B choisie par un label, mais une auteure capable de placer son v&eacute;cu au centre d&rsquo;une production destin&eacute;e au grand public.</p>
<h2>Une identit&eacute; prolong&eacute;e jusque dans les airs</h2>
<p>Dans les ann&eacute;es suivantes, cette volont&eacute; de ne pas se limiter &agrave; une cat&eacute;gorie prend aussi une forme sc&eacute;nique. Pink d&eacute;veloppe des concerts m&ecirc;lant chansons pop rock et acrobaties a&eacute;riennes, avec descentes en harnais et num&eacute;ros de trap&egrave;ze. Sa pr&eacute;sence physique devient une composante identifiable de ses spectacles, au m&ecirc;me titre que son travail vocal.</p>
<p>Sa discographie se poursuit pendant plus de deux d&eacute;cennies, jusqu&rsquo;&agrave; <em>Trustfall</em>, publi&eacute; en 2023. Sans dresser la liste de tous ses albums, cette continuit&eacute; donne la mesure du tournant op&eacute;r&eacute; avec <em>Missundaztood</em> : le repositionnement entrepris au d&eacute;but des ann&eacute;es 2000 n&rsquo;a pas constitu&eacute; une simple parenth&egrave;se entre deux productions R&amp;B.</p>
<p>&Agrave; 47 ans, l&rsquo;&eacute;pisode permet surtout de comprendre comment Pink a n&eacute;goci&eacute; ses d&eacute;buts avec l&rsquo;industrie. Choice et L.A. Reid lui ont ouvert la porte, &laquo; Lady Marmalade &raquo; a chang&eacute; son &eacute;chelle d&rsquo;exposition, puis Linda Perry lui a fourni la collaboration n&eacute;cessaire pour pr&eacute;senter une autre direction. Entre &laquo; Get the Party Started &raquo; et &laquo; Family Portrait &raquo;, le m&ecirc;me album a pu annoncer un nouveau son et faire entrer son histoire personnelle dans ses chansons.</p>
<p>Le point d&eacute;cisif n&rsquo;est donc pas que Pink ait commenc&eacute; dans le R&amp;B avant de chanter du pop rock. Il r&eacute;side dans la fa&ccedil;on dont elle a utilis&eacute; une carri&egrave;re d&eacute;j&agrave; lanc&eacute;e pour corriger l&rsquo;image construite autour d&rsquo;elle. <em>Missundaztood</em> porte la trace de cette reprise d&rsquo;initiative : un disque con&ccedil;u non pour effacer ses d&eacute;buts, mais pour emp&ecirc;cher qu&rsquo;ils d&eacute;finissent seuls la suite.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Kate Bush : Never for Ever fête ses 46 ans</title>
      <description><![CDATA[Kate Bush c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 46 ans de Never for Ever, son troisi&egrave;me album studio, publi&eacute; au Royaume-Uni le 8 septembre 1980. Enregistr&eacute; &agrave; Abbey Road et coproduit par l&rsquo;ar...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/kate-bush-never-for-ever-fete-ses-46-ans-411</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Kate Bush c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 46 ans de <em>Never for Ever</em>, son troisi&egrave;me album studio, publi&eacute; au Royaume-Uni le 8 septembre 1980. Enregistr&eacute; &agrave; Abbey Road et coproduit par l&rsquo;artiste avec Jon Kelly, le disque &eacute;tait pourtant termin&eacute; d&egrave;s le mois de mai. EMI attendra septembre pour le commercialiser, avant de voir l&rsquo;album offrir &agrave; Kate Bush son premier num&eacute;ro un britannique.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Entre septembre 1979 et mai 1980, Kate Bush travaille sur <em>Never for Ever</em> aux studios Abbey Road, &agrave; Londres. Le lieu donne un cadre pr&eacute;cis &agrave; la fabrication du successeur de <em>The Kick Inside</em> et <em>Lionheart</em>. Il compte aussi pour l&rsquo;artiste elle-m&ecirc;me, qui &eacute;voquera r&eacute;trospectivement l&rsquo;impression produite par ces s&eacute;ances : &laquo; C&rsquo;&eacute;tait tr&egrave;s excitant de travailler dans un b&acirc;timent qui avait tant d&rsquo;histoire musicale. &raquo;</p>
<h2>Abbey Road comme cadre de travail</h2>
<p><em>Never for Ever</em> n&rsquo;est pas con&ccedil;u au cours de quelques journ&eacute;es isol&eacute;es. Les sessions s&rsquo;&eacute;tendent de septembre 1979 au printemps suivant, jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ach&egrave;vement du travail en mai 1980. Cette p&eacute;riode installe le troisi&egrave;me album de Kate Bush dans une continuit&eacute; imm&eacute;diate avec ses deux premiers disques, tout en introduisant une &eacute;volution concr&egrave;te dans la mani&egrave;re dont elle intervient sur le projet.</p>
<p>Abbey Road ne sert donc pas seulement de d&eacute;cor prestigieux. C&rsquo;est dans ce b&acirc;timent charg&eacute; d&rsquo;histoire musicale, selon les mots de Kate Bush, que l&rsquo;album prend forme pendant plusieurs mois. Les sources disponibles ne d&eacute;taillent pas chaque s&eacute;ance ni la gen&egrave;se de chaque morceau, mais elles &eacute;tablissent clairement le lieu, la dur&eacute;e de l&rsquo;enregistrement et le r&ocirc;le accru de l&rsquo;artiste dans la production.</p>
<p>Cette derni&egrave;re dimension distingue particuli&egrave;rement le projet. Kate Bush ne se contente pas d&rsquo;interpr&eacute;ter les chansons r&eacute;unies sur le disque : elle en assure la coproduction avec Jon Kelly. &Agrave; ce stade de sa discographie, cette responsabilit&eacute; constitue une &eacute;tape importante dans le contr&ocirc;le artistique qu&rsquo;elle exerce sur son travail en studio.</p>
<h2>Kate Bush partage la production avec Jon Kelly</h2>
<p>La collaboration entre Kate Bush et Jon Kelly place la fabrication de <em>Never for Ever</em> au centre du r&eacute;cit. L&agrave; o&ugrave; une simple liste de cr&eacute;dits r&eacute;duirait leur r&ocirc;le &agrave; deux noms associ&eacute;s, la chronologie montre un travail men&eacute; sur plusieurs mois, depuis l&rsquo;entr&eacute;e &agrave; Abbey Road en septembre 1979 jusqu&rsquo;&agrave; la fin des s&eacute;ances en mai 1980.</p>
<p>Cette coproduction mat&eacute;rialise la place prise par Kate Bush dans les d&eacute;cisions entourant son troisi&egrave;me album. Le dossier documentaire ne permet pas d&rsquo;attribuer pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; l&rsquo;un ou &agrave; l&rsquo;autre chaque choix effectu&eacute; en studio. Il &eacute;tablit toutefois que l&rsquo;artiste partage officiellement cette responsabilit&eacute; avec Jon Kelly, plut&ocirc;t que de laisser la production &agrave; un intervenant ext&eacute;rieur unique.</p>
<p><em>Never for Ever</em> appara&icirc;t ainsi comme un disque de continuit&eacute; par sa position dans la discographie, mais aussi comme une &eacute;tape dans la prise en main de sa fabrication. Ce changement ne repose pas sur une intention suppos&eacute;e : il se lit directement dans le cr&eacute;dit de coproduction et dans le temps pass&eacute; &agrave; Abbey Road.</p>
<h2>Un album termin&eacute; en mai, publi&eacute; en septembre</h2>
<p>Au printemps 1980, le travail est achev&eacute;. La sortie ne suit pourtant pas imm&eacute;diatement. Une source discographique consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;album indique qu&rsquo;EMI retient sa publication jusqu&rsquo;en septembre. Entre la fin de l&rsquo;enregistrement en mai et l&rsquo;arriv&eacute;e du disque dans les bacs, <em>Never for Ever</em> conna&icirc;t donc plusieurs mois d&rsquo;attente.</p>
<p>Les raisons pr&eacute;cises de cette d&eacute;cision ne sont pas document&eacute;es dans les &eacute;l&eacute;ments disponibles. Impossible, d&egrave;s lors, de pr&ecirc;ter au label une strat&eacute;gie particuli&egrave;re ou d&rsquo;attribuer ce d&eacute;calage &agrave; un probl&egrave;me rencontr&eacute; par le projet. Le fait demeure : alors que l&rsquo;album est pr&ecirc;t en mai, EMI ne le commercialise au Royaume-Uni que le 8 septembre 1980.</p>
<p>Ce d&eacute;lai donne aujourd&rsquo;hui son fil conducteur &agrave; l&rsquo;histoire du disque. Apr&egrave;s des s&eacute;ances commenc&eacute;es presque un an auparavant, Kate Bush voit son troisi&egrave;me album rester en r&eacute;serve pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute;. L&rsquo;attente s&eacute;pare nettement deux temps : celui de la fabrication &agrave; Abbey Road, puis celui de la publication d&eacute;cid&eacute;e par EMI.</p>
<h2>&laquo; Babooshka &raquo; et &laquo; Army Dreamers &raquo; au premier plan</h2>
<p>Parmi les chansons associ&eacute;es &agrave; <em>Never for Ever</em>, &laquo; Babooshka &raquo; et &laquo; Army Dreamers &raquo; occupent une place particuli&egrave;rement identifiable. Le dossier confirme notamment le r&ocirc;le de &laquo; Army Dreamers &raquo; comme single de la phase de lancement. Il ne fournit cependant pas d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments assez pr&eacute;cis pour raconter sans risque les circonstances d&rsquo;&eacute;criture de ces deux titres.</p>
<p>Ces chansons doivent donc &ecirc;tre replac&eacute;es sobrement dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;album : elles comptent parmi les morceaux qui l&rsquo;identifient lors de sa publication, sans qu&rsquo;il soit possible d&rsquo;inventer une sc&egrave;ne de composition, une inspiration ou une anecdote de studio. Leur pr&eacute;sence rappelle surtout que le disque attendu depuis mai arrive finalement accompagn&eacute; de titres capables d&rsquo;en incarner la sortie.</p>
<p>Cette limite documentaire &eacute;vite &eacute;galement de d&eacute;tourner le r&eacute;cit de ce qui est solidement &eacute;tabli. L&rsquo;&eacute;pisode central reste celui d&rsquo;un album enregistr&eacute; sur une longue p&eacute;riode, coproduit par Kate Bush, achev&eacute; au printemps puis maintenu hors du march&eacute; jusqu&rsquo;en septembre.</p>
<h2>Le premier num&eacute;ro un britannique de Kate Bush</h2>
<p>Une fois publi&eacute;, <em>Never for Ever</em> atteint la premi&egrave;re place du classement des albums au Royaume-Uni. Il devient ainsi le premier num&eacute;ro un britannique de Kate Bush. Ce r&eacute;sultat fournit une mesure concr&egrave;te de l&rsquo;accueil commercial r&eacute;serv&eacute; au disque, sans qu&rsquo;il soit n&eacute;cessaire de lui attribuer une port&eacute;e que les chiffres seuls ne permettraient pas d&rsquo;&eacute;tablir.</p>
<p>L&rsquo;album obtient &eacute;galement une certification or de la BPI. Les sources r&eacute;unies ne pr&eacute;cisant pas la date de cette certification, celle-ci ne peut pas &ecirc;tre int&eacute;gr&eacute;e &agrave; une chronologie plus d&eacute;taill&eacute;e. Elle compl&egrave;te n&eacute;anmoins le constat dress&eacute; par le classement britannique : la publication retard&eacute;e par EMI d&eacute;bouche sur un r&eacute;sultat in&eacute;dit dans la discographie de Kate Bush.</p>
<p>Le contraste est net. Pendant plusieurs mois, le disque termin&eacute; demeure en attente ; en septembre 1980, il devient le premier album de l&rsquo;artiste &agrave; se hisser au sommet des classements du Royaume-Uni. Ce rapprochement ne permet pas d&rsquo;expliquer le num&eacute;ro un par le retard de publication, mais il donne &agrave; la succession des &eacute;v&eacute;nements une forme particuli&egrave;rement lisible.</p>
<h2>Quarante-six ans apr&egrave;s l&rsquo;attente d&rsquo;EMI</h2>
<p>&Agrave; 46 ans de distance, la naissance de <em>Never for Ever</em> se raconte moins comme une simple succession de chansons que comme le passage entre trois espaces de d&eacute;cision. Abbey Road accueille l&rsquo;enregistrement, Kate Bush partage la production avec Jon Kelly, puis EMI fixe le moment o&ugrave; le projet peut enfin &ecirc;tre publi&eacute;.</p>
<p>L&rsquo;anniversaire c&eacute;l&eacute;br&eacute; aujourd&rsquo;hui ram&egrave;ne ainsi au 8 septembre 1980, terme d&rsquo;un parcours commenc&eacute; un an plus t&ocirc;t en studio. Le premier num&eacute;ro un britannique de Kate Bush &eacute;tait pr&ecirc;t depuis le mois de mai. Avant d&rsquo;entrer dans les classements, <em>Never for Ever</em> avait d&rsquo;abord d&ucirc; attendre son heure.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Ray Wilson : comment une pub Levi’s l’a conduit jusqu’à Genesis</title>
      <description><![CDATA[N&eacute; le 8 septembre 1968 &agrave; Dumfries, en &Eacute;cosse, Ray Wilson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. Avant de devenir le dernier chanteur de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio, il &eacute;tait apparu avec Sti...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/ray-wilson-comment-une-pub-levi-s-l-a-conduit-jusqu-a-genesis-409</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute; le 8 septembre 1968 &agrave; Dumfries, en &Eacute;cosse, Ray Wilson f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 58 ans. Avant de devenir le dernier chanteur de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio, il &eacute;tait apparu avec Stiltskin gr&acirc;ce &agrave; &laquo; Inside &raquo;, une chanson compos&eacute;e pour une publicit&eacute; Levi&rsquo;s. Entre succ&egrave;s soudain, audition d&eacute;cisive et reconstruction apr&egrave;s <em>Calling All Stations</em>, ce morceau a orient&eacute; une grande partie de son parcours.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Ray Wilson accepte de passer une audition pour le projet qui deviendra Stiltskin, le choix r&eacute;pond d&rsquo;abord &agrave; une situation tr&egrave;s concr&egrave;te. Son groupe Guaranteed Pure a enregistr&eacute; <em>Swing Your Bag</em> et tourn&eacute; au Royaume-Uni, mais le succ&egrave;s commercial n&rsquo;est pas venu. &Agrave; court d&rsquo;argent et proche de perdre sa maison, le chanteur &eacute;cossais saisit en 1994 l&rsquo;occasion propos&eacute;e par Peter Lawlor.</p>
<h2>Une audition accept&eacute;e sous la pression financi&egrave;re</h2>
<p>Ray Wilson n&rsquo;arrive donc pas chez Stiltskin au terme d&rsquo;une ascension r&eacute;guli&egrave;re. Apr&egrave;s ses premiers groupes scolaires, il s&rsquo;est install&eacute; &agrave; &Eacute;dimbourg et a fond&eacute; Guaranteed Pure avec son fr&egrave;re Steve et plusieurs amis musiciens. Cette premi&egrave;re exp&eacute;rience lui a permis d&rsquo;enregistrer et de se produire sur sc&egrave;ne, sans toutefois lui assurer une stabilit&eacute; financi&egrave;re.</p>
<p>Le nouveau projet de Peter Lawlor poss&egrave;de une origine inhabituelle. Le multi-instrumentiste et compositeur a &eacute;crit une musique pour une campagne publicitaire Levi&rsquo;s et cherche d&eacute;sormais &agrave; lui donner un visage. Wilson est engag&eacute; comme chanteur. Stiltskin se constitue ainsi autour d&rsquo;un morceau d&eacute;j&agrave; pens&eacute; pour accompagner des images, plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; partir d&rsquo;un groupe ayant progressivement b&acirc;ti son r&eacute;pertoire dans les clubs.</p>
<h2>&laquo; Inside &raquo;, de la campagne Levi&rsquo;s aux premi&egrave;res places</h2>
