01 septembre 2026
Maroon 5 célèbre aujourd’hui les 12 ans de V, son cinquième album studio, publié entre le 29 août et le 2 septembre 2014 selon les territoires et les sources discographiques. Premier disque du groupe distribué par Interscope avec 222 Records, il est né d’une méthode collective et morcelée : des chansons venues de nombreux auteurs, des fichiers transmis à distance et une base de travail installée à Los Angeles.
Aux Conway Studios de Los Angeles, Maroon 5 ne commence pas toujours devant une page blanche. Pendant la préparation de V, des fichiers arrivent de différents producteurs avant que les musiciens n’y ajoutent leurs parties instrumentales. Cette organisation, décrite par le guitariste James Valentine, résume la fabrication du disque : un projet assemblé entre plusieurs équipes et plusieurs lieux, puis ramené vers le groupe dans un même studio.
Un cinquième album dans un nouvel environnement
Le titre V renvoie directement au chiffre cinq en numération romaine. Derrière cette apparente simplicité, l’album correspond aussi à une reconfiguration concrète pour Maroon 5. Après son départ d’A&M Octone Records, le groupe publie pour la première fois un disque par l’intermédiaire d’Interscope, en partenariat avec 222 Records, le label d’Adam Levine.
Maroon 5 est alors déjà installé dans les classements pop, mais ce changement modifie son environnement de distribution et accompagne une nouvelle étape de son travail en studio. Le projet ne constitue toutefois pas une rupture totale avec Overexposed, paru en 2012. Durant cette période précédente, le groupe avait déjà développé une méthode reposant sur la recherche de chansons, puis sur leur transformation par l’ajout de ses propres éléments.
Pour V, Adam Levine explique vouloir trouver « des types de chansons différents ». Le principe consiste à repérer des titres jugés suffisamment solides, même lorsqu’ils proviennent d’auteurs extérieurs, puis à leur donner la marque de Maroon 5. L’album prend ainsi forme moins comme une session continue que comme la convergence de propositions venues de plusieurs directions.
Conway Studios comme point de ralliement
L’enregistrement principal s’étend sur environ six mois. James Valentine présente les Conway Studios comme « une base de travail », autour de laquelle s’organise le projet. Les productions circulent sous forme de fichiers, les musiciens récupèrent ces matériaux, puis enregistrent les parties destinées à les intégrer au disque.
Cette mécanique éclatée permet de comprendre la longueur de la liste des collaborateurs. Benny Blanco, Max Martin, Shellback, Sia, Ryan Tedder et Nate Ruess figurent parmi les auteurs et producteurs extérieurs mobilisés. Plutôt que de réunir une seule équipe autour d’une méthode uniforme, V se construit donc par apports successifs, avec Conway comme lieu de rassemblement.
Le rôle du groupe demeure précisément situé dans ce processus : il intervient sur des chansons et des productions déjà avancées afin d’y inscrire ses parties. L’image donnée par Valentine est celle d’un atelier central recevant des éléments préparés ailleurs. Cette manière de travailler prolonge la logique expérimentée autour de Overexposed, mais à une échelle collaborative particulièrement large.
« Sugar », une chanson d’abord destinée à Mike Posner
L’histoire de « Sugar » offre l’exemple le plus concret de cette circulation des chansons. Le morceau est initialement écrit pour Mike Posner et doit apparaître sur son projet Pages. Adam Levine l’entend et se dit « complètement bluffé ». Il demande alors à pouvoir l’utiliser pour Maroon 5.
La chanson ne change pas immédiatement de destinataire. C’est le report du projet de Posner qui ouvre finalement la voie à son intégration dans V. Mike Posner cède le titre, puis Adam Levine en retravaille certains éléments du texte. Une composition pensée pour un autre artiste devient ainsi l’une des pièces les plus exposées du cinquième album de Maroon 5.
Son enregistrement reflète lui aussi la géographie fragmentée du projet. « Sugar » passe par Conway Recording Studios à Hollywood, Luke’s in the Boo à Malibu et The Mothership à Sherman Oaks. Le mixage est ensuite réalisé à MixStar Studios, en Virginie. Du premier projet de Mike Posner jusqu’au mixage final, le morceau traverse donc plusieurs mains, plusieurs studios et plusieurs étapes de réécriture.
De « Maps » à « Animals », une campagne menée par étapes
Avant que « Sugar » ne devienne l’un des titres associés à l’album, « Maps » ouvre la campagne de lancement de V. Choisi comme premier single majeur, le morceau atteint des positions élevées dans plusieurs territoires. « Animals » prend ensuite place dans la série de singles, avant que « Sugar » ne prolonge la visibilité du disque entre 2014 et 2015.
Cette succession correspond à la structure même du projet : plusieurs chansons capables d’exister séparément viennent soutenir un album conçu à partir de collaborations distinctes. « Maps », « Animals » et « Sugar » ne partagent pas dans le dossier une histoire de fabrication aussi détaillée, mais leur enchaînement montre comment la publication a été accompagnée sur la durée plutôt que concentrée sur un seul titre.
Une sortie répartie sur plusieurs dates
La parution de V ne se résume pas à une date unique. Une sortie commerciale est documentée dès le 29 août 2014 en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs autres territoires. Certaines notices retiennent le 1er septembre, tandis que plusieurs sources situent la publication américaine au 2 septembre. En ce 1er septembre 2026, l’album atteint ainsi ses 12 ans autour d’un calendrier de lancement réparti sur plusieurs jours.
Aux États-Unis, V débute à la première place du Billboard 200 avec 164 000 exemplaires vendus lors de sa première semaine. Sa trajectoire commerciale se poursuit ensuite : le disque obtient notamment une certification platine au Royaume-Uni et triple platine aux États-Unis.
Ce que les 12 ans de V racontent de sa fabrication
Revenir aujourd’hui sur V, c’est retrouver Maroon 5 au milieu d’un changement de label sans pour autant abandonner la méthode mise en place auparavant. Le groupe conserve son principe de sélection et d’appropriation des chansons, mais l’inscrit dans un réseau élargi d’auteurs, de producteurs et de studios.
Le parcours de « Sugar » en constitue le meilleur résumé : une chanson destinée à Mike Posner, récupérée après le report de son projet, remaniée par Adam Levine, enregistrée sur plusieurs sites puis intégrée à une campagne de singles déjà lancée par « Maps ». Douze ans après sa sortie, V apparaît ainsi comme le produit d’un travail de circulation et d’assemblage, avec les Conway Studios pour point de ralliement et Maroon 5 pour centre de gravité.