Richard Ashcroft célèbre aujourd’hui les 5 ans d’Acoustic Hymns Vol. 1, un album de douze réenregistrements puisés dans son parcours solo et celui de The Verve. Loin d’un simple dépouillement, le projet transforme ce répertoire grâce à de nouveaux arrangements, jusqu’aux cordes enregistrées à Abbey Road.
Pour mesurer le chemin parcouru par Richard Ashcroft, il suffit de revenir à Velvet Morning. Sur la version originale parue avec Urban Hymns, le chanteur avait utilisé un mégaphone acheté dans une brocante automobile la veille de l’enregistrement. Près d’un quart de siècle plus tard, au moment de reprendre la chanson pour Acoustic Hymns Vol. 1, il abandonne cet accessoire. Il estime désormais que sa voix peut porter directement toute l’ampleur du morceau.
Ce changement résume la démarche du disque, sorti le 29 octobre 2021. Ashcroft ne cherche pas seulement à reproduire ses chansons avec moins d’instruments : il les reprend depuis un autre point de sa carrière, avec une voix, un groupe et des arrangements nouveaux. Les douze titres couvrent une période qui commence avec les chansons écrites pour Urban Hymns et se prolonge dans son catalogue solo jusqu’aux environs de 2008.
Le lien avec The Verve est central. Les premières séances d’Urban Hymns avaient commencé à l’automne 1996, environ vingt-cinq ans avant la publication d’Acoustic Hymns Vol. 1. En réunissant des titres du groupe et de sa carrière solo sur un même album, Ashcroft les inscrit dans une continuité. Lors d’un entretien avec Virgin Radio UK, il décrivait lui-même cette sélection comme un parcours partant de 1997 et allant jusqu’à ses chansons solo écrites autour de 2008.
Cette réappropriation passe aussi par Chris Potter, associé à la production de The Verve et coproducteur du projet avec Ashcroft. Le chanteur retrouve également son groupe de scène habituel. Autour de cette formation interviennent Chuck Leavell au piano, Roddy Bloomfield aux cuivres, ainsi que Steve Wyreman à la guitare acoustique et aux chœurs.
Le mot « acoustique » ne signifie donc pas que les morceaux sont ramenés à une formule solitaire. Les arrangements de cordes de Wil Malone ont été enregistrés aux studios Abbey Road, donnant au projet une dimension orchestrale. La critique de NME a notamment relevé les nouvelles couleurs gospel de Space & Time et l’ampleur prise par plusieurs de ces relectures. L’album figure également dans la programmation de RADIO COLLECTION.
Parmi les transformations les plus significatives se trouve This Thing Called Life. Ashcroft jouait rarement ce morceau en concert. Il l’avait initialement enregistré avec le producteur No I.D. pour le projet RPA & The United Nations of Sound, avant de le reprendre entièrement pour cet album.
Son nouvel arrangement lui permet de rejoindre plus naturellement l’ensemble formé par les chansons de The Verve et celles de la carrière solo d’Ashcroft. Sa présence ne relève donc pas d’un simple choix rétrospectif : cette nouvelle version replace dans le répertoire du chanteur un titre auparavant lié à un projet distinct et à une autre collaboration de production.
Velvet Morning suit une logique comparable, mais par un geste différent. Là où This Thing Called Life est complètement réarrangé, l’ancienne chanson de The Verve se débarrasse de l’effet vocal qui caractérisait son premier enregistrement. Dans les deux cas, la reprise devient l’occasion de modifier la manière dont Ashcroft présente une chanson déjà publiée.
Le disque avait aussi été pensé en relation avec la scène. Ashcroft expliquait qu’il devait accompagner une tournée mondiale, perspective compromise par la pandémie. Cette conséquence donne un relief particulier au format retenu : les chansons ont été retravaillées avec son groupe live régulier et plusieurs invités, alors même que leur prolongement en tournée ne pouvait plus se dérouler comme envisagé.
Le projet comprend également une nouvelle version de C’mon People (We’re Making It Now) avec Liam Gallagher. Cette collaboration ajoute une autre voix identifiable à un album qui reste pourtant organisé autour de la façon dont Ashcroft relit son propre parcours. Entre les musiciens de scène, les cordes de Wil Malone et les interventions extérieures, Acoustic Hymns Vol. 1 conserve ainsi une production collective et ample.
Le public britannique a placé l’album à la deuxième place du classement officiel. Il s’agit du meilleur résultat de Richard Ashcroft depuis Keys to the World en 2006. Pour un disque constitué de nouvelles versions, ce classement donne une conséquence concrète à la démarche : les chansons issues de différentes étapes de sa carrière ont retrouvé une place commune, jusqu’à ramener Ashcroft près du sommet des ventes britanniques.
Cinq ans après sa sortie, l’image la plus parlante demeure celle de Velvet Morning. En 1997, un mégaphone de brocante s’interposait entre la voix et le micro. Sur Acoustic Hymns Vol. 1, Ashcroft choisit de s’en passer : un détail de studio qui raconte, à lui seul, la distance parcourue entre les deux versions.
La présentation officielle de Richard Ashcroft rassemble les principaux éléments de production du disque et raconte notamment l’histoire du mégaphone de Velvet Morning ainsi que le nouvel arrangement de This Thing Called Life.
L’entretien accordé à Virgin Radio UK permet à Ashcroft de préciser la période couverte par la sélection et le rôle de ses collaborateurs. Son entretien avec Radio X éclaire la dimension scénique du projet et les conséquences de la pandémie sur la tournée envisagée.
À lire aussi : retrouvez notre sélection consacrée aux anniversaires d’albums Pop Rock.
Album : Acoustic Hymns Vol. 1
Artiste : Richard Ashcroft
Anniversaire : 5 ans
Date de sortie : 29 octobre 2021
À retenir : Velvet Morning abandonne son mégaphone de brocante