<p>Cette musique devient &laquo; Inside &raquo;. Ray Wilson pose sa voix sur le morceau construit par Lawlor, puis le titre para&icirc;t en single en 1994, associ&eacute; &agrave; la campagne Levi&rsquo;s &laquo; Creek &raquo;. Il figure &eacute;galement sur <em>The Mind&rsquo;s Eye</em>, premier album de Stiltskin.</p>
<p>La publicit&eacute; et le relais des radios rock donnent rapidement au morceau une ampleur europ&eacute;enne. &laquo; Inside &raquo; atteint la premi&egrave;re place au Royaume-Uni ainsi que dans plusieurs pays du continent. Stiltskin se retrouve ainsi propuls&eacute; dans les classements sans avoir suivi le chemin habituel des longues tourn&eacute;es dans de petites salles. &laquo; En 1994, j&rsquo;ai connu un &eacute;norme succ&egrave;s avec mon groupe Stiltskin &raquo;, r&eacute;sumera plus tard Ray Wilson.</p>
<p>Ce succ&egrave;s installe sa voix sur la sc&egrave;ne rock des ann&eacute;es 1990, mais son effet le plus d&eacute;terminant se produit deux ans plus tard. &laquo; Inside &raquo; ne lui apporte pas seulement une reconnaissance publique : le morceau attire aussi l&rsquo;attention du label Virgin Records, commun &agrave; Stiltskin et Genesis.</p>
<h2>Virgin Records propose Ray Wilson &agrave; Genesis</h2>
<p>En 1996, Phil Collins quitte Genesis. Tony Banks et Mike Rutherford doivent alors trouver un chanteur pour poursuivre le travail du groupe. Virgin leur sugg&egrave;re Ray Wilson, dont la visibilit&eacute; repose encore largement sur le succ&egrave;s de &laquo; Inside &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;audition ne se limite pas &agrave; l&rsquo;interpr&eacute;tation d&rsquo;un seul morceau. Dans le studio de Genesis, Wilson chante plusieurs anciens titres, puis improvise de nouvelles id&eacute;es avec Banks et Rutherford. Les deux musiciens lui proposent finalement de participer au prochain album. En l&rsquo;espace de quelques ann&eacute;es, le chanteur pass&eacute; par les difficult&eacute;s de Guaranteed Pure et par un projet cr&eacute;&eacute; autour d&rsquo;une publicit&eacute; rejoint ainsi Genesis.</p>
<p>Le changement d&rsquo;&eacute;chelle est rapide. Ray Wilson participe &agrave; l&rsquo;&eacute;criture et &agrave; l&rsquo;enregistrement de <em>Calling All Stations</em>, publi&eacute; en 1997. Il devient le dernier vocaliste de Genesis &agrave; enregistrer un album en studio avec le groupe.</p>
<h2>Une voix diff&eacute;rente sur des chansons d&eacute;j&agrave; en chantier</h2>
<p>Lorsque Wilson arrive, Tony Banks et Mike Rutherford ont d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; composer les morceaux destin&eacute;s &agrave; <em>Calling All Stations</em>. Sa voix, plus sombre et marqu&eacute;e par son exp&eacute;rience du grunge, cr&eacute;e un contraste avec celle de Phil Collins. Cette diff&eacute;rence appara&icirc;t notamment sur la chanson &laquo; Calling All Stations &raquo;, &agrave; laquelle son interpr&eacute;tation donne une couleur plus lourde et introspective.</p>
<p>&laquo; Not About Us &raquo; r&eacute;v&egrave;le un autre aspect de la collaboration entre Banks, Rutherford et Wilson. Plus m&eacute;lodique, la chanson restera durablement dans le r&eacute;pertoire sc&eacute;nique du chanteur. Apr&egrave;s la fin de cette formation de Genesis, il la reprendra dans des arrangements plus acoustiques, centr&eacute;s sur la voix et le texte plut&ocirc;t que sur l&rsquo;ampleur de la production originale.</p>
<p>La tourn&eacute;e europ&eacute;enne compte environ 44 concerts. Sur deux dates, Bob Dylan assure la premi&egrave;re partie de Genesis, pla&ccedil;ant Ray Wilson dans une configuration qu&rsquo;il d&eacute;crira r&eacute;trospectivement comme surr&eacute;aliste. Quelques ann&eacute;es auparavant, il risquait de perdre sa maison ; il porte d&eacute;sormais sur sc&egrave;ne le r&eacute;pertoire du groupe avec Banks et Rutherford.</p>
<h2><em>Calling All Stations</em>, entre ventes et rejet</h2>
<p>L&rsquo;exp&eacute;rience ne d&eacute;bouche pourtant pas sur une seconde &eacute;tape. <em>Calling All Stations</em> r&eacute;alise de bonnes ventes, mais re&ccedil;oit un accueil s&eacute;v&egrave;re d&rsquo;une partie de la presse et des fans. Ray Wilson d&eacute;fendra ensuite le bilan commercial du disque : &laquo; <em>Calling All Stations</em> a &eacute;t&eacute; le quatri&egrave;me album le plus vendu de Genesis. &raquo;</p>
<p>Cette r&eacute;ussite commerciale ne suffit pas &agrave; maintenir la formation. Le projet avec Wilson est abandonn&eacute; et Genesis suspend son activit&eacute;. Pour le chanteur, la sortie est brutale : le groupe qui devait structurer la suite de sa carri&egrave;re dispara&icirc;t de son quotidien, l&rsquo;obligeant &agrave; revenir vers des projets personnels et des tourn&eacute;es de dimensions plus modestes.</p>
<p>Le contraste &eacute;claire toute cette p&eacute;riode. Une chanson con&ccedil;ue pour une publicit&eacute; lui a ouvert les portes de Genesis, mais ce passage au premier plan n&rsquo;a dur&eacute; que de 1996 &agrave; environ 1999. Wilson doit alors trouver comment conserver ces exp&eacute;riences sans rester enferm&eacute; dans l&rsquo;image du rempla&ccedil;ant de Phil Collins ou dans celle du chanteur de &laquo; Inside &raquo;.</p>
<h2>Apr&egrave;s Genesis, reprendre possession de son r&eacute;pertoire</h2>
<p>Ray Wilson forme d&rsquo;abord Cut et publie <em>Millionairhead</em> en 1999. Il entame ensuite une carri&egrave;re solo avec <em>Change</em> en 2003, puis <em>The Next Best Thing</em> en 2004. Dans ces projets, il r&eacute;interpr&egrave;te notamment &laquo; Inside &raquo; et d&eacute;veloppe une &eacute;criture m&ecirc;lant rock et ballades dans un registre plus introspectif.</p>
<p>Cette reprise en main passe aussi par Stiltskin. En 2005 et 2006, Wilson relance le nom avec une nouvelle formation. Aucun autre membre de la premi&egrave;re incarnation n&rsquo;est encore pr&eacute;sent. L&rsquo;album <em>She</em>, cr&eacute;dit&eacute; &agrave; Ray Wilson &amp; Stiltskin et publi&eacute; en 2006, s&rsquo;&eacute;loigne du grunge initial en int&eacute;grant davantage d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments rock m&eacute;lodiques et progressifs.</p>
<p>Le nom Stiltskin ne d&eacute;signe plus seulement le groupe assembl&eacute; par Peter Lawlor autour de la campagne Levi&rsquo;s. Il devient un cadre pour les propres chansons de Wilson, o&ugrave; l&rsquo;ancien r&eacute;pertoire peut c&ocirc;toyer de nouveaux morceaux. Le chanteur, seul membre constant des diff&eacute;rentes incarnations, transforme ainsi une aventure n&eacute;e pour donner un visage &agrave; une publicit&eacute; en projet durable.</p>
<h2>&laquo; Inside &raquo; et Genesis r&eacute;unis sur la m&ecirc;me sc&egrave;ne</h2>
<p>Ray Wilson continue aujourd&rsquo;hui de se produire r&eacute;guli&egrave;rement en Europe, sous diff&eacute;rentes formules comme Ray Wilson &amp; Band ou Genesis Classic. Ses concerts r&eacute;unissent ses compositions solo, les titres de Stiltskin et des chansons de Genesis, notamment plusieurs extraits de <em>Calling All Stations</em>. &laquo; Calling All Stations &raquo; et &laquo; Not About Us &raquo; restent ainsi associ&eacute;s &agrave; son propre r&eacute;pertoire bien apr&egrave;s l&rsquo;arr&ecirc;t de sa collaboration avec le groupe.</p>
<p>Il adapte &eacute;galement ces morceaux &agrave; des formations r&eacute;duites et &agrave; des salles plus intimistes. &laquo; Inside &raquo; a connu plusieurs arrangements dans ses concerts solo, tandis que &laquo; Not About Us &raquo; a trouv&eacute; une nouvelle forme acoustique. Plut&ocirc;t que de s&eacute;parer ses diff&eacute;rentes p&eacute;riodes, Wilson les fait d&eacute;sormais coexister.</p>
<p>&Agrave; 58 ans, son histoire reste donc &eacute;troitement li&eacute;e &agrave; cette succession d&rsquo;occasions et de ruptures : une audition accept&eacute;e dans une p&eacute;riode financi&egrave;re difficile, une musique publicitaire devenue num&eacute;ro un, puis une autre audition qui le conduit chez Genesis. La continuit&eacute; ne tient pas &agrave; un groupe unique, mais &agrave; sa mani&egrave;re de reprendre possession des chansons qui ont successivement chang&eacute; sa place.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Hole : Celebrity Skin fête ses 28 ans, neuf mois de prises et de reprises dans quatre studios</title>
      <description><![CDATA[Hole c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 28 ans de Celebrity Skin, son troisi&egrave;me album studio, publi&eacute; le 8 septembre 1998. Derri&egrave;re son &eacute;criture plus m&eacute;lodique et sa production particuli&...]]></description>
      <pubDate>Mon, 07 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/hole-celebrity-skin-fete-ses-28-ans-neuf-mois-de-prises-et-de-reprises-dans-quatre-studios-410</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Hole c&eacute;l&egrave;bre aujourd&rsquo;hui les 28 ans de <em>Celebrity Skin</em>, son troisi&egrave;me album studio, publi&eacute; le 8 septembre 1998. Derri&egrave;re son &eacute;criture plus m&eacute;lodique et sa production particuli&egrave;rement polie se cache une longue fabrication : Billy Corgan participe &agrave; la composition, Michael Beinhorn multiplie les reprises et le groupe passe neuf mois entre quatre studios pour parvenir au r&eacute;sultat recherch&eacute;.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Lorsque Hole commence &agrave; pr&eacute;parer <em>Celebrity Skin</em>, le groupe sort d&rsquo;une p&eacute;riode profond&eacute;ment boulevers&eacute;e. Le succ&egrave;s de <em>Live Through This</em> a &eacute;t&eacute; suivi par la mort de Kurt Cobain, la disparition de la bassiste Kristen Pfaff et plusieurs changements de formation. Le troisi&egrave;me album doit ainsi prendre forme dans un contexte o&ugrave; Hole est attendu sur un disque plus ma&icirc;tris&eacute; et moins brutal.</p>
<h2>Brian Eno envisag&eacute;, Billy Corgan sollicit&eacute;</h2>
<p>Au d&eacute;but de 1997, rien n&rsquo;est encore d&eacute;finitivement arr&ecirc;t&eacute; autour de la production. Hole envisage un temps de travailler avec Brian Eno, puis souhaite confier un r&ocirc;le de producteur ex&eacute;cutif &agrave; Billy Corgan, membre des Smashing Pumpkins. Le producteur principal sera finalement Michael Beinhorn, connu pour son perfectionnisme.</p>
<p>Billy Corgan ne dispara&icirc;t pas pour autant du projet. Il devient co-compositeur de plusieurs morceaux et participe, avec Courtney Love et Eric Erlandson, &agrave; l&rsquo;&eacute;criture d&rsquo;une grande partie de l&rsquo;album, notamment de &laquo; Celebrity Skin &raquo; et &laquo; Malibu &raquo;. Les arrangements sont construits pour faire ressortir davantage les m&eacute;lodies et les refrains que sur les pr&eacute;c&eacute;dents disques de Hole.</p>
<p>Cette recherche ne consiste donc pas seulement &agrave; modifier la production apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;criture. Elle intervient d&egrave;s la construction des chansons, avec un collaborateur ext&eacute;rieur install&eacute; au c&oelig;ur du processus. Courtney Love r&eacute;sumera l&rsquo;&eacute;quilibre recherch&eacute; en une phrase : &laquo; Je voulais que ce soit brillant et joli, mais quand m&ecirc;me m&eacute;chant. &raquo;</p>
<h2>Neuf mois entre Los Angeles et Londres</h2>
<p>Les s&eacute;ances commencent en avril 1997 et s&rsquo;&eacute;tendent jusqu&rsquo;au d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e suivante. Conway Studios, &agrave; Los Angeles, sert de base principale, mais le travail se poursuit &eacute;galement au Record Plant West, &agrave; Olympic Studios &agrave; Londres et &agrave; Quad Studios. Michael Beinhorn d&eacute;crira plus tard l&rsquo;ampleur du chantier : &laquo; &Ccedil;a a &eacute;t&eacute; un processus de neuf mois dans quatre studios diff&eacute;rents. &raquo;</p>
<p>Cette dur&eacute;e s&rsquo;explique notamment par sa m&eacute;thode. Beinhorn porte une attention tr&egrave;s serr&eacute;e aux voix et aux guitares, r&eacute;clame de nombreuses reprises et fait r&eacute;enregistrer certaines parties jusqu&rsquo;&agrave; atteindre la pr&eacute;cision voulue. Les s&eacute;ances deviennent &eacute;prouvantes pour les musiciens et les exigences du producteur cr&eacute;ent des tensions avec Courtney Love et Eric Erlandson.</p>
<p>Le souci du d&eacute;tail touche ainsi directement la mani&egrave;re dont Hole joue en studio. Certaines prises sont recommenc&eacute;es de nombreuses fois, loin d&rsquo;une approche consistant &agrave; conserver spontan&eacute;ment la premi&egrave;re ex&eacute;cution satisfaisante. Le son poli de <em>Celebrity Skin</em> est le r&eacute;sultat concret de ce travail prolong&eacute;, mais aussi des frictions provoqu&eacute;es par le contr&ocirc;le exerc&eacute; pendant les s&eacute;ances.</p>
<h2>Un ampli de Kurt Cobain &agrave; Conway Studios</h2>
<p>Au milieu de cette production minutieuse, un &eacute;l&eacute;ment du mat&eacute;riel renvoie &agrave; la p&eacute;riode travers&eacute;e par Courtney Love. &Agrave; Conway Studios, la chanteuse et guitariste utilise notamment une Fender Vista Venus personnalis&eacute;e ainsi qu&rsquo;un ampli Randall Commander ayant appartenu &agrave; Kurt Cobain.</p>
<p>La pr&eacute;sence de cet ampli relie mat&eacute;riellement les s&eacute;ances &agrave; l&rsquo;histoire r&eacute;cente qui accompagne le groupe, alors m&ecirc;me que Hole cherche une autre mani&egrave;re de pr&eacute;senter ses chansons. Ce contraste se retrouve jusque dans la pochette : le groupe y appara&icirc;t dans une mise en sc&egrave;ne hollywoodienne et lumineuse, con&ccedil;ue autour de la c&eacute;l&eacute;brit&eacute; et du vernis de la culture pop.</p>
<h2>&laquo; Celebrity Skin &raquo;, une vitrine con&ccedil;ue pour les radios</h2>
<p>La chanson qui donne son nom &agrave; l&rsquo;album concentre plusieurs d&eacute;cisions essentielles du projet. &Eacute;crite par Courtney Love, Eric Erlandson et Billy Corgan, &laquo; Celebrity Skin &raquo; adopte une structure directe et des paroles consacr&eacute;es &agrave; la superficialit&eacute; de la c&eacute;l&eacute;brit&eacute; hollywoodienne. Le morceau est pens&eacute; d&egrave;s l&rsquo;origine comme une vitrine radiophonique.</p>
<p>Cette fonction se confirme au moment de la publication. Le 8 septembre 1998, Hole lance simultan&eacute;ment l&rsquo;album <em>Celebrity Skin</em> et son single-titre, avec l&rsquo;objectif de soutenir le disque sur les radios rock am&eacute;ricaines. Le morceau atteint ensuite la premi&egrave;re place du classement Billboard Modern Rock Tracks et passe 26 semaines dans ce classement, devenant le plus grand succ&egrave;s radiophonique du groupe sur ce format.</p>
