Morten Harket a 67 ans, du piano classique au falsetto de Take On Me


14 septembre 2026

Morten Harket fête ce 14 septembre 2026 son 67e anniversaire. Avant de devenir la voix d’a-ha et l’un des visages les plus reconnaissables de l’ère MTV, le chanteur norvégien avait étudié la théologie et grandi loin des codes du rock.

Il suffit de quelques secondes de Take On Me pour reconnaître Morten Harket. Dans le refrain, sa voix s’élève jusqu’au falsetto et transforme une mélodie pop en véritable épreuve d’amplitude. Cette performance, devenue la signature sonore d’a-ha, ne raconte pourtant qu’une partie de son parcours. Né le 14 septembre 1959 à Kongsberg, en Norvège, le chanteur arrive à la pop par un chemin qui passe d’abord par le piano, la musique classique et même les études de théologie.

Harket apprend le piano vers l’âge de quatre ans. Son premier univers musical est essentiellement classique, bien éloigné de l’image de chanteur synth-pop qui s’imposera dans les années 1980. Lorsqu’il découvre ensuite la pop et le rock, il possède déjà une formation qui favorise la précision de l’intonation et la pureté du timbre. Sa manière de chanter conservera cette netteté, sans chercher à reproduire les attitudes vocales les plus rugueuses du rock.

À l’adolescence, sa vocation semble pourtant devoir prendre une tout autre direction. Il envisage de devenir prêtre et commence des études de théologie. Il les interrompt finalement pour se consacrer à la musique. Ce changement n’entraîne pas immédiatement un succès international : avant a-ha, Morten Harket rejoint le groupe rock Bridges, où il se familiarise avec la composition et la vie d’une formation professionnelle.

Trois Norvégiens à la conquête de la pop

Le tournant décisif se produit au début des années 1980. Morten Harket s’associe à Magne Furuholmen et Paul Waaktaar-Savoy pour former a-ha, actif autour de 1982-1983. Le trio réunit alors les éléments qui définiront son identité : des mélodies pop, une esthétique new wave et, au premier plan, une voix capable de circuler entre un registre de baryton et des notes aiguës en voix de tête.

L’explosion arrive en 1985 avec Take On Me et l’album Hunting High and Low. Le morceau place le falsetto de Harket au centre de l’attention, tandis que son clip mêlant animation et prises de vues réelles lui offre une exposition considérable. La chanson atteint le sommet des classements, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni, et fait du chanteur l’un des visages les plus médiatisés de la décennie.

Cette visibilité est aussi physique. Morten Harket est alors régulièrement présenté comme un heartthrob, incarnation du pouvoir de séduction de la pop à l’époque de MTV. Mais le succès du groupe ne repose pas uniquement sur une image ou sur un clip spectaculaire. La tessiture du chanteur donne à a-ha un élément immédiatement identifiable, particulièrement sensible dans les premiers singles.

The Sun Always Shines on TV, également extrait de Hunting High and Low, consolide cette percée internationale. La voix de Harket reste au cœur d’une production new wave plus ample, tandis que le titre obtient à son tour un impact notable dans les classements britanniques et internationaux. À la fin des années 1980, a-ha enregistre également The Living Daylights, thème d’un film de James Bond : le trio norvégien se retrouve ainsi chargé de porter musicalement une franchise cinématographique mondiale.

Après l’ascension, apprendre à durer

La première période d’a-ha se construit à travers plusieurs albums : Hunting High and Low, Scoundrel Days, Stay on These Roads puis East of the Sun, West of the Moon. Derrière l’ascension fulgurante de 1985 se dessine une carrière plus longue, qui ne peut se réduire à l’effet de surprise de Take On Me.

En 1994, a-ha marque une pause. Morten Harket ouvre alors un nouveau chapitre avec une carrière solo et plusieurs albums. Cette période lui permet de travailler hors du cadre du trio sans rompre définitivement avec ses partenaires historiques. Les retours ultérieurs d’a-ha installent une alternance entre expression individuelle et retrouvailles avec Magne Furuholmen et Paul Waaktaar-Savoy.

Le groupe publie encore plusieurs albums studio au fil des décennies et poursuit ses activités sur scène comme en studio jusqu’au milieu des années 2010. Cette continuité modifie progressivement la perception de Harket : derrière le visage associé aux années MTV demeure un chanteur dont le principal outil de travail exige maîtrise, souffle et précision.

La voix confrontée à la maladie

En juin 2025, Morten Harket révèle publiquement être atteint de la maladie de Parkinson. L’annonce donne une résonance particulière à tout ce qui, dans son parcours, dépend de la maîtrise du corps et de la voix. Le chanteur confie alors ne pas savoir s’il pourra continuer à chanter, en raison des atteintes possibles de la maladie sur ses capacités vocales.

Cette incertitude ne permet pas de conclure à un arrêt définitif de sa carrière ni de présumer de l’évolution de son état. Elle place cependant sa voix, longtemps célébrée pour son étendue et son contrôle, au centre d’une question désormais très concrète. Pour un interprète dont le nom reste lié à l’un des refrains les plus exigeants de la pop des années 1980, l’enjeu dépasse le symbole.

À 67 ans, Morten Harket demeure associé à cette trajectoire singulière : un enfant formé au piano classique, un étudiant en théologie devenu musicien de rock, puis le leader vocal d’un trio norvégien projeté au sommet des classements mondiaux. Au bout de ce parcours, une image reste intacte : celle d’un refrain de 1985 où sa voix quitte le baryton, gagne les hauteurs et porte Take On Me jusqu’à sa note la plus immédiatement reconnaissable.