08 septembre 2026
Nothing But Thieves célèbre aujourd’hui les 9 ans de Broken Machine, sorti le 8 septembre 2017. Pour son deuxième album, le groupe britannique prolonge l’élan de ses tournées tout en élargissant sa méthode de travail avec le producteur Mike Crossey. Le contraste entre « Amsterdam », premier signal direct pensé pour la scène, et « Sorry », plus introspectif, raconte un disque conçu pour montrer plusieurs visages.
Entre 2015 et 2017, Nothing But Thieves passe rapidement du premier album à la nécessité de lui donner une suite. La formation de Southend-on-Sea gagne en notoriété et multiplie les concerts dans les clubs britanniques comme en Europe. C’est dans ce mouvement, sans véritable rupture avec la scène, que prennent forme les chansons de Broken Machine.
Un deuxième album nourri par les concerts
Le groupe arrive à ce nouveau projet avec l’expérience accumulée sur la route. Au printemps 2017, une courte tournée accompagne notamment « Amsterdam », quelques mois avant la publication de l’album. Ces concerts alimentent l’envie d’écrire des morceaux plus directs, capables de produire un effet immédiat devant un public.
Cette orientation ne résume pourtant pas Broken Machine. Là où « Amsterdam » doit frapper rapidement, le disque ménage aussi des passages plus mélodiques et introspectifs. La construction de l’album repose précisément sur cette coexistence : conserver l’énergie développée en concert sans enfermer Nothing But Thieves dans une seule manière d’écrire.
Le travail reste organisé autour du noyau créatif formé par Conor Mason, Joe Langridge-Brown et Dominic Craik. Tous trois cosignent la plupart des chansons à partir de maquettes associant riffs de guitare, motifs électroniques et lignes vocales. Cette méthode collective fournit la matière que la production va ensuite densifier.
Mike Crossey élargit le cadre de Broken Machine
Pour produire ce deuxième album, Nothing But Thieves choisit Mike Crossey, notamment connu pour son travail avec Arctic Monkeys. Son intervention permet au groupe d’aller plus loin que sur son premier disque dans l’accumulation des couches de guitares, les traitements appliqués à la voix et l’intégration d’éléments électroniques.
Les sources disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément le déroulement des séances de 2016 et 2017. Elles montrent toutefois le résultat de cette collaboration : des arrangements plus fournis, un usage renforcé des dynamiques et des structures que la presse spécialisée décrira, à la sortie, comme plus ambitieuses que celles du premier album.
Le rôle de Crossey s’inscrit ainsi dans une évolution mesurable plutôt que dans une rupture totale. Les maquettes conservent les composantes centrales de l’écriture du groupe, tandis que la production multiplie les textures disponibles. Broken Machine devient le lieu où Nothing But Thieves met à l’épreuve cette palette élargie.
« Amsterdam », premier signal envoyé depuis la scène
Le 2 mai 2017, « Amsterdam » ouvre la campagne des singles. Coécrite par Conor Mason, Joe Langridge-Brown et Dominic Craik, la chanson est présentée comme un titre plus direct et abrasif, conçu pour attirer immédiatement l’attention en concert. Son choix installe d’abord le versant le plus nerveux du futur album.
La proximité entre sa publication et les dates données au printemps lui confère une fonction particulière. Avant même que Broken Machine ne soit disponible, « Amsterdam » sert de carte de visite scénique au projet. Le morceau annonce un groupe attentif à la façon dont ses nouvelles compositions peuvent fonctionner dans les clubs, puis sur des scènes plus vastes.
Ce premier aperçu aurait pourtant donné une image incomplète du disque. Nothing But Thieves organise donc la suite de sa présentation autour de chansons qui déplacent progressivement le regard.
« Sorry » révèle l’autre versant du disque
Le 14 août 2017, quelques semaines avant la sortie, « Sorry » introduit un contrepoint plus mélodique et introspectif. La chanson place davantage en avant la vulnérabilité portée par la voix de Conor Mason. Après l’impact immédiat recherché avec « Amsterdam », ce deuxième single indique que l’album ne suivra pas une ligne uniforme.
Le morceau-titre « Broken Machine » paraît à son tour le 21 août. Il rassemble riffs de guitare et textures électroniques, tout en ouvrant les paroles à des sujets plus larges que les récits relationnels associés au premier disque. Sans expliquer l’origine du titre de l’album, qui n’est pas documentée, la chanson donne une illustration concrète du nouveau champ d’écriture exploré par le groupe.
Le 26 août, « I’m Not Made by Design » complète cette révélation progressive. Après la sortie de l’album, « Particles » prolongera encore le cycle des singles en janvier 2018. La campagne ne repose donc pas sur une seule chanson locomotive : elle expose successivement plusieurs registres de Broken Machine.
Une sortie internationale pensée dans plusieurs formats
Le 8 septembre 2017, Sony Music UK et RCA Records publient l’album simultanément sur plusieurs territoires. Des éditions européennes, britanniques, américaines et japonaises sont proposées, avec des références propres. En Europe, Broken Machine paraît notamment en vinyle, cassette et CD, tandis que le Royaume-Uni bénéficie également de versions limitées et signées.
L’édition standard compte onze morceaux, mais le projet existe dès son lancement sous des formes deluxe enrichies de titres supplémentaires. Ces bonus prolongent les thèmes et les expérimentations sonores du disque. Pour une partie du public, ces versions étendues finissent même par constituer la forme de référence de l’album.
Cette diversité d’éditions accompagne une publication préparée à l’échelle internationale. Elle correspond aussi à la position occupée par Nothing But Thieves en 2017 : celle d’un groupe britannique dont le deuxième album doit être disponible au même moment sur plusieurs marchés, après deux années de progression et de concerts.
De la deuxième place britannique aux tournées élargies
À sa sortie, Broken Machine atteint la deuxième place du UK Albums Chart. L’album obtient ensuite une certification or au Royaume-Uni auprès de la BPI, ainsi qu’une certification or aux Pays-Bas. Ces résultats donnent une traduction commerciale précise à l’élargissement international engagé autour du disque.
Le cycle de l’album conduit également Nothing But Thieves vers des tournées plus importantes, avec des concerts en tête d’affiche et des passages en festivals. « Amsterdam » et « Sorry », pourtant placées aux deux extrémités du spectre présenté avant la sortie, deviennent rapidement des moments forts des setlists. Le contraste qui structurait la campagne du disque se prolonge ainsi sur scène.
Neuf ans après sa sortie, Broken Machine raconte donc moins une transformation brutale qu’un agrandissement méthodique. Les tournées fournissent l’élan, le trio Mason-Langridge-Brown-Craik organise l’écriture, puis Mike Crossey enrichit les arrangements et les traitements sonores. La succession des singles se charge enfin de rendre cette évolution lisible avant même la parution.
Entre l’efficacité recherchée pour « Amsterdam » et l’exposition plus vulnérable de « Sorry », Nothing But Thieves a construit un deuxième album capable d’accompagner son passage vers des scènes et des marchés plus larges. Son neuvième anniversaire rappelle aujourd’hui comment ce changement d’échelle s’est joué : non autour d’un morceau unique, mais dans la réunion de plusieurs directions au sein d’un même disque.