<p>Le titre de l&rsquo;album ne se limite donc pas &agrave; reprendre celui d&rsquo;une chanson. Il relie le sujet du morceau, l&rsquo;image hollywoodienne de la pochette et la strat&eacute;gie de lancement choisie pour la sortie. Le vernis de la c&eacute;l&eacute;brit&eacute; devient &agrave; la fois un th&egrave;me d&rsquo;&eacute;criture et le cadre visuel du disque.</p>
<h2>&laquo; Malibu &raquo;, de Stevie Nicks aux souvenirs de Courtney Love</h2>
<p>Le deuxi&egrave;me single poss&egrave;de une gen&egrave;se diff&eacute;rente. &laquo; Malibu &raquo; est &eacute;galement compos&eacute; par Courtney Love, Eric Erlandson et Billy Corgan, mais Love en &eacute;crit seule les paroles. La chanson est d&rsquo;abord imagin&eacute;e pour Stevie Nicks avant que la chanteuse ne d&eacute;cide de la conserver pour Hole.</p>
<p>Son texte puise dans des souvenirs plus anciens. Courtney Love s&rsquo;inspire de sa relation avec son premier petit ami, Jeff Mann, avec qui elle a v&eacute;cu dans une caravane &agrave; Malibu au cours des ann&eacute;es 1980. Le morceau a &eacute;galement &eacute;t&eacute; d&eacute;crit comme opposant la violence associ&eacute;e &agrave; Hollywood &agrave; Malibu envisag&eacute;e comme un lieu de convalescence et d&rsquo;&eacute;quilibre, notamment pour des personnes confront&eacute;es aux drogues ou &agrave; des difficult&eacute;s psychologiques.</p>
<p>Avec &laquo; Malibu &raquo;, la collaboration entre Love, Erlandson et Corgan d&eacute;bouche ainsi sur une chanson qui m&ecirc;le &eacute;criture collective et m&eacute;moire personnelle. Son parcours, d&rsquo;un morceau destin&eacute; &agrave; une autre interpr&egrave;te &agrave; un single de Hole, illustre la mani&egrave;re dont le projet s&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute; au fil de sa fabrication.</p>
<h2>Une m&eacute;thode exigeante confirm&eacute;e par les r&eacute;sultats</h2>
<p>Quelques mois apr&egrave;s sa sortie, <em>Celebrity Skin</em> est certifi&eacute; disque de platine aux &Eacute;tats-Unis. Ce r&eacute;sultat et le classement du single-titre donnent une mesure concr&egrave;te de la port&eacute;e commerciale obtenue par ce disque con&ccedil;u pour mieux mettre en avant m&eacute;lodies, refrains et diffusion radiophonique.</p>
<p>Vingt-huit ans apr&egrave;s sa publication, l&rsquo;histoire de <em>Celebrity Skin</em> reste d&rsquo;abord celle d&rsquo;une transformation tr&egrave;s encadr&eacute;e. Hole ne s&rsquo;est pas content&eacute; d&rsquo;adopter une production diff&eacute;rente : le groupe a ouvert son &eacute;criture &agrave; Billy Corgan, choisi Michael Beinhorn apr&egrave;s avoir consid&eacute;r&eacute; d&rsquo;autres collaborateurs et accept&eacute; un travail de studio long, r&eacute;parti entre Los Angeles et Londres.</p>
<p>L&rsquo;&eacute;clat recherch&eacute; par Courtney Love est ainsi n&eacute; d&rsquo;un processus beaucoup moins lisse que le r&eacute;sultat final. Derri&egrave;re la pochette lumineuse, les refrains mis en avant et le lancement coordonn&eacute; du 8 septembre 1998 se trouvent neuf mois de reprises, de d&eacute;cisions et de tensions. C&rsquo;est cette fabrication m&eacute;thodique que l&rsquo;anniversaire de <em>Celebrity Skin</em> remet aujourd&rsquo;hui au premier plan.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Pink Floyd, 39 bougies pour A Momentary Lapse of Reason : le pari d’un groupe sans Roger Waters</title>
      <description><![CDATA[Pink Floyd publiait A Momentary Lapse of Reason le 7 septembre 1987 au Royaume-Uni. Trente-neuf ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Premier disque du groupe con&ccedil;u apr&egrave;s le d&ea...]]></description>
      <pubDate>Sun, 06 Sep 2026 22:15:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/pink-floyd-39-bougies-pour-a-momentary-lapse-of-reason-le-pari-d-un-groupe-sans-roger-waters-407</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pink Floyd publiait <em>A Momentary Lapse of Reason</em> le 7 septembre 1987 au Royaume-Uni. Trente-neuf ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Premier disque du groupe con&ccedil;u apr&egrave;s le d&eacute;part de Roger Waters, il prend forme autour de David Gilmour, au milieu d&rsquo;un conflit sur l&rsquo;avenir du nom Pink Floyd, entre une p&eacute;niche amarr&eacute;e sur la Tamise, plusieurs grands studios et une &eacute;quipe &eacute;largie de collaborateurs.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sur l&rsquo;Astoria, la maison-bateau de David Gilmour transform&eacute;e en studio pr&egrave;s de Hampton, le d&eacute;cor para&icirc;t presque d&eacute;tach&eacute; de la crise qui entoure alors Pink Floyd. Des enfants rament sur la rivi&egrave;re, des oies passent, tandis que Gilmour, le producteur Bob Ezrin et le clavi&eacute;riste Jon Carin enregistrent des d&eacute;mos et improvisent ensemble. C&rsquo;est pourtant l&agrave;, vers juin 1986, que commence &agrave; se dessiner <em>A Momentary Lapse of Reason</em>, un album dont la fabrication est indissociable de la question qui divise les anciens partenaires : Pink Floyd peut-il continuer sans Roger Waters ?</p>
<h2>Continuer Pink Floyd au c&oelig;ur d&rsquo;un conflit</h2>
<p>Roger Waters a quitt&eacute; le groupe au milieu des ann&eacute;es 1980 en consid&eacute;rant que son histoire &eacute;tait arriv&eacute;e &agrave; son terme. David Gilmour poursuit cependant le projet avec Nick Mason et Richard Wright. La pr&eacute;paration du treizi&egrave;me album studio de Pink Floyd s&rsquo;accompagne ainsi d&rsquo;un diff&eacute;rend juridique et m&eacute;diatique entre Waters et Gilmour sur l&rsquo;utilisation du nom du groupe.</p>
<p>Dans ce contexte, Gilmour engage Bob Ezrin pour structurer le nouveau disque. Le producteur conna&icirc;t d&eacute;j&agrave; l&rsquo;histoire de la formation puisqu&rsquo;il a coproduit <em>The Wall</em>. Sur <em>A Momentary Lapse of Reason</em>, son r&ocirc;le consiste aussi &agrave; encadrer une &eacute;quipe &eacute;tendue de musiciens de session et l&rsquo;emploi de programmations autour du noyau form&eacute; par Gilmour, Mason et Wright.</p>
<p>La r&eacute;partition des cr&eacute;dits montre combien le collectif est alors en recomposition. Gilmour assume la majorit&eacute; de la composition, avec l&rsquo;aide r&eacute;guli&egrave;re de collaborateurs ext&eacute;rieurs tels qu&rsquo;Anthony Moore et Jon Carin. Richard Wright n&rsquo;est cr&eacute;dit&eacute; que sur certains morceaux et ne retrouve une place plus stable qu&rsquo;apr&egrave;s la tourn&eacute;e.</p>
<h2>L&rsquo;Astoria, premier laboratoire de l&rsquo;album</h2>
<p>La p&eacute;niche de Gilmour offre au projet son premier v&eacute;ritable espace de travail. Des d&eacute;mos y sont enregistr&eacute;es avant que la production ne se d&eacute;place dans plusieurs studios londoniens : Britannia Row, Mayfair et Audio International. Les s&eacute;ances traversent ensuite l&rsquo;Atlantique pour rejoindre A&amp;M Studios, Can Am et Village Recorder, &agrave; Los Angeles. La phase finale se d&eacute;roule &agrave; A&amp;M au d&eacute;but de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 1987.</p>
<p>Bob Ezrin gardera un souvenir particuli&egrave;rement net du studio flottant : &laquo; Travailler l&agrave;-bas &eacute;tait magique, vraiment inspirant. &raquo; Le calme de la Tamise contraste avec les contestations entourant la poursuite de Pink Floyd. Il nourrit &eacute;galement directement la mati&egrave;re du disque.</p>
<p>&laquo; Signs of Life &raquo;, instrumental plac&eacute; en ouverture, compte parmi les premiers morceaux d&eacute;velopp&eacute;s sur l&rsquo;Astoria. Des sons d&rsquo;eau et de rame y sont utilis&eacute;s, inscrivant dans l&rsquo;enregistrement une trace du lieu o&ugrave; l&rsquo;album a commenc&eacute;. Le titre est m&ecirc;me envisag&eacute; un temps pour nommer l&rsquo;ensemble du projet.</p>
<h2>&laquo; Learning to Fly &raquo;, du pilotage au nouveau d&eacute;part</h2>
<p>Une autre exp&eacute;rience de David Gilmour donne naissance &agrave; l&rsquo;une des chansons centrales de l&rsquo;album. Au milieu des ann&eacute;es 1980, le musicien prend des cours de pilotage. Cette initiation inspire &laquo; Learning to Fly &raquo;, dont le th&egrave;me du vol devient une m&eacute;taphore de nouveau d&eacute;part au moment m&ecirc;me o&ugrave; Pink Floyd cherche une nouvelle configuration.</p>
<p>Gilmour &eacute;crit le morceau avec Anthony Moore et Jon Carin. Ce dernier apporte un motif de synth&eacute;tiseur autour duquel la chanson se construit. Des programmations rythmiques et des sons d&rsquo;avion sont ensuite int&eacute;gr&eacute;s au mix, reliant concr&egrave;tement le sujet du texte aux choix effectu&eacute;s en studio.</p>
<p>Cette m&eacute;thode r&eacute;sume une part importante de la fabrication de <em>A Momentary Lapse of Reason</em> : les id&eacute;es de Gilmour prennent forme gr&acirc;ce &agrave; plusieurs coauteurs, instrumentistes et outils de programmation. Plut&ocirc;t que de masquer la recomposition du groupe, les cr&eacute;dits du disque en donnent une photographie pr&eacute;cise.</p>
<h2>Une chanson sociale appel&eacute;e &agrave; gagner la sc&egrave;ne</h2>
<p>Avec &laquo; On the Turning Away &raquo;, Gilmour travaille de nouveau avec Anthony Moore. La chanson aborde l&rsquo;indiff&eacute;rence face &agrave; la souffrance, &agrave; l&rsquo;exclusion et aux laiss&eacute;s-pour-compte. Son arrangement est construit autour d&rsquo;une progression instrumentale qui lui donnera ensuite une place importante dans les concerts de Pink Floyd.</p>
<p>Interpr&eacute;t&eacute; pendant la tourn&eacute;e <em>A Momentary Lapse of Reason</em>, le morceau devient l&rsquo;un des titres marquants du r&eacute;pertoire sc&eacute;nique du groupe &agrave; la fin des ann&eacute;es 1980. Il permet aussi de mesurer le passage accompli entre les premi&egrave;res s&eacute;ances confin&eacute;es sur l&rsquo;Astoria et le d&eacute;ploiement de l&rsquo;album dans les stades et les ar&egrave;nes.</p>
<h2>Des centaines de lits face aux mar&eacute;es</h2>
<p>Avant la parution, le projet cherche encore son nom. Plusieurs titres de travail sont envisag&eacute;s, parmi lesquels <em>Delusions of Maturity</em> et <em>Of Promises Broken</em>. &laquo; Signs of Life &raquo; figure &eacute;galement parmi les possibilit&eacute;s, avant que le choix ne se fixe sur <em>A Momentary Lapse of Reason</em>.</p>
<p>Storm Thorgerson traduit cette id&eacute;e en une image tr&egrave;s concr&egrave;te. Pour la pochette, le directeur artistique fait installer des centaines de lits d&rsquo;h&ocirc;pital sur une plage anglaise, notamment &agrave; Saunton Sands. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un montage : les lits sont r&eacute;ellement align&eacute;s sur la c&ocirc;te afin d&rsquo;illustrer visuellement la &laquo; perte momentan&eacute;e de la raison &raquo; sugg&eacute;r&eacute;e par le titre.</p>
<p>La photographie r&eacute;clame une logistique inhabituelle. Les lits doivent &ecirc;tre d&eacute;plac&eacute;s &agrave; plusieurs reprises en fonction des mar&eacute;es et des contraintes m&eacute;t&eacute;orologiques avant que l&rsquo;image d&eacute;finitive puisse &ecirc;tre obtenue. Apr&egrave;s la p&eacute;niche, les sons d&rsquo;eau et les avions de &laquo; Learning to Fly &raquo;, ce dispositif ajoute au r&eacute;cit de l&rsquo;album une autre sc&egrave;ne directement fa&ccedil;onn&eacute;e par son environnement.</p>
<h2>Du conflit interne aux grandes tourn&eacute;es</h2>
<p><em>A Momentary Lapse of Reason</em> para&icirc;t chez EMI le 7 septembre 1987 au Royaume-Uni, puis le lendemain aux &Eacute;tats-Unis sous le label Columbia Records. Le disque entre directement &agrave; la troisi&egrave;me place des classements d&rsquo;albums dans les deux pays, derri&egrave;re <em>Bad</em> de Michael Jackson et <em>1987</em> de Whitesnake.</p>
<p>La tourn&eacute;e organis&eacute;e de 1987 &agrave; 1989 prolonge cette reprise d&rsquo;activit&eacute;. Pink Floyd se produit dans des stades et des ar&egrave;nes avec un dispositif sc&eacute;nique de grande ampleur. &laquo; Learning to Fly &raquo; et &laquo; On the Turning Away &raquo; accompagnent ce retour sur sc&egrave;ne, tandis que David Gilmour s&rsquo;installe comme leader de fait de la formation.</p>
<p>Trente-neuf ans apr&egrave;s sa sortie, la gen&egrave;se de <em>A Momentary Lapse of Reason</em> raconte donc moins une simple reprise des habitudes qu&rsquo;une reconstruction men&eacute;e dans des circonstances inhabituelles. Le disque commence sur une p&eacute;niche, se d&eacute;veloppe avec Bob Ezrin, des coauteurs et de nombreux musiciens ext&eacute;rieurs, puis s&rsquo;ach&egrave;ve entre Londres et Los Angeles avant de retrouver le public sur une longue tourn&eacute;e internationale.</p>
<p>Le contraste demeure au centre de son histoire : alors que l&rsquo;existence m&ecirc;me de Pink Floyd sous ce nom fait l&rsquo;objet d&rsquo;un conflit, l&rsquo;album se fabrique dans un lieu que son producteur d&eacute;crit comme inspirant. De cette tension entre rupture et remise en mouvement na&icirc;t un projet dont les chansons, les m&eacute;thodes de studio et jusqu&rsquo;&agrave; la pochette rendent visible la profonde recomposition du groupe.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Lenny Kravitz : Raise Vibration, l’album rêvé aux Bahamas</title>
      <description><![CDATA[Le 7 septembre 2018, Lenny Kravitz publiait Raise Vibration, son onzi&egrave;me album studio. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 8 ans. Principalement con&ccedil;u dans son studio aux Bahamas apr&egrave;s une p&eacute;riod...]]></description>
      <pubDate>Sun, 06 Sep 2026 22:10:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/lenny-kravitz-raise-vibration-l-album-reve-aux-bahamas-406</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 7 septembre 2018, Lenny Kravitz publiait <em>Raise Vibration</em>, son onzi&egrave;me album studio. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 8 ans. Principalement con&ccedil;u dans son studio aux Bahamas apr&egrave;s une p&eacute;riode de doute, il prend forme lorsque des chansons commencent &agrave; surgir dans les r&ecirc;ves du musicien, avant d&rsquo;&ecirc;tre consign&eacute;es au r&eacute;veil puis transform&eacute;es en studio.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Aux Bahamas, les journ&eacute;es de travail de Lenny Kravitz commencent parfois au sortir du sommeil. Alors qu&rsquo;il doute encore de sa capacit&eacute; &agrave; &eacute;crire de nouvelles chansons, des id&eacute;es m&eacute;lodiques, des rythmes et des fragments de paroles se mettent &agrave; affluer la nuit. Pour ne pas les perdre, il remplit des carnets d&egrave;s son r&eacute;veil. Une grande partie de <em>Raise Vibration</em> trouve son impulsion dans ces visions nocturnes.</p>
