15 octobre 2026
Coldplay célèbre aujourd’hui les cinq ans de Music of the Spheres, un album né sous les contraintes de la pandémie et construit comme un voyage interplanétaire. Avec Max Martin à la production, une chanson vieille de dix ans remise en chantier et des collaborations avec BTS, Selena Gomez ou Jacob Collier, le groupe a profondément renouvelé sa méthode de travail.
Pour enregistrer son neuvième album studio, Coldplay a dû apprendre à travailler dans un monde où se réunir n’allait plus de soi. La pandémie a compliqué les séances et contraint les quatre musiciens à se retrouver à plusieurs reprises dans différents pays, au sein de bulles de travail autorisées. Cette organisation inhabituelle a accompagné un autre bouleversement majeur : l’arrivée de Max Martin à la production.
Chris Martin a raconté que le producteur suédois avait poussé le groupe à « raise our game », autrement dit à élever son niveau d’exigence. La formule résume l’enjeu de cette collaboration : après deux décennies de carrière, Coldplay acceptait de soumettre ses habitudes au regard d’un producteur extérieur particulièrement présent dans la pop contemporaine. Les restrictions sanitaires n’ont donc pas seulement constitué un obstacle logistique. Elles ont encadré un disque réalisé au moment où le groupe changeait concrètement de méthode.
Un système solaire pour relier les chansons
Music of the Spheres inscrit cette transformation dans une mise en scène cosmique explicite. Pour annoncer l’album, Coldplay dévoile un voyage animé à travers les planètes représentées sur sa pochette. Une phrase sert de fil conducteur à cet univers : « Everyone is an alien somewhere », que l’on pourrait traduire par « Nous sommes tous l’extraterrestre de quelqu’un ».
Ce décor interplanétaire donne un cadre commun à un album largement ouvert aux rencontres. BTS participe à My Universe, Selena Gomez partage Let Somebody Go avec Chris Martin, tandis que le duo We Are King et Jacob Collier apparaissent sur Human Heart. Plus qu’une simple accumulation de noms, cette série de collaborations place différentes voix au cœur du projet cosmique imaginé par Coldplay.
Let Somebody Go illustre directement cette ouverture. Conçue comme une chanson de séparation, la ballade devient un duo grâce à la présence de Selena Gomez. La chanteuse rejoint ainsi un album produit par Max Martin et pensé par Coldplay comme un espace où plusieurs univers pop peuvent se rencontrer. Music of the Spheres, également diffusé sur RADIO COLLECTION, associe ainsi son concept visuel à une distribution particulièrement internationale.
People of the Pride, une chanson attendue pendant dix ans
La collaboration la plus ancienne de l’album est pourtant celle que Coldplay mène avec son propre passé. Lorsque People of the Pride trouve enfin sa place sur le disque, la chanson a déjà une longue histoire derrière elle. Chris Martin a indiqué que le groupe avait commencé à la travailler près de dix ans auparavant, sans parvenir à l’achever.
Le morceau ne s’est donc pas contenté d’attendre dans les archives. Sa version finale a été nourrie par les mobilisations dont Chris Martin a été témoin, notamment les marches Black Lives Matter et les marches des fiertés LGBT. « A lot of it came from the Black Lives Matter and Gay Pride marches », a-t-il expliqué. Le chanteur présente People of the Pride comme une chanson de protestation face à une situation qu’il juge absurde.
Cette trajectoire donne au titre une place singulière dans l’histoire de l’album. Une idée que le groupe n’avait pas réussi à terminer pendant près d’une décennie rencontre finalement un contexte social qui contribue à sa nouvelle forme et à son propos. Au milieu des planètes fictives de Music of the Spheres, People of the Pride reste ainsi directement reliée aux mobilisations du monde réel.
Une ouverture pop immédiatement récompensée
Avec Max Martin, Coldplay ne se contente pas d’accueillir un nouveau producteur. Le groupe rassemble sur un même disque BTS, Selena Gomez, We Are King et Jacob Collier, tout en reprenant une composition ancienne devenue chanson de protestation. La fabrication en bulles, les collaborations et le retour de People of the Pride racontent trois facettes d’un même mouvement : modifier les conditions de création sans abandonner les idées laissées en suspens.
À sa parution, Music of the Spheres atteint la première place de l’Official Albums Chart britannique. Ce résultat offre un impact commercial immédiat à cette nouvelle méthode de travail dans le pays d’origine de Coldplay. Cinq ans plus tard, l’histoire du disque reste surtout celle d’un groupe obligé de travailler à distance, mais décidé à élargir le cercle : vers un producteur extérieur, vers plusieurs invités et vers une chanson commencée dix ans plus tôt.
Sources et pour aller plus loin
L’entretien accordé par Chris Martin à The Guardian éclaire les séances organisées en bulles pendant la pandémie ainsi que le rôle joué par Max Martin dans l’évolution de la méthode de Coldplay. L’entretien de couverture publié par NME revient sur la longue gestation de People of the Pride, son lien avec les marches Black Lives Matter et les fiertés, ainsi que les principales collaborations de l’album.
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