Pour ses 55 ans, Peter Salisbury raconte en creux l’histoire collective de The Verve


24 septembre 2026

Peter Salisbury fête aujourd’hui ses 55 ans. Du premier concert de The Verve dans un pub de Wigan aux sessions de Forth, le batteur fondateur a traversé les séparations, les retrouvailles et le succès mondial d’un groupe construit autour de quatre musiciens.

Avant les grandes tournées et le succès d’Urban Hymns, il y a un pub de Wigan. En août 1991, The Verve y donne sa première prestation à l’occasion de l’anniversaire d’un ami. Richard Ashcroft, Nick McCabe, Simon Jones et Peter Salisbury forment alors le noyau d’un groupe apparu autour de 1990. Cette scène modeste résume déjà la place du batteur : moins exposé que le chanteur, mais présent dès le commencement de l’aventure.

Né à Bath le 24 septembre 1971, Peter Salisbury avait pratiqué la batterie dans un orchestre de marche au collège. Le passage de cette première expérience à The Verve reste peu documenté, mais la continuité instrumentale est nette. Lorsqu’il rejoint Ashcroft, McCabe et Jones, il ne devient pas un accompagnateur recruté après coup : il participe à la formation originelle et s’inscrit dans la structure même du groupe.

Quatre musiciens au cœur du même mouvement

Le fonctionnement de The Verve repose sur l’interaction entre la batterie de Salisbury, la basse de Simon Jones, la guitare de Nick McCabe et l’écriture de Richard Ashcroft. Cette répartition interdit de réduire l’histoire du groupe à sa seule figure frontale. Salisbury appartient à une mécanique collective dans laquelle chaque instrument contribue à l’ensemble, sans que la création puisse être attribuée artificiellement à un seul membre.

Cette précision est particulièrement importante lorsqu’il est question de Bitter Sweet Symphony. Devenu le titre emblématique de The Verve, le morceau a largement participé à la notoriété internationale du groupe dans le sillage d’Urban Hymns. Rien ne permet cependant d’en faire une création personnelle de Salisbury. Sa place doit être comprise à l’échelle de la formation, comme celle du batteur d’un quatuor dont la force dépend précisément de l’articulation entre ses membres.

Avec Urban Hymns, The Verve change de dimension. En 1998, l’album avait déjà dépassé quatre millions d’exemplaires vendus dans le monde. Outre Bitter Sweet Symphony, il est associé à The Drugs Don’t Work et Lucky Man. Ce disque, également présent dans la programmation de RADIO COLLECTION, constitue le point de reconnaissance le plus fort du parcours collectif auquel Salisbury a pris part.

Une séparation, puis l’évidence du quatuor

Le succès ne garantit pourtant pas la stabilité. The Verve connaît une première séparation à la fin des années 1990, après une période d’activité durant laquelle Salisbury est resté au poste de batteur. L’histoire aurait pu s’arrêter sur cette rupture, mais une tentative menée en studio va rappeler combien l’équilibre initial demeure difficile à remplacer.

Après la séparation, Richard Ashcroft, Simon Jones et Peter Salisbury commencent en effet à travailler ensemble sur un projet encore sans nom. Nick McCabe n’est d’abord pas présent. Les trois musiciens finissent toutefois par le rappeler, considérant que la musique n’a pas de sens sans lui. L’épisode éclaire moins une hiérarchie qu’une dépendance réciproque : même réunis à trois, les anciens partenaires reconnaissent la nécessité de retrouver la formation classique.

Pour Salisbury, ce moment confirme une constante de son parcours. Son histoire au sein de The Verve se raconte par le groupe, ses ruptures et ses recompositions. Il participe aux principales périodes d’activité, d’abord jusqu’en 1999, puis lors de la reformation de 2007-2008. Entre ces deux séquences, le lien musical avec certains de ses anciens partenaires ne disparaît pas complètement.

Forth, le retour et l’urgence du studio

La reformation conduit à Forth, album qui matérialise le retour discographique de The Verve. Les séances donnent aussi l’un des rares aperçus précis du travail de Peter Salisbury en studio. Évoquant la genèse du disque, le batteur indique que certains éléments ont été enregistrés très rapidement, au cours des trois premiers jours. Cette vitesse souligne le caractère immédiat du travail collectif retrouvé.

Forth ne doit donc pas être présenté comme l’œuvre isolée d’un membre, mais comme le produit d’une formation revenue à son architecture familière. Salisbury y retrouve Simon Jones, Nick McCabe et Richard Ashcroft, plusieurs années après la première grande période du groupe. La rapidité d’une partie des enregistrements montre que les retrouvailles ne se limitent pas à une annonce : elles prennent forme dans une pratique commune du studio.

En dehors de The Verve, Salisbury a poursuivi son activité auprès d’autres musiciens. Il a joué avec Black Rebel Motorcycle Club et collaboré avec Richard Ashcroft sur plusieurs albums solo. Ces participations prolongent son rôle de batteur au-delà du groupe fondateur, tout en maintenant un lien concret avec son ancien chanteur.

Son parcours comporte enfin un autre prolongement, directement lié à son instrument : Peter Salisbury a ouvert à Stockport une boutique de batteries baptisée Drummin’. De l’orchestre de marche de ses années de collège à ce magasin spécialisé, en passant par le pub de Wigan, Urban Hymns et les sessions rapides de Forth, la batterie reste le fil le plus tangible de son histoire.

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