<p>Cette m&eacute;thode n&rsquo;est pas un simple d&eacute;tail de fabrication. Elle intervient apr&egrave;s une p&eacute;riode de flottement cr&eacute;atif et professionnel ouverte dans les ann&eacute;es qui suivent <em>Strut</em>, paru en 2014. Install&eacute; dans son complexe r&eacute;sidentiel et studio aux Bahamas, Kravitz retrouve progressivement une mati&egrave;re &agrave; travailler. L&rsquo;environnement insulaire lui offre alors le cadre d&rsquo;un projet largement men&eacute; en autonomie.</p>
<h2>Aux Bahamas, l&rsquo;inspiration revient pendant la nuit</h2>
<p>Les sessions de <em>Raise Vibration</em> s&rsquo;&eacute;talent sur plusieurs mois en 2017 et 2018. Lenny Kravitz joue lui-m&ecirc;me la majorit&eacute; des instruments, perp&eacute;tuant une pratique d&eacute;j&agrave; fr&eacute;quente dans son parcours. Le nombre r&eacute;duit d&rsquo;intervenants ext&eacute;rieurs lui permet de conserver un contr&ocirc;le &eacute;troit sur les chansons, depuis les premi&egrave;res id&eacute;es not&eacute;es au r&eacute;veil jusqu&rsquo;&agrave; leur enregistrement.</p>
<p>Le disque appara&icirc;t ainsi comme la r&eacute;ponse concr&egrave;te &agrave; la p&eacute;riode de doute qui l&rsquo;a pr&eacute;c&eacute;d&eacute;, sans que cette reprise passe par une multiplication des collaborateurs. Kravitz s&rsquo;appuie au contraire sur son propre studio et sur une m&eacute;thode tr&egrave;s personnelle. Les chansons r&ecirc;v&eacute;es fournissent le point de d&eacute;part ; le travail r&eacute;alis&eacute; aux Bahamas leur donne ensuite une forme compl&egrave;te.</p>
<p>Le projet se construit &eacute;galement autour de plusieurs pr&eacute;occupations clairement formul&eacute;es. Spiritualit&eacute;, messages positifs et prises de position politiques cohabitent dans les textes. Lenny Kravitz entend r&eacute;agir aux tensions sociales et raciales de la fin des ann&eacute;es 2010, tout en pla&ccedil;ant l&rsquo;amour et l&rsquo;id&eacute;e de &laquo; vibration &raquo; au centre de son propos.</p>
<h2>&laquo; Low &raquo;, la chanson qui s&rsquo;impose dans un r&ecirc;ve</h2>
<p>Parmi les morceaux apparus pendant son sommeil, &laquo; Low &raquo; occupe une place particuli&egrave;re. Lenny Kravitz explique que ses &eacute;l&eacute;ments m&eacute;lodiques et rythmiques lui sont venus dans un r&ecirc;ve alors qu&rsquo;il travaillait aux Bahamas. La chanson est la premi&egrave;re &agrave; s&rsquo;imposer parmi celles qui formeront <em>Raise Vibration</em>, avant d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;velopp&eacute;e dans son studio.</p>
<p>Son r&ocirc;le d&eacute;passe rapidement celui d&rsquo;une simple piste de l&rsquo;album. Diffus&eacute;e comme deuxi&egrave;me single pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2018, &laquo; Low &raquo; b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un clip mis en ligne le 11 juillet. La vid&eacute;o cumule plusieurs millions de vues dans les mois suivants et maintient le projet dans l&rsquo;actualit&eacute; avant son lancement international de septembre.</p>
<p>La trajectoire du titre se prolonge apr&egrave;s la parution du disque. &laquo; Low &raquo; obtient notamment une certification or en Italie et se classe dans plusieurs palmar&egrave;s europ&eacute;ens. La chanson n&eacute;e d&rsquo;un r&ecirc;ve devient ainsi l&rsquo;un des principaux relais de l&rsquo;album hors du studio des Bahamas.</p>
<h2>&laquo; It&rsquo;s Enough! &raquo;, de l&rsquo;exasp&eacute;ration &agrave; la chanson</h2>
<p>Si le sommeil fournit une partie de la mati&egrave;re musicale, l&rsquo;actualit&eacute; nourrit directement &laquo; It&rsquo;s Enough! &raquo;. Le morceau traduit l&rsquo;exasp&eacute;ration accumul&eacute;e par Lenny Kravitz face aux violences, aux injustices, au racisme, &agrave; la corruption et aux abus de pouvoir observ&eacute;s durant la seconde moiti&eacute; des ann&eacute;es 2010.</p>
<p>Cette chanson donne sa forme la plus explicite &agrave; la dimension politique de <em>Raise Vibration</em>. Elle ne r&eacute;sume pourtant pas seule le projet, qui associe cette protestation &agrave; des th&egrave;mes spirituels et &agrave; des messages positifs. Le titre de l&rsquo;album traduit cette autre direction : opposer aux tensions contemporaines la force de l&rsquo;amour et de la vibration, telle que Kravitz la revendique alors.</p>
<p>Ce choix permet au disque de ne pas suivre une seule tonalit&eacute; th&eacute;matique. &laquo; 5 More Days &rsquo;Til Summer &raquo; &eacute;voque ainsi l&rsquo;attente de l&rsquo;&eacute;t&eacute; et des moments de libert&eacute;. Pr&eacute;sent&eacute;e comme lumineuse et optimiste, la chanson contraste avec l&rsquo;expression politique de &laquo; It&rsquo;s Enough! &raquo; et montre comment Kravitz fait coexister engagement et aspiration &agrave; des instants plus chaleureux.</p>
<h2>Une fabrication autonome, avec quelques pr&eacute;sences cibl&eacute;es</h2>
<p>L&rsquo;autonomie de Lenny Kravitz demeure le principe central des s&eacute;ances. En assurant la plupart des instruments, il limite les apports ext&eacute;rieurs et maintient le caract&egrave;re intime et contr&ocirc;l&eacute; du projet. Cette concentration des r&ocirc;les prolonge naturellement la gen&egrave;se des chansons : des id&eacute;es re&ccedil;ues pendant la nuit jusqu&rsquo;&agrave; leur r&eacute;alisation, le m&ecirc;me musicien accompagne presque toutes les &eacute;tapes.</p>
<p>Le cycle de <em>Raise Vibration</em> comporte n&eacute;anmoins une association notable. L&rsquo;un des titres li&eacute;s au projet incorpore des voix de Michael Jackson provenant des sessions de &laquo; (I Can&rsquo;t Make It) Another Day &raquo;. En 2018, Kravitz retravaille ces &eacute;l&eacute;ments vocaux dans le cadre du disque, introduisant une pr&eacute;sence ext&eacute;rieure tr&egrave;s cibl&eacute;e au sein d&rsquo;un album essentiellement fa&ccedil;onn&eacute; par lui-m&ecirc;me.</p>
<p>Plusieurs chroniques publi&eacute;es autour de la sortie parlent alors d&rsquo;un retour aux origines. Elles rel&egrave;vent des &eacute;l&eacute;ments sonores et spirituels proches des premi&egrave;res ann&eacute;es de Lenny Kravitz, tandis que le musicien &eacute;voque lui-m&ecirc;me une continuit&eacute; avec <em>Let Love Rule</em>. Cette r&eacute;f&eacute;rence s&rsquo;inscrit toutefois dans un projet qui traite aussi de pr&eacute;occupations contemporaines.</p>
<h2>Du num&eacute;rique au lancement international de Raise Vibration</h2>
<p>La publication de l&rsquo;album se d&eacute;roule en deux temps. Des plateformes indiquent une mise &agrave; disposition num&eacute;rique anticip&eacute;e d&egrave;s le 27 avril 2018. La date retenue pour sa sortie principale reste cependant le 7 septembre, jour du lancement international en CD, vinyle et num&eacute;rique sur Roxie Records via BMG Rights Management.</p>
<p>Entre ces deux &eacute;tapes, la campagne men&eacute;e autour de &laquo; Low &raquo; donne une visibilit&eacute; suppl&eacute;mentaire au disque. Lors de sa sortie officielle, <em>Raise Vibration</em> re&ccedil;oit un accueil globalement positif dans la presse musicale internationale. Plusieurs m&eacute;dias mettent en avant la proximit&eacute; avec les th&egrave;mes et le son des premi&egrave;res ann&eacute;es de Kravitz, ainsi que la place tenue par &laquo; Low &raquo; et &laquo; It&rsquo;s Enough! &raquo;.</p>
<p>L&rsquo;album se classe &eacute;galement dans plusieurs pays en 2018. Ces r&eacute;sultats prolongent un parcours commenc&eacute; loin des campagnes de lancement, dans un studio des Bahamas o&ugrave; Kravitz cherchait d&rsquo;abord &agrave; retrouver l&rsquo;inspiration. Le projet passe ainsi d&rsquo;une s&eacute;rie de notes prises au r&eacute;veil &agrave; une publication internationale d&eacute;ploy&eacute;e sur plusieurs formats.</p>
<p>Huit ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;histoire de <em>Raise Vibration</em> reste avant tout celle d&rsquo;une reprise cr&eacute;ative survenue au c&oelig;ur du doute. Les r&ecirc;ves ont fourni l&rsquo;&eacute;tincelle, &laquo; Low &raquo; s&rsquo;est impos&eacute;e la premi&egrave;re, puis le studio personnel de Lenny Kravitz a permis de d&eacute;velopper l&rsquo;ensemble avec peu d&rsquo;intervenants.</p>
<p>Les chansons politiques, les messages spirituels et les &eacute;vocations plus lumineuses de la libert&eacute; estivale ont ensuite donn&eacute; plusieurs directions &agrave; ce mat&eacute;riau nocturne. En ce 7 septembre 2026, l&rsquo;anniversaire de <em>Raise Vibration</em> rappelle ainsi les circonstances singuli&egrave;res d&rsquo;un disque commenc&eacute; dans des carnets, au r&eacute;veil, avant de prendre forme aux Bahamas.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Le cœur créatif des Pretenders, Chrissie Hynde, fête ses 75 ans</title>
      <description><![CDATA[N&eacute;e le 7 septembre 1951 &agrave; Akron, dans l&rsquo;Ohio, Chrissie Hynde f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Chanteuse, guitariste et principale auteure-compositrice des Pretenders, elle a construit le groupe apr&egrave;s plus...]]></description>
      <pubDate>Sun, 06 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>N&eacute;e le 7 septembre 1951 &agrave; Akron, dans l&rsquo;Ohio, Chrissie Hynde f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 75 ans. Chanteuse, guitariste et principale auteure-compositrice des Pretenders, elle a construit le groupe apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es pass&eacute;es aux marges de la sc&egrave;ne londonienne. De &laquo; Brass in Pocket &raquo; &agrave; &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, en passant par &laquo; Back on the Chain Gang &raquo;, trois chansons &eacute;clairent sa fa&ccedil;on de transformer les obstacles, les pertes et les contraintes en d&eacute;cisions cr&eacute;atives.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de placer Chrissie Hynde au premier plan, Londres lui offre surtout une succession de r&ocirc;les secondaires. Elle &eacute;crit pour le <em>New Musical Express</em>, travaille dans la boutique de Malcolm McLaren et Vivienne Westwood et tente de rejoindre plusieurs formations punk &eacute;mergentes. Son passage par de premi&egrave;res incarnations de The Damned et The Clash ne d&eacute;bouche sur aucune place durable. La future fondatrice des Pretenders se trouve au c&oelig;ur de la sc&egrave;ne britannique, mais toujours &agrave; sa p&eacute;riph&eacute;rie.</p>
<h2>Deux accords &agrave; Akron, puis un d&eacute;part pour Londres</h2>
<p>La m&eacute;thode d&rsquo;&eacute;criture de Chrissie Hynde prend pourtant forme bien avant les Pretenders. &Agrave; 14 ans, apr&egrave;s avoir appris seulement deux accords de guitare, l&rsquo;adolescente compose sa premi&egrave;re chanson. Elle conservera de cet apprentissage r&eacute;duit une conviction formul&eacute;e des ann&eacute;es plus tard : &laquo; Il suffit d&rsquo;un seul accord pour &eacute;crire une chanson. &raquo;</p>
<p>Cette &eacute;conomie de moyens devient une force revendiqu&eacute;e. Hynde expliquera avoir construit ses premiers morceaux autour du rythme, de la voix et de quelques accords plut&ocirc;t que d&rsquo;une sophistication harmonique. Apr&egrave;s des &eacute;tudes d&rsquo;art &agrave; Kent State University, o&ugrave; elle est t&eacute;moin des &eacute;v&eacute;nements tragiques de 1970, elle joue dans la sc&egrave;ne rock de Cleveland sans obtenir de r&eacute;sultat notable. En 1973, elle quitte les &Eacute;tats-Unis pour Londres.</p>
<p>Le d&eacute;placement ne provoque pas imm&eacute;diatement la r&eacute;ussite esp&eacute;r&eacute;e. Ses emplois dans la presse musicale et chez McLaren et Westwood lui donnent un poste d&rsquo;observation privil&eacute;gi&eacute; sur les transformations du rock britannique. Ils ne r&eacute;solvent toutefois pas la question essentielle : trouver un groupe dans lequel ses chansons et sa voix puissent r&eacute;ellement prendre leur place.</p>
<h2>Chrissie Hynde cesse de chercher un groupe et construit le sien</h2>
<p>La bascule intervient en 1978. Dave Hill, fondateur de Real Records, lui conseille de ne plus essayer de s&rsquo;int&eacute;grer &agrave; des formations existantes. Hynde recrute alors trois musiciens bas&eacute;s &agrave; Hereford &mdash; James Honeyman-Scott, Pete Farndon et Martin Chambers &mdash; afin d&rsquo;enregistrer ses propres compositions. Les Pretenders naissent ainsi moins d&rsquo;une r&eacute;union instantan&eacute;e que d&rsquo;un changement de strat&eacute;gie : l&rsquo;Am&eacute;ricaine ne cherche plus une place disponible, elle organise un groupe autour de son &eacute;criture.</p>
<p>La mise en place de la formation reste progressive. Une premi&egrave;re version de &laquo; Stop Your Sobbing &raquo;, chanson des Kinks produite par Nick Lowe, est enregistr&eacute;e avec un batteur de studio avant l&rsquo;arriv&eacute;e de Martin Chambers. M&ecirc;me le nom du groupe est arr&ecirc;t&eacute; tardivement. Lorsque Dave Hill s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; faire imprimer les &eacute;tiquettes et r&eacute;clame une d&eacute;cision, plusieurs possibilit&eacute;s ont circul&eacute;, parmi lesquelles The Ceilings et The Kitchens. Le choix se porte finalement sur The Pretenders, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; &laquo; The Great Pretender &raquo; des Platters, par l&rsquo;interm&eacute;diaire de la reprise de Sam Cooke.</p>
<h2>&laquo; Brass in Pocket &raquo;, l&rsquo;affirmation apr&egrave;s la reprise</h2>
<p>Le succ&egrave;s britannique de &laquo; Stop Your Sobbing &raquo; ouvre la voie, mais ce sont les chansons originales qui d&eacute;finissent rapidement le groupe. &laquo; Kid &raquo;, puis &laquo; Brass in Pocket &raquo;, placent Chrissie Hynde dans une position qui lui avait longtemps &eacute;chapp&eacute; : celle de l&rsquo;auteure et chanteuse autour de laquelle l&rsquo;identit&eacute; des Pretenders s&rsquo;organise.</p>
<p>Co&eacute;crit avec James Honeyman-Scott et int&eacute;gr&eacute; au premier album <em>Pretenders</em>, &laquo; Brass in Pocket &raquo; met en sc&egrave;ne une narratrice d&eacute;termin&eacute;e &agrave; faire impression. Le mot &laquo; brass &raquo; peut renvoyer en anglais britannique &agrave; l&rsquo;argent comme au culot. La chanson repose pr&eacute;cis&eacute;ment sur ce jeu entre fragilit&eacute; et assurance, soutenu par une ligne de guitare accrocheuse et une rythmique l&eacute;g&egrave;rement funk. Elle donne une forme nette &agrave; la dualit&eacute; publique de Hynde : une pr&eacute;sence s&ucirc;re d&rsquo;elle sans effacer la vuln&eacute;rabilit&eacute; du personnage.</p>
