Il y a un an, The Black Keys transformaient la tempête en « No Rain, No Flowers »


08 août 2026

Le 8 août 2025, The Black Keys publiaient No Rain, No Flowers, leur treizième album studio. Un disque arrivé dans un contexte particulier pour Dan Auerbach et Patrick Carney : quelques mois plus tôt, le duo avait traversé une période mouvementée après la sortie de Ohio Players et l’annulation de sa tournée 2024. Plutôt que de laisser cette mauvaise passe s’installer, les deux musiciens ont rapidement retrouvé leur refuge habituel : le studio.

Un an plus tard, No Rain, No Flowers apparaît ainsi comme l’album d’un rebond. Mais aussi comme celui d’une ouverture, puisque The Black Keys ont choisi de faire entrer dans leur processus d’écriture plusieurs collaborateurs venus d’univers parfois éloignés du blues-rock qui a fait leur réputation.

Retour à Nashville après une période mouvementée

L’album a été enregistré à Nashville, dans le studio Easy Eye Sound de Dan Auerbach. Malgré l’arrivée de plusieurs coauteurs et musiciens extérieurs, Auerbach et Patrick Carney sont restés aux commandes de la production.

Le contexte donne cependant une couleur particulière à ces sessions. Après l’annulation de leur tournée en 2024, le groupe aurait pu prendre ses distances avec les studios. Il choisit au contraire d’enchaîner rapidement avec un nouveau projet.

C’est dans cette période que prennent forme les chansons de No Rain, No Flowers. L’album sera officiellement annoncé le 16 mai 2025, en même temps que la publication de son morceau titre. Sa sortie est alors fixée au 8 août.

Mais la véritable particularité du disque se trouve peut-être dans la manière dont il a été écrit.

Rick Nowels, Daniel Tashian et Scott Storch invités dans l’univers des Black Keys

Pour ce nouvel album, Dan Auerbach et Patrick Carney ont travaillé notamment avec Rick Nowels, Daniel Tashian et Scott Storch.

Trois noms aux parcours très différents.

Rick Nowels est notamment associé à une longue carrière d’auteur et de producteur. Daniel Tashian s’est lui aussi imposé comme songwriter et producteur. Quant à Scott Storch, son parcours l’a conduit vers des productions très éloignées, sur le papier, de l’univers traditionnel des Black Keys.

Cette diversité ne semble pourtant pas avoir déstabilisé le duo. Elle devient au contraire l’un des moteurs du disque.

Dan Auerbach résumait ainsi l’enthousiasme du groupe à propos de Scott Storch : « Nous sommes obsédés par Scott Storch depuis le lycée. »

Une admiration ancienne qui s’est finalement transformée en collaboration en studio.

« No Rain, No Flowers », une chanson née d’une simple idée

Le morceau qui donne son nom à l’album possède lui-même une histoire révélatrice de cette nouvelle méthode de travail.

Rick Nowels serait arrivé avec le titre No Rain, No Flowers. Dan Auerbach et Patrick Carney ont ensuite développé rapidement la chanson autour de cette idée.

L’expression résume presque malgré elle la situation dans laquelle se trouvent alors les Black Keys : après une période difficile, quelque chose de nouveau peut naître.

Sans transformer le titre en déclaration autobiographique que le groupe n’a pas explicitement formulée ainsi, le rapprochement est difficile à ignorer. Les sessions interviennent précisément après les difficultés liées à la tournée annulée, et Auerbach a lui-même associé la naissance de la chanson à cette période plus morose.

Le morceau est choisi pour ouvrir la campagne de l’album : il est publié le 16 mai 2025, le jour même de l’annonce officielle du disque.

« The Night Before », créée presque en direct

Daniel Tashian joue lui aussi un rôle important dans la fabrication de l’album.

The Night Before fait partie des premières chansons écrites avec lui. Dan Auerbach a raconté que le titre était né au cours de sessions particulièrement directes à Nashville, les musiciens jouant ensemble dans la pièce avec guitare, basse et batterie.

« The Night Before a été l’une des premières choses que nous avons écrites avec lui », expliquait Auerbach.

Cette façon de travailler permet de comprendre l’esprit général du projet : accueillir des auteurs extérieurs sans pour autant transformer les Black Keys en groupe d’interprètes. Les idées arrivent, sont confrontées immédiatement aux instruments et passent par le filtre d’Auerbach et Carney.

Sur « Babygirl », les grognements de Scott Storch restent dans le morceau

L’une des anecdotes les plus savoureuses de l’enregistrement concerne Babygirl.

Scott Storch y joue du piano. Pendant sa performance, le musicien laisse échapper des respirations et des grognements. Des bruits qui auraient très bien pu disparaître lors du mixage.

Dan Auerbach décide pourtant de les conserver.

Ces sons deviennent presque un élément supplémentaire de la rythmique, une sorte de percussion humaine involontaire intégrée au morceau.

Auerbach s’est montré particulièrement enthousiaste après cette collaboration : « Il a été tout ce que nous pensions qu’il serait, et plus encore. »

Une petite histoire de studio qui illustre bien l’état d’esprit de No Rain, No Flowers : privilégier ce qui se passe réellement dans la pièce plutôt que chercher à tout lisser.

Un lancement progressif avant la sortie de l’album

The Black Keys n’ont pas attendu le 8 août pour dévoiler le visage du disque.

Après No Rain, No Flowers en mai, plusieurs morceaux ont accompagné la montée vers la sortie de l’album, parmi lesquels The Night Before, Babygirl, Man on a Mission ou encore On Repeat.

Man on a Mission, coécrit avec Daniel Tashian, fait notamment partie des chansons utilisées pour installer progressivement le nouvel album auprès du public.

La stratégie permettait de révéler plusieurs facettes du disque avant sa publication complète.

Un accueil commercial mesuré

À sa sortie, No Rain, No Flowers atteint la 52e place du Billboard 200 aux États-Unis et la 11e position du classement Top Rock & Alternative Albums.

Au Royaume-Uni, l’album se classe 47e du classement officiel des albums.

Des résultats qui ne placent pas ce treizième album parmi les plus grands phénomènes commerciaux de l’histoire des Black Keys, mais qui témoignent de la capacité du duo à poursuivre son parcours plus de vingt ans après ses débuts.

« No Rain, No Flowers », l’album du rebond

Un an après sa sortie, c’est probablement cet aspect qui rend No Rain, No Flowers intéressant à revisiter.

Le disque est né à un moment où The Black Keys auraient pu ralentir. Dan Auerbach et Patrick Carney ont fait exactement l’inverse : retour au studio, nouvelles chansons et surtout nouvelles rencontres.

Rick Nowels apporte l’idée qui donnera son titre au projet. Daniel Tashian participe aux premières sessions d’écriture. Scott Storch se retrouve derrière un piano, jusqu’à voir ses propres grognements intégrés au mix.

Autant de petites histoires qui racontent mieux l’album qu’une simple liste de titres.

Et son nom paraît, un an plus tard, particulièrement bien choisi : No Rain, No Flowers. Pas de pluie, pas de fleurs. Après une période agitée, The Black Keys auront choisi de retourner en studio pour faire pousser la suite.