<p>Ce premier chapitre montre aussi que les Pretenders ne sont pas un simple habillage pour des chansons compos&eacute;es dans l&rsquo;isolement. &laquo; Brass in Pocket &raquo; porte la signature conjointe de Hynde et Honeyman-Scott. Bien plus tard, la chanteuse insistera encore sur l&rsquo;importance de la discipline collective et d&eacute;crira le groupe comme un espace o&ugrave; ses id&eacute;es peuvent &ecirc;tre mises &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve.</p>
<h2>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo;, reconstruire apr&egrave;s James Honeyman-Scott</h2>
<p>Cette dynamique est brutalement interrompue au d&eacute;but des ann&eacute;es 1980. Pete Farndon est &eacute;cart&eacute; en raison de ses probl&egrave;mes de drogues. Peu apr&egrave;s, James Honeyman-Scott meurt d&rsquo;une overdose en juin 1982. Farndon d&eacute;c&egrave;de &agrave; son tour l&rsquo;ann&eacute;e suivante. En quelques mois, Chrissie Hynde doit presque enti&egrave;rement reconstruire une formation dont les premiers succ&egrave;s reposaient sur un &eacute;quilibre collectif pr&eacute;cis.</p>
<p>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo; devient le point de passage entre les deux &eacute;poques. Hynde avait montr&eacute; certains accords &agrave; Honeyman-Scott avant sa mort. Apr&egrave;s sa disparition, la chanson prend une autre signification et se transforme en hommage au guitariste. En 1982, elle l&rsquo;enregistre &agrave; AIR Studios, &agrave; Londres, avec Martin Chambers ainsi que Billy Bremner et Robbie McIntosh.</p>
<p>Le choix de ces musiciens n&rsquo;est pas anodin : Honeyman-Scott les admirait. La composition de l&rsquo;&eacute;quipe de studio permet ainsi &agrave; Hynde de prolonger une relation artistique sans chercher &agrave; reconstituer artificiellement la formation disparue. Les paroles ont parfois &eacute;t&eacute; rapproch&eacute;es de sa relation avec Ray Davies, mais la chanteuse a elle-m&ecirc;me expliqu&eacute; que le morceau avait chang&eacute; de port&eacute;e apr&egrave;s la mort de son partenaire musical.</p>
<p>&laquo; Back on the Chain Gang &raquo; rejoint ensuite <em>Learning to Crawl</em>, publi&eacute; en 1984. Autour de Hynde et Chambers, un nouveau groupe prend forme. L&rsquo;album &eacute;tablit surtout que la continuit&eacute; des Pretenders peut survivre au remplacement de plusieurs musiciens, &agrave; condition que leur cadre cr&eacute;atif soit maintenu.</p>
<h2>&laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, le tube radio con&ccedil;u sans d&eacute;tour</h2>
<p>Douze ans apr&egrave;s cette reconstruction, Chrissie Hynde choisit une m&eacute;thode tr&egrave;s diff&eacute;rente. Pour &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, elle travaille avec Billy Steinberg et Tom Kelly, auteurs habitu&eacute;s aux succ&egrave;s radiophoniques. La collaboration ne rel&egrave;ve pas d&rsquo;un accident ou d&rsquo;une concession dissimul&eacute;e : elle r&eacute;pond &agrave; un objectif clairement assum&eacute;.</p>
<p>Hynde le dira sans d&eacute;tour : &laquo; C&rsquo;&eacute;tait ma tentative &agrave; sang froid d&rsquo;&eacute;crire quelque chose pour passer &agrave; la radio. &raquo; Sortie en 1994, la ballade devient l&rsquo;un des titres les plus diffus&eacute;s et repris des Pretenders. Ses paroles de soutien inconditionnel s&rsquo;inscrivent dans un format pop international &eacute;labor&eacute; avec deux sp&eacute;cialistes du genre.</p>
<p>Cette d&eacute;marche r&eacute;v&egrave;le une autre facette de son travail. L&rsquo;auteure qui avait commenc&eacute; avec deux accords et tr&egrave;s peu de moyens peut &eacute;galement &eacute;crire dans un cadre m&eacute;thodique, avec des collaborateurs choisis pour leur connaissance des playlists. Entre la simplicit&eacute; revendiqu&eacute;e des d&eacute;buts et la strat&eacute;gie de &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo;, le principe reste comparable : identifier les moyens disponibles et les employer au service d&rsquo;une chanson.</p>
<h2>Trois chansons, trois mani&egrave;res de tenir le cap</h2>
<p>&laquo; Brass in Pocket &raquo;, &laquo; Back on the Chain Gang &raquo; et &laquo; I&rsquo;ll Stand by You &raquo; correspondent &agrave; trois probl&egrave;mes distincts. La premi&egrave;re affirme une identit&eacute; apr&egrave;s des ann&eacute;es pass&eacute;es &agrave; tenter d&rsquo;int&eacute;grer les groupes des autres. La deuxi&egrave;me accompagne la reconstruction des Pretenders apr&egrave;s la disparition de James Honeyman-Scott. La troisi&egrave;me accepte ouvertement les r&egrave;gles de la radio et le savoir-faire d&rsquo;auteurs professionnels.</p>
<p>Ces &eacute;pisodes permettent de comprendre la place particuli&egrave;re de Chrissie Hynde dans les Pretenders. Elle en constitue le noyau artistique, mais son parcours est fait de collaborations concr&egrave;tes : Honeyman-Scott dans l&rsquo;&eacute;criture, Chambers dans la continuit&eacute; du groupe, Bremner et McIntosh lors d&rsquo;une session charg&eacute;e de sens, Steinberg et Kelly dans la recherche d&rsquo;un succ&egrave;s pop.</p>
<p>&Agrave; 75 ans, la chanteuse reste ainsi associ&eacute;e &agrave; une m&eacute;thode davantage qu&rsquo;&agrave; une formation fig&eacute;e. Le catalogue des Pretenders s&rsquo;est prolong&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; <em>Hate for Sale</em> en 2020 et <em>Relentless</em> en 2023. De l&rsquo;adolescente d&rsquo;Akron munie de deux accords &agrave; l&rsquo;auteure capable de reconstruire un groupe ou de viser d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment la radio, son parcours raconte une m&ecirc;me aptitude : modifier le cadre sans abandonner le travail de la chanson.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Electric Light Orchestra : Eldorado, le rêve devenu symphonie</title>
      <description><![CDATA[Electric Light Orchestra publiait Eldorado en septembre 1974. Cinquante-deux ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Pour ce quatri&egrave;me disque, Jeff Lynne imagine d&rsquo;abord l&rsquo;his...]]></description>
      <pubDate>Sun, 06 Sep 2026 22:05:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/electric-light-orchestra-eldorado-le-reve-devenu-symphonie-405</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Electric Light Orchestra publiait <em>Eldorado</em> en septembre 1974. Cinquante-deux ans plus tard, l&rsquo;album f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Pour ce quatri&egrave;me disque, Jeff Lynne imagine d&rsquo;abord l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme qui s&rsquo;&eacute;vade par le r&ecirc;ve, puis change la m&eacute;thode de travail d&rsquo;ELO en faisant entrer &agrave; De Lane Lea Studios un orchestre d&rsquo;une trentaine de musiciens et un ch&oelig;ur de vingt voix.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;origine d&rsquo;<em>Eldorado</em>, il y a notamment une critique r&eacute;p&eacute;t&eacute;e dans le cercle familial. Le p&egrave;re de Jeff Lynne estime que la musique de son fils manque de m&eacute;lodie. Le musicien entreprend alors de lui prouver le contraire, non avec une chanson isol&eacute;e, mais avec un album enti&egrave;rement construit autour de th&egrave;mes m&eacute;lodiques et d&rsquo;un r&eacute;cit continu. Pour Electric Light Orchestra, le projet prend rapidement une dimension nouvelle.</p>
<h2>Une histoire compl&egrave;te avant la premi&egrave;re chanson</h2>
<p>ELO avait d&eacute;j&agrave; explor&eacute; les suites reliant plusieurs morceaux sur <em>On the Third Day</em>, paru avant <em>Eldorado</em>. Cette fois, Jeff Lynne va plus loin : il imagine d&rsquo;abord un homme ordinaire qui quitte mentalement son quotidien pour se r&eacute;fugier dans des mondes fantastiques. Les chansons devront ensuite suivre ses r&ecirc;veries, ses personnages et son retour forc&eacute; &agrave; la r&eacute;alit&eacute;.</p>
<p>&laquo; J&rsquo;avais tout le concept avant de commencer &agrave; l&rsquo;&eacute;crire &raquo;, expliquera Lynne. Cette chronologie est essentielle : <em>Eldorado</em> n&rsquo;est pas une collection de titres &agrave; laquelle un th&egrave;me aurait &eacute;t&eacute; ajout&eacute; apr&egrave;s coup. Le sc&eacute;nario pr&eacute;c&egrave;de l&rsquo;&eacute;criture et devient le cadre dans lequel chaque morceau trouve sa place.</p>
<p>&laquo; Eldorado Overture &raquo; ouvre ainsi la porte du monde r&ecirc;v&eacute;. &laquo; Boy Blue &raquo; transforme le protagoniste en figure h&eacute;ro&iuml;que, tandis que &laquo; Illusions in G Minor &raquo; le place face &agrave; un psychiatre auquel il d&eacute;crit ses visions, m&ecirc;l&eacute;es &agrave; des r&eacute;f&eacute;rences au rock&rsquo;n&rsquo;roll. Vers la fin du disque, &laquo; Eldorado &raquo; marque le moment o&ugrave; cet homme doit abandonner ses &eacute;chapp&eacute;es imaginaires, avant qu&rsquo;&laquo; Eldorado Finale &raquo; ne referme la boucle.</p>
<h2>Louis Clark fait entrer trente musiciens chez ELO</h2>
<p>Pour donner corps &agrave; cette histoire, Jeff Lynne renonce &agrave; une m&eacute;thode utilis&eacute;e jusque-l&agrave; par le groupe. Plut&ocirc;t que d&rsquo;empiler les overdubs r&eacute;alis&eacute;s avec les trois instrumentistes &agrave; cordes d&rsquo;ELO, il d&eacute;cide d&rsquo;engager un v&eacute;ritable orchestre et un ch&oelig;ur. Il travaille aux arrangements avec Richard Tandy, tandis que Louis Clark est recrut&eacute; comme arrangeur et chef d&rsquo;orchestre.</p>
<p>Environ trente musiciens et une vingtaine de choristes participent aux s&eacute;ances. Cette formation est particuli&egrave;rement pr&eacute;sente sur &laquo; Eldorado Overture &raquo;, &laquo; Can&rsquo;t Get It Out of My Head &raquo;, &laquo; Eldorado &raquo; et &laquo; Eldorado Finale &raquo;. Lynne r&eacute;sumera plus tard l&rsquo;importance de cette &eacute;tape : &laquo; C&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois que j&rsquo;utilisais un grand orchestre sur un disque. &raquo;</p>
<p>La rencontre avec Louis Clark d&eacute;passe le cadre de cet album. Apr&egrave;s avoir organis&eacute; cette nouvelle masse instrumentale sur <em>Eldorado</em>, Clark devient un collaborateur r&eacute;gulier d&rsquo;Electric Light Orchestra au cours des albums suivants. Pour Lynne, l&rsquo;exp&eacute;rience indique une direction &agrave; poursuivre dans la suite de la carri&egrave;re du groupe.</p>
<h2>&Agrave; De Lane Lea, une symphonie r&eacute;partie entre plusieurs studios</h2>
<p>Les enregistrements occupent Electric Light Orchestra de f&eacute;vrier &agrave; ao&ucirc;t 1974 &agrave; De Lane Lea Studios, &agrave; Londres. La fabrication du disque impose une organisation compartiment&eacute;e : les bandes de base sont r&eacute;alis&eacute;es dans un studio, les voix guides et certains overdubs dans un autre, tandis que l&rsquo;orchestre et le ch&oelig;ur sont install&eacute;s dans le grand studio avec un ing&eacute;nieur d&eacute;di&eacute;. Le mixage constitue encore une autre &eacute;tape de cette circulation entre les espaces du complexe.</p>
<p>Une difficult&eacute; humaine s&rsquo;ajoute &agrave; cette logistique. Au d&eacute;but des s&eacute;ances, le bassiste Mike de Albuquerque quitte ELO, les tourn&eacute;es &eacute;tant devenues trop lourdes pour sa vie de famille. Jeff Lynne prend alors en charge la plupart des parties de basse et des ch&oelig;urs. Le musicien sortant conserve n&eacute;anmoins son cr&eacute;dit sur la pochette de l&rsquo;album.</p>
<p>Lynne suit par ailleurs une m&eacute;thode d&rsquo;&eacute;criture inhabituelle. Il enregistre d&rsquo;abord les bases instrumentales, l&rsquo;orchestre et le ch&oelig;ur, puis fixe les m&eacute;lodies vocales et les paroles en dernier, parfois au tout dernier moment. Le r&eacute;cit est donc &eacute;tabli en amont, mais les mots d&eacute;finitifs peuvent arriver lorsque l&rsquo;architecture instrumentale existe d&eacute;j&agrave;.</p>
<h2>Quand l&rsquo;orchestre s&rsquo;arr&ecirc;te &agrave; six heures pr&eacute;cises</h2>
<p>La confrontation entre les habitudes d&rsquo;un groupe de rock et celles de musiciens syndiqu&eacute;s produit aussi l&rsquo;une des sc&egrave;nes les plus r&eacute;v&eacute;latrices des s&eacute;ances. Selon le batteur Bev Bevan, certains membres de l&rsquo;orchestre montrent peu d&rsquo;enthousiasme lorsque le travail d&eacute;passe l&rsquo;horaire pr&eacute;vu, m&ecirc;me de quelques minutes.</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;heure exacte, les instruments peuvent &ecirc;tre rang&eacute;s sans attendre. Des musiciens interrompent m&ecirc;me un morceau en pleine ex&eacute;cution parce qu&rsquo;il est six heures, alors qu&rsquo;ELO souhaite prolonger la prise. L&rsquo;&eacute;pisode illustre la contrainte tr&egrave;s concr&egrave;te qui accompagne la d&eacute;cision de recourir &agrave; un grand ensemble : l&rsquo;orchestre offre au projet des possibilit&eacute;s nouvelles, mais impose son propre cadre de travail.</p>
<p>Le moment o&ugrave; les musiciens jouent l&rsquo;introduction d&rsquo;&laquo; Eldorado Overture &raquo; produit toutefois une forte impression sur Jeff Lynne. Capt&eacute;e dans le grand studio sous la direction de Louis Clark, la pi&egrave;ce installe d&egrave;s l&rsquo;ouverture l&rsquo;univers imagin&eacute; avant l&rsquo;&eacute;criture des chansons. Le projet con&ccedil;u sur le papier devient alors un r&eacute;cit port&eacute; par un ensemble orchestral complet.</p>
<h2>&laquo; Can&rsquo;t Get It Out of My Head &raquo;, du r&ecirc;ve au Top 40 am&eacute;ricain</h2>
<p>Parmi les chansons n&eacute;es de cette d&eacute;marche, &laquo; Can&rsquo;t Get It Out of My Head &raquo; occupe une place particuli&egrave;re. Lynne l&rsquo;&eacute;crit pour accompagner les r&ecirc;veries du personnage central, et plusieurs sources relient sa gen&egrave;se au d&eacute;fi lanc&eacute; par la remarque de son p&egrave;re sur l&rsquo;absence suppos&eacute;e de m&eacute;lodie. L&rsquo;orchestre y tient une place importante, conform&eacute;ment au choix de production effectu&eacute; pour l&rsquo;ensemble du disque.</p>
<p>Le titre est retenu comme principal single d&rsquo;<em>Eldorado</em>. Il devient le premier morceau d&rsquo;Electric Light Orchestra &agrave; entrer dans le Top 40 am&eacute;ricain, donnant au groupe une visibilit&eacute; accrue aux &Eacute;tats-Unis. La chanson restera &eacute;galement pr&eacute;sente dans son r&eacute;pertoire de sc&egrave;ne.</p>
<p>&laquo; Boy Blue &raquo; r&eacute;v&egrave;le une autre facette de la fabrication de l&rsquo;album. Les arrangements &eacute;crits par Jeff Lynne et Richard Tandy y accompagnent un motif de fanfare rock, tandis que les cordes jou&eacute;es par les membres d&rsquo;ELO demeurent audibles malgr&eacute; l&rsquo;arriv&eacute;e de l&rsquo;ensemble ext&eacute;rieur. La chanson fait ainsi coexister l&rsquo;ancienne m&eacute;thode du groupe et le dispositif orchestral adopt&eacute; pour le nouveau projet.</p>
<h2>Un accueil mesur&eacute;, une m&eacute;thode appel&eacute;e &agrave; durer</h2>
<p>&Agrave; sa sortie en septembre 1974, <em>Eldorado</em> re&ccedil;oit un accueil favorable dans la presse sp&eacute;cialis&eacute;e, notamment pour son concept et son recours &agrave; un orchestre complet. Son impact commercial reste cependant mesur&eacute; sur le moment. Le passage de &laquo; Can&rsquo;t Get It Out of My Head &raquo; dans le Top 40 am&eacute;ricain constitue son r&eacute;sultat imm&eacute;diat le plus significatif pour la trajectoire d&rsquo;ELO.</p>
<p>Les relectures publi&eacute;es au cours des d&eacute;cennies suivantes ont r&eacute;guli&egrave;rement replac&eacute; l&rsquo;album dans la construction du son du groupe. Jeff Lynne lui-m&ecirc;me consid&egrave;re l&rsquo;emploi d&rsquo;un orchestre et d&rsquo;un ch&oelig;ur complets comme une &eacute;tape d&eacute;cisive. Le prolongement de sa collaboration avec Louis Clark confirme que l&rsquo;exp&eacute;rience londonienne ne reste pas sans suite.</p>
<p>Cinquante-deux ans apr&egrave;s sa sortie, <em>Eldorado</em> raconte donc aussi l&rsquo;histoire d&rsquo;une m&eacute;thode trouv&eacute;e en studio. Une critique paternelle conduit Jeff Lynne &agrave; b&acirc;tir un cycle m&eacute;lodique ; un sc&eacute;nario de r&ecirc;ve appelle une instrumentation plus vaste ; cette ambition oblige enfin Electric Light Orchestra &agrave; composer avec les d&eacute;parts, les contraintes horaires et la logistique d&rsquo;un v&eacute;ritable orchestre. Le r&ecirc;ve du personnage s&rsquo;ach&egrave;ve sur le disque, mais la mani&egrave;re de le mettre en musique ouvre une nouvelle phase pour ELO.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>The The, Ensoulment où le calme post-pandémique</title>
      <description><![CDATA[Le 6 septembre 2024, The The publiait Ensoulment, son premier album studio de nouvelles chansons depuis NakedSelf en 2000. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses deux ans. N&eacute; dans le calme post-pand&eacute;miqu...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:35:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/the-the-ensoulment-ou-le-calme-post-pandemique-403</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 6 septembre 2024, The The publiait <em>Ensoulment</em>, son premier album studio de nouvelles chansons depuis <em>NakedSelf</em> en 2000. Le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses deux ans. N&eacute; dans le calme post-pand&eacute;mique au bureau du p&egrave;re de Matt Johnson, il a r&eacute;uni d&rsquo;anciens collaborateurs autour de sessions largement enregistr&eacute;es en direct, tout en donnant une nouvelle place aux pr&eacute;occupations politiques et londoniennes de son auteur.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour faire rena&icirc;tre The The sur la dur&eacute;e d&rsquo;un album, Matt Johnson commence par s&rsquo;asseoir &agrave; un vieux bureau. Le meuble appartenait &agrave; son p&egrave;re. T&ocirc;t le matin, avec une guitare acoustique, il reprend des esquisses, assemble des id&eacute;es et remet en mouvement un projet discographique interrompu depuis pr&egrave;s d&rsquo;un quart de si&egrave;cle. &laquo; Je me suis dit : tu sais quoi, je vais m&rsquo;asseoir l&agrave; et &eacute;crire cet album &raquo;, expliquera-t-il.</p>
<h2>Un album complet apr&egrave;s vingt-quatre ans d&rsquo;&eacute;cart</h2>
<p><em>Ensoulment</em> ne surgit pas apr&egrave;s une disparition totale de Matt Johnson. Depuis <em>NakedSelf</em>, paru en 2000, celui-ci s&rsquo;est consacr&eacute; &agrave; des bandes originales, &agrave; son label Cin&eacute;ola et &agrave; diff&eacute;rents projets li&eacute;s &agrave; The The, dont <em>The Comeback Special</em>. Il n&rsquo;avait cependant pas publi&eacute; de nouvel album studio constitu&eacute; de chansons in&eacute;dites sous ce nom.</p>
<p>La p&eacute;riode post-pand&eacute;mique lui offre le calme n&eacute;cessaire pour reprendre ce chantier. Cette relance ne consiste pas uniquement &agrave; &eacute;crire des morceaux enti&egrave;rement nouveaux. Deux chansons, &laquo; Some Days I Drink My Coffee By the Grave of William Blake &raquo; et &laquo; A Rainy Day in May &raquo;, trouvent leur origine environ douze ans avant la sortie du disque. Longtemps laiss&eacute;es en suspens, elles sont reprises et int&eacute;gr&eacute;es &agrave; l&rsquo;ensemble.</p>
<p>Cette coexistence entre anciennes &eacute;bauches et compositions plus r&eacute;centes donne &agrave; la fabrication d&rsquo;<em>Ensoulment</em> une temporalit&eacute; particuli&egrave;re. L&rsquo;album rassemble des id&eacute;es demeur&eacute;es ouvertes pendant des ann&eacute;es et des textes &eacute;labor&eacute;s face aux pr&eacute;occupations contemporaines de Johnson. Le retour de The The en studio appara&icirc;t ainsi moins comme un red&eacute;marrage &agrave; z&eacute;ro que comme la reprise d&rsquo;un travail interrompu.</p>
<h2>&Agrave; Real World Studios, six jours face &agrave; face</h2>
<p>Une fois les chansons suffisamment avanc&eacute;es, le projet change d&rsquo;&eacute;chelle. L&rsquo;enregistrement principal se d&eacute;roule &agrave; Real World Studios, pr&egrave;s de Bath. Matt Johnson y retrouve Warne Livesey, qui coproduit l&rsquo;album avec lui apr&egrave;s avoir d&eacute;j&agrave; travaill&eacute; sur <em>Infected</em> en 1986 et <em>Mind Bomb</em> en 1989.</p>
<p>Autour d&rsquo;eux prennent place James Eller, Earl Harvin, Barrie Cadogan et DC Collard. Les musiciens sont install&eacute;s face &agrave; face et enregistrent une grande partie du disque en conditions live. Environ six jours suffisent pour fixer l&rsquo;essentiel des morceaux, avec l&rsquo;objectif document&eacute; d&rsquo;obtenir un r&eacute;sultat chaleureux et imm&eacute;diat.</p>
<p>Le travail ne s&rsquo;ach&egrave;ve pas &agrave; Real World Studios. Les chansons passent ensuite par une phase d&rsquo;overdubs et de mixage au Studio Cin&eacute;ola, l&rsquo;espace de Matt Johnson. La m&eacute;thode combine ainsi une br&egrave;ve session collective, concentr&eacute;e autour du jeu de groupe, et une finition men&eacute;e dans un lieu plus intime plac&eacute; sous le contr&ocirc;le de l&rsquo;artiste.</p>
<p>Ce retour au studio intervient par ailleurs apr&egrave;s une op&eacute;ration de la gorge subie par Johnson. Selon le communiqu&eacute; consacr&eacute; &agrave; la tourn&eacute;e, l&rsquo;intervention n&rsquo;a finalement pas affect&eacute; sa voix, une issue que le chanteur a lui-m&ecirc;me consid&eacute;r&eacute;e comme une chance. Dans un projet marqu&eacute; par une si longue absence d&rsquo;album, cet &eacute;pisode ajoutait une incertitude concr&egrave;te avant les s&eacute;ances.</p>
<h2>&laquo; Cognitive Dissident &raquo;, de l&rsquo;esquisse acoustique au commentaire politique</h2>
<p>Parmi les chansons qui d&eacute;finissent le propos d&rsquo;<em>Ensoulment</em>, &laquo; Cognitive Dissident &raquo; na&icirc;t d&rsquo;un travail commun entre Matt Johnson et le guitariste Barrie Cadogan. Le morceau passe des premi&egrave;res esquisses acoustiques &agrave; des arrangements &eacute;lectriques finalis&eacute;s avec le groupe. Son sujet, lui, est formul&eacute; sans d&eacute;tour par Johnson : l&rsquo;&Eacute;tat de surveillance, la censure et la culture de l&rsquo;annulation.</p>
<p>L&rsquo;auteur d&eacute;crit cette vision comme d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment &laquo; orwellienne &raquo;. &laquo; Cognitive Dissident &raquo; inscrit ainsi le retour discographique de The The dans une &eacute;criture explicitement politique. D&rsquo;autres titres, dont &laquo; Kissing the Ring of POTUS &raquo;, participent &agrave; cette ligne en abordant notamment les man&oelig;uvres politiques n&eacute;o-conservatrices.</p>
<p>Le morceau ouvre &eacute;galement la s&eacute;quence de publication. Sorti en single en mai 2024, il est accompagn&eacute; d&rsquo;un clip r&eacute;alis&eacute; par Tim Pope, collaborateur historique de The The. Johnson explique avoir lui-m&ecirc;me propos&eacute; d&rsquo;y appara&icirc;tre, non pour r&eacute;pondre &agrave; une contrainte comparable &agrave; celles de l&rsquo;&eacute;poque MTV, mais pour retrouver avec plaisir ce partenaire des ann&eacute;es 1980 et 1990.</p>
<h2>Un caf&eacute; pr&egrave;s de William Blake, puis une chanson sur Londres</h2>
<p>L&rsquo;autre grande sc&egrave;ne d&rsquo;&eacute;criture du disque se situe &agrave; Bunhill Fields, &agrave; Londres. Certaines matin&eacute;es, Matt Johnson boit son caf&eacute; pr&egrave;s de la tombe de William Blake. Ce rituel r&eacute;el fournit le titre et le point de d&eacute;part de &laquo; Some Days I Drink My Coffee By the Grave of William Blake &raquo;.</p>
<p>Les premi&egrave;res versions de la chanson remontent &agrave; plus d&rsquo;une d&eacute;cennie. En la reprenant pour <em>Ensoulment</em>, Johnson transforme cette habitude personnelle en r&eacute;flexion sur Londres, sur ses mutations et sur la perte d&rsquo;un sentiment d&rsquo;appartenance. Le texte interroge aussi le paradoxe d&rsquo;un Blake longtemps marginal, d&eacute;sormais c&eacute;l&eacute;br&eacute; par les institutions britanniques.</p>
<p>Le morceau rejoint &laquo; Cognitive Dissident &raquo; dans une m&ecirc;me mani&egrave;re de partir d&rsquo;une situation concr&egrave;te pour aborder un paysage politique et culturel plus large. L&agrave; o&ugrave; le premier s&rsquo;attache &agrave; la surveillance et &agrave; la censure, le second observe la transformation d&rsquo;une ville et le changement de statut d&rsquo;une figure autrefois tenue &agrave; l&rsquo;&eacute;cart.</p>
<h2>Des retrouvailles jusque dans les images</h2>
<p>Avant la parution de l&rsquo;album, The The d&eacute;voile trois singles : &laquo; Cognitive Dissident &raquo; en mai 2024, &laquo; Linoleum Smooth to the Stockinged Foot &raquo; en juin, puis &laquo; Some Days I Drink My Coffee By the Grave of William Blake &raquo; &agrave; la fin du mois d&rsquo;ao&ucirc;t. Tim Pope r&eacute;alise les trois clips, prolongeant dans les images la logique de retrouvailles qui accompagne d&eacute;j&agrave; la production musicale.</p>
<p>Cette continuit&eacute; se retrouve &eacute;galement dans les &eacute;ditions physiques publi&eacute;es par Cin&eacute;ola et earMUSIC. Le CD et le vinyle comprennent un livret de 32 pages r&eacute;unissant des &oelig;uvres in&eacute;dites d&rsquo;Andrew &laquo; Andy Dog &raquo; Johnson, fr&egrave;re de Matt et auteur historique de nombreuses pochettes de The The. Le retour ne se limite donc pas aux musiciens et au producteur : il r&eacute;active aussi une collaboration visuelle familiale associ&eacute;e de longue date au groupe.</p>
<h2><em>Ensoulment</em>, un nouveau chapitre plac&eacute; au centre des concerts</h2>
<p>Depuis sa sortie, l&rsquo;album occupe une place centrale dans la tourn&eacute;e mondiale qui lui est consacr&eacute;e. La sc&eacute;nographie annonc&eacute;e pour l&rsquo;Ensouled World Tour repose sur deux actes : <em>Ensoulment</em> est jou&eacute; int&eacute;gralement dans un premier set, avant une seconde partie compos&eacute;e de chansons plus anciennes. Le disque est ainsi pr&eacute;sent&eacute; sur sc&egrave;ne comme un ensemble autonome plut&ocirc;t que comme une simple r&eacute;serve de nouveaux titres.</p>
<p>Deux ans apr&egrave;s sa publication, <em>Ensoulment</em> raconte d&rsquo;abord la mani&egrave;re dont Matt Johnson a remis The The au travail : seul le matin devant le bureau paternel, puis entour&eacute; de partenaires anciens et r&eacute;cents dans un studio o&ugrave; les morceaux ont &eacute;t&eacute; saisis rapidement. Les chansons rest&eacute;es inachev&eacute;es pendant une douzaine d&rsquo;ann&eacute;es y c&ocirc;toient celles n&eacute;es de pr&eacute;occupations plus imm&eacute;diates.</p>
<p>Le chemin qui m&egrave;ne au disque relie ainsi m&eacute;moire familiale, retrouvailles professionnelles et observation politique. En ce 6 septembre 2026, son deuxi&egrave;me anniversaire rappelle surtout qu&rsquo;apr&egrave;s vingt-quatre ans sans album studio de nouvelles chansons, le retour de The The s&rsquo;est construit &agrave; partir de liens patiemment renou&eacute;s plut&ocirc;t que d&rsquo;une rupture avec son histoire.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>London Grammar : dix-huit mois pour façonner If You Wait, leur premier album</title>
      <description><![CDATA[London Grammar publiait If You Wait le 6 septembre 2013, lors de sa sortie initiale internationale et australienne. Treize ans plus tard, le premier album du trio f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Derri&egrave;re les ...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:30:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/london-grammar-dix-huit-mois-pour-faconner-if-you-wait-leur-premier-album-402</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>London Grammar publiait <em>If You Wait</em> le 6 septembre 2013, lors de sa sortie initiale internationale et australienne. Treize ans plus tard, le premier album du trio f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Derri&egrave;re les chansons qui avaient commenc&eacute; &agrave; attirer la presse et les labels se cachait une fabrication exigeante : dix-huit mois de composition, de maquettes et de sessions r&eacute;parties entre plusieurs studios.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand London Grammar ach&egrave;ve <em>If You Wait</em>, ses membres ont tellement entendu le disque qu&rsquo;ils peinent &agrave; le r&eacute;&eacute;couter. Hannah Reid, Dan Rothman et Dot Major ont suivi chaque morceau au fil des &eacute;critures, des productions, des nouvelles productions, des r&eacute;&eacute;ditions et du mixage. &Agrave; force de revenir sur le moindre &eacute;l&eacute;ment, le trio dit avoir perdu la distance n&eacute;cessaire pour juger objectivement son propre premier album.</p>
<h2>Des premiers titres remarqu&eacute;s &agrave; un album complet</h2>
<p>Avant m&ecirc;me la parution du disque, London Grammar commence &agrave; se faire conna&icirc;tre avec &laquo; Hey Now &raquo; et &laquo; Wasting My Young Years &raquo;. Ces morceaux installent un cadre minimaliste et atmosph&eacute;rique centr&eacute; autour de la voix de Hannah Reid. Ils attirent l&rsquo;attention de la presse et des labels, mais ne d&eacute;bouchent pas sur un album assembl&eacute; dans l&rsquo;urgence.</p>
<p>La pr&eacute;paration d&rsquo;<em>If You Wait</em> s&rsquo;&eacute;tend sur environ dix-huit mois. Durant cette p&eacute;riode, le trio compose, multiplie les maquettes et effectue de nombreux allers-retours en studio avant de fixer la s&eacute;lection d&eacute;finitive. Le processus ne suit pas une ligne droite : les chansons passent d&rsquo;un lieu de travail &agrave; l&rsquo;autre et sont r&eacute;guli&egrave;rement reprises.</p>
<p>Dan Rothman le r&eacute;sume alors sans masquer les difficult&eacute;s : &laquo; Pour nous, le processus a &eacute;t&eacute; long et ce n&rsquo;&eacute;tait pas vraiment comme je l&rsquo;avais imagin&eacute;. &raquo; Cette dur&eacute;e ne tient donc pas seulement &agrave; l&rsquo;&eacute;criture. Elle comprend aussi le d&eacute;veloppement des morceaux dans diff&eacute;rents studios et les d&eacute;cisions successives prises pendant leur production.</p>
<h2>Des boucles de guitare, un piano et trois r&ocirc;les compl&eacute;mentaires</h2>
<p>Au d&eacute;part d&rsquo;une chanson, Dan Rothman propose souvent une boucle de guitare. Certaines id&eacute;es sont ensuite d&eacute;velopp&eacute;es collectivement en studio, tandis qu&rsquo;Hannah Reid apporte de son c&ocirc;t&eacute; de nombreux morceaux au piano. Cette circulation entre propositions individuelles et travail &agrave; trois fa&ccedil;onne directement les m&eacute;lodies comme les textes.</p>
<p>Reid reste l&rsquo;autrice de ses paroles et de ses parties vocales, mais d&eacute;crit l&rsquo;influence exerc&eacute;e par les compositions de Rothman et de Dot Major sur son propre travail. Sa formule &eacute;claire la proximit&eacute; cr&eacute;ative qui s&rsquo;installe pendant la conception du disque : &laquo; Dan et Dot sont comme l&rsquo;autre partie de mon cerveau maintenant. &raquo;</p>
<p><em>If You Wait</em> na&icirc;t ainsi d&rsquo;une r&eacute;partition identifiable sans que les contributions restent isol&eacute;es. La guitare peut fournir le point de d&eacute;part, le piano amener une chanson et le studio transformer l&rsquo;ensemble en cr&eacute;ation collective. Ce fonctionnement explique aussi la longueur de la fabrication : chaque pi&egrave;ce est susceptible d&rsquo;&ecirc;tre retravaill&eacute;e &agrave; plusieurs &eacute;tapes.</p>
<h2>&laquo; Wasting My Young Years &raquo;, une rupture et le temps qui passe</h2>
<p>Parmi les chansons qui pr&eacute;c&egrave;dent et pr&eacute;parent l&rsquo;album, &laquo; Wasting My Young Years &raquo; poss&egrave;de une origine autobiographique marqu&eacute;e. Hannah Reid la relie &agrave; un ancien petit ami et &agrave; une p&eacute;riode de transition dans sa vie. Elle y aborde le sentiment d&rsquo;avoir pass&eacute; sa jeunesse dans une longue relation qui s&rsquo;ach&egrave;ve, ainsi que les effets de cette rupture sur la psychologie et la perception du temps.</p>
<p>Publi&eacute; comme l&rsquo;un des premiers singles importants d&rsquo;<em>If You Wait</em>, le morceau contribue &agrave; faire conna&icirc;tre London Grammar avant l&rsquo;arriv&eacute;e du disque. Il installe &eacute;galement l&rsquo;image m&eacute;lancolique et introspective alors associ&eacute;e au trio. Ici, le temps n&rsquo;est pas une id&eacute;e ajout&eacute;e apr&egrave;s coup : il se trouve au c&oelig;ur de l&rsquo;exp&eacute;rience personnelle &agrave; partir de laquelle Reid &eacute;crit.</p>
<p>&laquo; Strong &raquo; ouvre un autre versant de ce m&ecirc;me registre &eacute;motionnel. Les lectures critiques de la chanson soulignent la tension entre fragilit&eacute; et force dans son texte et dans l&rsquo;interpr&eacute;tation de Reid. Le morceau est notamment compris comme une r&eacute;flexion sur la facult&eacute; d&rsquo;encaisser les blessures &eacute;motionnelles, avant de devenir l&rsquo;un des singles les plus remarqu&eacute;s de l&rsquo;album.</p>
<h2>Produire, recommencer, r&eacute;&eacute;diter puis mixer</h2>
<p>Le travail ne s&rsquo;arr&ecirc;te pas une fois les compositions en place. Rothman d&eacute;crit un enregistrement fragment&eacute;, d&eacute;sordonn&eacute; et compliqu&eacute;, au cours duquel le groupe passe beaucoup de temps &agrave; d&eacute;velopper les titres dans plusieurs studios. Les morceaux sont produits, puis produits de nouveau et r&eacute;&eacute;dit&eacute;s avant que London Grammar ne s&rsquo;implique directement dans le mixage.</p>
<p>Cette succession d&rsquo;&eacute;tapes donne tout son sens &agrave; l&rsquo;anecdote de l&rsquo;&eacute;coute devenue difficile. Le trio ne rejette pas le r&eacute;sultat artistique : il a simplement entendu les chansons &laquo; mille fois &raquo; et sous trop de formes diff&eacute;rentes. Une fois l&rsquo;album termin&eacute;, chaque titre reste li&eacute; au souvenir de versions ant&eacute;rieures, de corrections et de choix longuement discut&eacute;s.</p>
<p>Le morceau &laquo; If You Wait &raquo; est, avant la sortie, pressenti pour donner son nom &agrave; l&rsquo;ensemble. Dan Rothman le rattache &agrave; la facette minimale, apais&eacute;e et atmosph&eacute;rique du groupe. Les sources disponibles ne permettent pas d&rsquo;attribuer une signification plus pr&eacute;cise au titre, mais &eacute;tablissent ce lien direct entre la chanson &eacute;ponyme et le nom finalement retenu pour l&rsquo;album.</p>
<h2>Une sortie &eacute;chelonn&eacute;e selon les territoires</h2>
<p><em>If You Wait</em> para&icirc;t initialement le 6 septembre 2013 dans le cadre de sa sortie internationale, notamment en Australie. C&rsquo;est cette date qui permet aujourd&rsquo;hui de c&eacute;l&eacute;brer ses 13 ans. Le calendrier varie toutefois l&eacute;g&egrave;rement selon les march&eacute;s : l&rsquo;album arrive le 9 septembre au Royaume-Uni, puis le 10 septembre sous forme num&eacute;rique aux &Eacute;tats-Unis, o&ugrave; l&rsquo;&eacute;dition physique est publi&eacute;e plus tard.</p>
<p>Le disque sort via Metal &amp; Dust Recordings et Ministry of Sound. Il atteint la deuxi&egrave;me place du classement des albums au Royaume-Uni comme en Australie, tout en entrant dans le top 10 ou le top 20 de plusieurs pays europ&eacute;ens, dont la France, la Belgique, l&rsquo;Irlande, les Pays-Bas et la Suisse.</p>
<p>Ses certifications prolongent cette trajectoire commerciale : <em>If You Wait</em> devient double platine au Royaume-Uni, platine en Australie et en Belgique, puis or en Allemagne. Le succ&egrave;s du premier album place rapidement London Grammar dans une nouvelle situation. Les interviews post&eacute;rieures montrent un groupe pr&eacute;parant son deuxi&egrave;me disque entre les tourn&eacute;es et une attente m&eacute;diatique d&eacute;sormais install&eacute;e.</p>
<h2>Treize ans apr&egrave;s, le souvenir d&rsquo;une fabrication sans raccourci</h2>
<p>L&rsquo;histoire d&rsquo;<em>If You Wait</em> tient moins &agrave; un moment de studio isol&eacute; qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;accumulation des reprises. Une boucle de guitare, un morceau apport&eacute; au piano ou un texte n&eacute; d&rsquo;une rupture pouvait encore changer au fil des maquettes, des sessions, des nouvelles productions et du mixage. Les dix-huit mois de travail racontent un trio qui construit simultan&eacute;ment ses chansons et sa mani&egrave;re de travailler ensemble.</p>
<p>Treize ans apr&egrave;s sa sortie initiale, l&rsquo;album ram&egrave;ne ainsi London Grammar &agrave; une exp&eacute;rience paradoxale : celle d&rsquo;un premier disque que le groupe avait fini par trop conna&icirc;tre pour pouvoir encore l&rsquo;&eacute;couter avec recul. Derri&egrave;re &laquo; Hey Now &raquo;, &laquo; Wasting My Young Years &raquo;, &laquo; Strong &raquo; et la chanson-titre appara&icirc;t surtout un patient travail de s&eacute;lection et de transformation, men&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;puisement des rep&egrave;res de ses propres auteurs.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Lenny Kravitz, 37 bougies pour Let Love Rule et le pari analogique de Hoboken</title>
      <description><![CDATA[Le 6 septembre 1989, Lenny Kravitz publiait aux &Eacute;tats-Unis son premier album studio, Let Love Rule. Trente-sept ans plus tard, le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Son histoire commence pourtant sans con...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:25:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/lenny-kravitz-37-bougies-pour-let-love-rule-et-le-pari-analogique-de-hoboken-401</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 6 septembre 1989, Lenny Kravitz publiait aux &Eacute;tats-Unis son premier album studio, <em>Let Love Rule</em>. Trente-sept ans plus tard, le disque f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui son anniversaire. Son histoire commence pourtant sans contrat, dans un studio analogique install&eacute; dans une ancienne usine de Hoboken, o&ugrave; une rencontre d&eacute;cisive, un budget limit&eacute; et le refus d&rsquo;une autre proposition conduisent Kravitz &agrave; b&acirc;tir lui-m&ecirc;me l&rsquo;essentiel de son projet.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant de devenir un album sign&eacute; chez Virgin Records, <em>Let Love Rule</em> est d&rsquo;abord une s&eacute;rie de d&eacute;mos r&eacute;alis&eacute;es par un musicien qui cherche encore sa voie en dehors de plusieurs projets de groupes. Entre 1987 et 1989, Lenny Kravitz s&rsquo;oriente vers une d&eacute;marche solo et commence &agrave; r&eacute;unir rock, soul, funk et influences des ann&eacute;es 1960. Le disque na&icirc;t ainsi moins d&rsquo;un plan &eacute;tabli par une maison de disques que d&rsquo;une m&eacute;thode trouv&eacute;e progressivement, loin des productions dominantes de la fin des ann&eacute;es 1980.</p>
<h2>Un studio dans une ancienne usine change la trajectoire</h2>
<p>La rencontre d&eacute;terminante se produit au milieu des ann&eacute;es 1980. Kravitz se rend avec un autre groupe dans le studio de l&rsquo;ing&eacute;nieur Henry Hirsch, &agrave; Hoboken, dans le New Jersey. Install&eacute; dans une ancienne usine sur le front de mer, le lieu se distingue par son &eacute;quipement et par l&rsquo;approche tr&egrave;s analogique de Hirsch. Kravitz y reconna&icirc;t le cadre de travail qu&rsquo;il cherchait.</p>
<p>Il quitte alors ce groupe pour r&eacute;aliser ses propres enregistrements avec l&rsquo;ing&eacute;nieur. Les premi&egrave;res d&eacute;mos de ce qui deviendra <em>Let Love Rule</em> prennent forme dans ce studio, avant m&ecirc;me que Kravitz ne dispose d&rsquo;un contrat. Cette collaboration apporte au projet une continuit&eacute; : Hirsch accompagne la recherche sonore, compl&egrave;te certains arrangements et intervient notamment sur des parties de claviers.</p>
<p>Les chansons sont &eacute;crites pendant une p&eacute;riode de transition personnelle marqu&eacute;e, selon les r&eacute;cits ult&eacute;rieurs de Kravitz, par des difficult&eacute;s familiales, sa vie en Californie et sa rencontre avec Lisa Bonet. Dans son livre <em>Let Love Rule</em>, publi&eacute; en 2020 et consacr&eacute; &agrave; son parcours jusqu&rsquo;&agrave; la sortie du disque, il revient sur cette phase au cours de laquelle il estime avoir trouv&eacute; sa voix musicale.</p>
<h2>Refuser un contrat pour pr&eacute;server un son encore sans label</h2>
<p>&Agrave; ce stade, aucune maison de disques ne porte encore le projet. Kravitz re&ccedil;oit pourtant une offre de contrat li&eacute;e &agrave; un autre groupe. L&rsquo;accepter aurait signifi&eacute; s&rsquo;&eacute;loigner des d&eacute;mos qu&rsquo;il vient d&rsquo;enregistrer avec Hirsch. Il choisit de d&eacute;cliner la proposition et de poursuivre seul, r&eacute;sumant plus tard sa d&eacute;cision ainsi : &laquo; J&rsquo;avais trouv&eacute; mon son et je m&rsquo;engageais &agrave; le suivre. &raquo;</p>
<p>Ce refus donne une direction nette &agrave; <em>Let Love Rule</em>. Kravitz ne cherche plus &agrave; inscrire ses chansons dans une formation existante : il organise le disque autour de son propre jeu et de la relation de travail &eacute;tablie avec Hirsch. Le projet reste n&eacute;anmoins fragile, puisqu&rsquo;il avance sans label et avec des moyens r&eacute;duits.</p>
<p>Virgin Records finit par signer l&rsquo;album. Le contrat intervient donc apr&egrave;s la d&eacute;finition de son orientation g&eacute;n&eacute;rale, et non avant. Cette chronologie explique en partie pourquoi le premier disque de Lenny Kravitz peut &ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute;, lors de sa publication, comme le travail d&rsquo;un quasi &laquo; one-man band &raquo;.</p>
<h2>Le manque de budget impose une m&eacute;thode solitaire</h2>
<p>Au moment des s&eacute;ances, Kravitz ne dispose pas de l&rsquo;argent n&eacute;cessaire pour engager des musiciens. Son budget passe dans le temps de studio. La contrainte d&eacute;termine directement l&rsquo;organisation de l&rsquo;enregistrement : il prend en charge les guitares, la basse, les claviers, une grande partie des percussions et l&rsquo;essentiel des voix.</p>
<p>Avec Henry Hirsch, il utilise des instruments, des amplificateurs et des microphones vintage, enregistr&eacute;s sur du mat&eacute;riel analogique. Pianos, Fender Rhodes et harmoniums trouvent &eacute;galement leur place sur plusieurs morceaux. Cette fa&ccedil;on de travailler distingue le disque des technologies alors courantes dans les productions destin&eacute;es aux radios. La presse sp&eacute;cialis&eacute;e rel&egrave;vera apr&egrave;s sa sortie ce contraste, ainsi que la combinaison d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments rock, funk, soul et folk.</p>
<p>Waterfront Studios, &agrave; Hoboken, demeure le centre du projet. Les cr&eacute;dits font toutefois appara&icirc;tre des s&eacute;ances compl&eacute;mentaires &agrave; Studio II, &agrave; Culver City, ainsi que des ajouts d&rsquo;orgue &agrave; T.C. Studios dans le New Jersey. Le disque est ensuite masteris&eacute; chez Sterling Sound. Derri&egrave;re l&rsquo;image d&rsquo;un album largement fa&ccedil;onn&eacute; par un seul musicien se trouve donc un parcours reliant plusieurs lieux, avec Hirsch comme partenaire technique principal.</p>
<h2>Une phrase sur un mur devient &laquo; Let Love Rule &raquo;</h2>
<p>L&rsquo;&eacute;pisode le plus pr&eacute;cis de la composition se d&eacute;roule en 1988 dans le loft new-yorkais de Kravitz, &agrave; Broome Street. Pr&egrave;s de l&rsquo;ascenseur, il inscrit trois mots qui correspondent alors &agrave; ses pens&eacute;es : &laquo; let love rule &raquo;. En les relisant &agrave; la sortie de l&rsquo;ascenseur, il comprend que cette phrase peut devenir une chanson.</p>
<p>Il rentre dans son appartement, saisit une guitare et compose imm&eacute;diatement le morceau. D&egrave;s le lendemain, il se rend au studio de Hoboken pour l&rsquo;enregistrer. &laquo; J&rsquo;avais &eacute;crit &ldquo;let love rule&rdquo; sur le mur &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&rsquo;ascenseur &raquo;, racontera-t-il plus tard. L&rsquo;inscription improvis&eacute;e fournit ainsi au projet sa chanson centrale, puis son titre.</p>
<p>Le morceau devient aussi le premier single de l&rsquo;album. Son parcours r&eacute;sume celui du disque : une id&eacute;e personnelle, d&eacute;velopp&eacute;e rapidement sans commande ext&eacute;rieure, puis enregistr&eacute;e dans le cadre analogique mis en place avec Hirsch. Ce qui n&rsquo;&eacute;tait qu&rsquo;une phrase trac&eacute;e dans un immeuble new-yorkais finit par donner son nom au premier album de Lenny Kravitz.</p>
<h2>Une pochette et un son &agrave; distance des codes de 1989</h2>
<p>La pr&eacute;sentation visuelle prolonge cette orientation. La pochette montre Kravitz dans un portrait photographique en noir et blanc dont l&rsquo;esth&eacute;tique r&eacute;tro accompagne les choix sonores de l&rsquo;album. Sans reproduire les codes visuels alors les plus courants, elle rend imm&eacute;diatement visible le d&eacute;calage recherch&eacute; avec une partie de la production contemporaine.</p>
<p>Cette coh&eacute;rence ne garantit toutefois pas une r&eacute;ception uniforme. Publi&eacute; par Virgin Records le 6 septembre 1989 aux &Eacute;tats-Unis &mdash; avant une distribution europ&eacute;enne l&eacute;g&egrave;rement d&eacute;cal&eacute;e selon les territoires &mdash; <em>Let Love Rule</em> obtient des r&eacute;sultats commerciaux am&eacute;ricains inf&eacute;rieurs aux attentes du label. L&rsquo;Europe lui r&eacute;serve un accueil plus favorable, tant dans la presse qu&rsquo;aupr&egrave;s d&rsquo;une partie du public.</p>
<p>Le contraste se prolonge dans les studios. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, The Black Crowes gardent ainsi <em>Let Love Rule</em> &agrave; port&eacute;e de main pendant l&rsquo;enregistrement de <em>Shake Your Money Maker</em>. L&rsquo;anecdote montre que le disque devient rapidement une r&eacute;f&eacute;rence sonore pour certains musiciens, alors m&ecirc;me que son impact commercial demeure limit&eacute; sur le march&eacute; am&eacute;ricain.</p>
<h2>Le point de d&eacute;part discographique de Lenny Kravitz</h2>
<p>Dans ses m&eacute;moires et ses entretiens r&eacute;trospectifs, Kravitz pr&eacute;sente <em>Let Love Rule</em> comme le disque qui lance v&eacute;ritablement sa carri&egrave;re. Le projet lui permet de passer du statut de musicien sans contrat &agrave; celui d&rsquo;un artiste identifi&eacute; par Virgin Records et rep&eacute;r&eacute; par des figures importantes du rock. Il pr&eacute;pare &eacute;galement la suite de son parcours discographique, notamment <em>Mama Said</em>.</p>
<p>Trente-sept ans apr&egrave;s sa sortie principale, l&rsquo;histoire de <em>Let Love Rule</em> reste d&rsquo;abord celle d&rsquo;une succession de choix concrets : quitter un groupe apr&egrave;s avoir d&eacute;couvert le studio de Henry Hirsch, enregistrer des d&eacute;mos sans label, refuser une autre offre et consacrer des moyens limit&eacute;s au temps de studio. Faute de pouvoir engager une formation, Kravitz transforme l&rsquo;enregistrement en travail presque solitaire.</p>
<p>L&rsquo;anniversaire du premier album de Lenny Kravitz ram&egrave;ne ainsi &agrave; Hoboken, l&agrave; o&ugrave; le projet a trouv&eacute; sa m&eacute;thode avant de trouver un contrat. Entre une ancienne usine &eacute;quip&eacute;e en analogique et un mur de Broome Street portant trois mots, <em>Let Love Rule</em> s&rsquo;est construit &agrave; partir de lieux modestes, de contraintes financi&egrave;res et d&rsquo;une d&eacute;cision centrale : poursuivre le son d&eacute;couvert pendant les d&eacute;mos jusqu&rsquo;&agrave; en faire un album.</p>]]></content:encoded>
    </item>
    <item>
      <title>Iggy Pop et Free : la liberté trouvée en laissant parler les autres</title>
      <description><![CDATA[Sorti le 6 septembre 2019, Free, le dix-huiti&egrave;me album studio d&rsquo;Iggy Pop, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 7 ans. Apr&egrave;s la tourn&eacute;e &eacute;prouvante de Post Pop Depression, le chanteur cherche m...]]></description>
      <pubDate>Sat, 05 Sep 2026 22:20:00 +0000</pubDate>
      <link>http://www.radiocollection.fr/news/iggy-pop-et-free-la-liberte-trouvee-en-laissant-parler-les-autres-400</link>
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      <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sorti le 6 septembre 2019, <em>Free</em>, le dix-huiti&egrave;me album studio d&rsquo;Iggy Pop, f&ecirc;te aujourd&rsquo;hui ses 7 ans. Apr&egrave;s la tourn&eacute;e &eacute;prouvante de <em>Post Pop Depression</em>, le chanteur cherche moins &agrave; prolonger cette trajectoire rock qu&rsquo;&agrave; retrouver une libert&eacute; cr&eacute;ative. Avec Leron Thomas et Noveller, il construit alors un disque collaboratif o&ugrave; sa voix se met aussi au service des textes de Lou Reed et Dylan Thomas.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&Agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2019, lorsqu&rsquo;Iggy Pop pr&eacute;sente <em>Free</em>, le titre tient presque lieu de programme. Trois ann&eacute;es se sont &eacute;coul&eacute;es depuis <em>Post Pop Depression</em>, accompagn&eacute;es de nombreux concerts. Au terme de cette p&eacute;riode intense, le chanteur &eacute;voque sa fatigue et r&eacute;sume le moteur du nouveau projet en cinq mots : &laquo; Je voulais me sentir libre. &raquo;</p>
<p>Cette libert&eacute; ne consiste pas simplement &agrave; changer de registre. Elle passe aussi par une modification de sa place au centre du disque. Plut&ocirc;t que de prolonger son image habituelle de frontman, Iggy Pop laisse davantage d&rsquo;espace aux musiciens, aux compositeurs et m&ecirc;me aux auteurs dont il reprend les mots. <em>Free</em> na&icirc;t ainsi d&rsquo;un mouvement de retrait relatif : sa voix reste centrale, mais le projet se construit largement &agrave; travers les id&eacute;es des autres.</p>
<h2>Apr&egrave;s <em>Post Pop Depression</em>, refuser de prolonger la m&ecirc;me voie</h2>
<p>Le contexte donne une signification particuli&egrave;re &agrave; cette d&eacute;cision. <em>Free</em> para&icirc;t cinquante ans apr&egrave;s le premier album des Stooges, un rapprochement relev&eacute; par plusieurs commentateurs lors de sa sortie. Pourtant, le disque de 2019 ne cherche pas &agrave; reproduire l&rsquo;&eacute;nergie associ&eacute;e &agrave; ces d&eacute;buts ni &agrave; poursuivre m&eacute;caniquement l&rsquo;&eacute;lan de <em>Post Pop Depression</em>.</p>
<p>Iggy Pop arrive au projet avec un sentiment de saturation li&eacute; &agrave; la tourn&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente. Son d&eacute;sir de libert&eacute; oriente donc moins un retour qu&rsquo;un d&eacute;placement. Le chanteur accepte de ne plus &ecirc;tre l&rsquo;unique force motrice d&rsquo;un album portant pourtant son nom. Il le formule explicitement au moment de sa publication : &laquo; C&rsquo;est un album dans lequel d&rsquo;autres artistes parlent pour moi. &raquo;</p>
<p>Cette phrase d&eacute;crit &agrave; la fois la m&eacute;thode et le r&eacute;sultat. Sur <em>Free</em>, la collaboration ne se limite pas &agrave; quelques participations ajout&eacute;es autour de chansons d&eacute;j&agrave; constitu&eacute;es. Elle devient la charpente m&ecirc;me du disque.</p>
<h2>Leron Thomas et Noveller au c&oelig;ur de <em>Free</em></h2>
<p>Deux partenaires occupent une place d&eacute;terminante dans cette construction. Le trompettiste et compositeur Leron Thomas est cr&eacute;dit&eacute; sur la majorit&eacute; des titres. &Agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s, la guitariste exp&eacute;rimentale Noveller signe la pi&egrave;ce d&rsquo;ouverture et participe &agrave; plusieurs compositions aux textures atmosph&eacute;riques.</p>
<p>Leur pr&eacute;sence permet &agrave; Iggy Pop d&rsquo;endosser diff&eacute;rents r&ocirc;les : coauteur sur certains morceaux, interpr&egrave;te sur d&rsquo;autres, r&eacute;citant lorsqu&rsquo;un texte ext&eacute;rieur devient le centre de la chanson. Ce partage des responsabilit&eacute;s correspond directement au besoin exprim&eacute; apr&egrave;s la tourn&eacute;e de <em>Post Pop Depression</em>. Au lieu de porter seul le disque, il s&rsquo;inscrit dans un noyau cr&eacute;atif o&ugrave; Leron Thomas et Noveller disposent d&rsquo;une r&eacute;elle place d&rsquo;&eacute;criture.</p>
<p>Le morceau-titre donne imm&eacute;diatement la mesure de ce choix. Courte, essentiellement instrumentale et &eacute;crite par Iggy Pop avec Noveller, la chanson &laquo; Free &raquo; ouvre l&rsquo;album comme une vignette flottante plut&ocirc;t que comme une entr&eacute;e rock traditionnelle. Avant m&ecirc;me que la voix prenne durablement possession du disque, l&rsquo;espace est laiss&eacute; &agrave; l&rsquo;atmosph&egrave;re et au travail de la guitariste.</p>
<h2>&laquo; Loves Missing &raquo;, un r&eacute;cit plut&ocirc;t qu&rsquo;un single rock classique</h2>
<p>Avec &laquo; Loves Missing &raquo;, la collaboration entre Iggy Pop et Leron Thomas prend une forme plus narrative. Tous deux cosignent le morceau, construit comme un r&eacute;cit quasi parl&eacute; sur une trame lente et tendue. Le m&eacute;lange de jazz, de rock et de spoken word illustre l&rsquo;une des directions principales de <em>Free</em> : la chanson n&rsquo;est plus n&eacute;cessairement organis&eacute;e autour des r&eacute;flexes d&rsquo;un single rock classique.</p>
<p>Cette place accord&eacute;e &agrave; la parole rapproche le disque d&rsquo;une lecture mise en musique. La voix d&rsquo;Iggy Pop ne dispara&icirc;t &eacute;videmment pas ; elle change de fonction. Elle raconte, r&eacute;cite et se glisse dans des structures con&ccedil;ues avec ses collaborateurs, plut&ocirc;t que de toujours dominer un accompagnement plac&eacute; derri&egrave;re elle.</p>
<p>La critique sp&eacute;cialis&eacute;e soulignera pr&eacute;cis&eacute;ment ce caract&egrave;re contemplatif et exp&eacute;rimental, ainsi que l&rsquo;importance du spoken word et des textures atmosph&eacute;riques. Cette r&eacute;ception correspond au projet annonc&eacute; d&egrave;s le d&eacute;part : un album pens&eacute; comme une &eacute;chapp&eacute;e apr&egrave;s une p&eacute;riode de tourn&eacute;e exigeante, et non comme une r&eacute;p&eacute;tition de la formule pr&eacute;c&eacute;dente.</p>
<h2>Lou Reed et Dylan Thomas pr&ecirc;tent leurs mots &agrave; Iggy Pop</h2>
<p>Le principe selon lequel d&rsquo;autres artistes &laquo; parlent &raquo; pour Iggy Pop devient litt&eacute;ral sur deux morceaux. &laquo; We Are the People &raquo; reprend un po&egrave;me de Lou Reed, interpr&eacute;t&eacute; par le chanteur sur une musique de Leron Thomas. Ici, l&rsquo;&eacute;criture rock conventionnelle c&egrave;de la place &agrave; une lecture musicale : le texte pr&eacute;existe, tandis que la composition et l&rsquo;interpr&eacute;tation lui donnent un nouveau cadre.</p>
<p>&laquo; Do Not Go Gentle into That Good Night &raquo; repose sur un dispositif comparable. Iggy Pop y r&eacute;cite le po&egrave;me de Dylan Thomas sur une composition de Noveller. Apr&egrave;s avoir ouvert l&rsquo;album avec lui sur &laquo; Free &raquo;, la guitariste accompagne ainsi une autre facette de son retrait cr&eacute;atif : il ne signe pas les mots, mais devient leur voix.</p>
<p>Ces deux pi&egrave;ces prolongent la dimension litt&eacute;raire du disque sans constituer de simples parenth&egrave;ses. Elles donnent une forme concr&egrave;te &agrave; la libert&eacute; recherch&eacute;e. Sur un album solo, Iggy Pop accepte que l&rsquo;identit&eacute; du projet r&eacute;sulte aussi d&rsquo;un po&egrave;me de Lou Reed, d&rsquo;un texte de Dylan Thomas, d&rsquo;une musique de Leron Thomas ou d&rsquo;une composition de Noveller.</p>
<h2>Trois morceaux d&eacute;voil&eacute;s avant le 6 septembre 2019</h2>
<p>La sortie de <em>Free</em> est pr&eacute;par&eacute;e progressivement pendant l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2019. Le morceau-titre est d&eacute;voil&eacute; en premier, suivi de &laquo; James Bond &raquo; puis de &laquo; Sonali &raquo;. Cette succession de singles permet de pr&eacute;senter plusieurs visages du projet avant sa publication compl&egrave;te par Loma Vista Recordings et Caroline International, sous licence de Thousand Mile Inc.</p>
<p>La date principale retenue est le 6 septembre 2019, notamment pour la France et dans le cadre de la sortie internationale. Certains documents promotionnels ont toutefois mentionn&eacute; le 13 septembre, cr&eacute;ant un d&eacute;calage d&rsquo;une semaine dans quelques r&eacute;f&eacute;rences discographiques. Cette indication secondaire ne remet pas en cause la date du 6 septembre g&eacute;n&eacute;ralement associ&eacute;e &agrave; l&rsquo;album.</p>
<p>Dans les mois qui suivent, <em>Free</em> entre notamment dans le top 100 britannique et appara&icirc;t dans plusieurs classements sp&eacute;cialis&eacute;s, avec des r&eacute;sultats mesur&eacute;s. Sa pr&eacute;sentation se poursuit &eacute;galement apr&egrave;s sa parution : une s&eacute;ance d&rsquo;&eacute;coute exclusive lui est consacr&eacute;e &agrave; New York en mars 2020, dans un cadre intimiste.</p>
<h2>Sept ans apr&egrave;s, un disque construit par l&rsquo;effacement</h2>
<p>Le parcours de <em>Free</em> raconte finalement moins une rupture spectaculaire qu&rsquo;un changement de m&eacute;thode. Fatigu&eacute; apr&egrave;s la s&eacute;quence de <em>Post Pop Depression</em>, Iggy Pop ne cherche pas &agrave; occuper davantage l&rsquo;espace. Il choisit au contraire de le partager, jusqu&rsquo;&agrave; confier une partie des mots, des compositions et de l&rsquo;architecture du disque &agrave; ses partenaires.</p>
<p>Sept ans apr&egrave;s sa sortie, l&rsquo;album permet ainsi de mesurer ce que recouvrait son titre. La libert&eacute; revendiqu&eacute;e par Iggy Pop passait par Leron Thomas, Noveller, Lou Reed et Dylan Thomas, mais aussi par une voix moins exclusivement frontale, capable de devenir r&eacute;cit ou r&eacute;citation. <em>Free</em> appara&icirc;t alors comme le r&eacute;sultat pr&eacute;cis de cette d&eacute;cision : se placer autrement au centre de son propre album.</p>]]></content:encoded>
    </item>
  </channel>
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