Il y a 27 ans, Tom Jones transformait Reload en laboratoire de collaborations


27 septembre 2026

Tom Jones publiait Reload il y a 27 ans, avec l’ambition de renouveler son univers au contact d’artistes contemporains. De Stereophonics à The Cardigans, en passant par Robbie Williams, Portishead ou Van Morrison, ces rencontres en studio ont replacé le chanteur gallois au sommet des ventes britanniques.

Pour relancer son parcours, Tom Jones aurait pu revisiter seul les chansons qui avaient établi sa réputation depuis les années 1960. Avec Reload, il choisit au contraire de partager chaque étape avec des artistes de générations et d’esthétiques différentes. Le disque rassemble 17 titres, principalement des reprises, mais son véritable fil conducteur tient moins au répertoire qu’à la méthode : multiplier les rencontres et enregistrer avec les invités présents en studio.

Cette démarche répond à une volonté clairement formulée par le chanteur en 1999 : « I wanted to get closer to intelligent musicians. » Tom Jones veut alors se rapprocher de musiciens qu’il considère comme intelligents et ouverts, notamment au sein des scènes alternative galloise et britannique. Il ne cherche donc pas à reproduire la formule de ses débuts, mais à éprouver sa voix face à d’autres pratiques et à d’autres générations.

Un album construit dans la rencontre

La liste des participants donne immédiatement la mesure du projet. The Cardigans, Stereophonics, Robbie Williams, Portishead, Van Morrison, Cerys Matthews et Mousse T. figurent parmi les partenaires réunis autour de Tom Jones. Plutôt que d’empiler des interventions enregistrées à distance, Reload privilégie le travail commun en studio. Le duo devient ainsi une situation de création, et non un simple habillage ajouté après coup.

Ce principe permet à Tom Jones de ne pas limiter l’exercice à une célébration de son propre catalogue. Le programme associe des reprises, une nouvelle version de « Looking Out My Window » et une chanson originale, « Sex Bomb ». Cette dernière s’inscrit au milieu d’un disque dont l’unité repose avant tout sur la présence du chanteur et sur sa capacité à se confronter successivement à ses invités.

Reload, également diffusé sur RADIO COLLECTION, raconte ainsi une transformation sans effacer le passé de son interprète. Tom Jones demeure le centre du projet, mais il accepte que chaque collaboration déplace le cadre autour de lui. Cette ouverture donne au disque sa fonction particulière dans sa carrière : celle d’une relance construite avec les artistes de son époque plutôt que contre eux.

Stereophonics choisit Randy Newman

La rencontre avec Stereophonics illustre précisément cette méthode. Le groupe gallois propose de reprendre « Mama Told Me Not to Come », chanson écrite par Randy Newman. Le choix vient donc du partenaire invité et devient le point de départ de la collaboration avec Tom Jones. La production du titre est confiée à Bird & Bush.

La chanson dépasse ensuite le cadre de l’album : publiée en single, elle entre dans le Top 5 britannique. Ce résultat donne une traduction commerciale à l’idée centrale de Reload. L’association entre Tom Jones et un groupe contemporain ne relève pas seulement du contraste sur le papier ; elle trouve un large public et participe directement à la nouvelle visibilité du chanteur.

Avec « Lust for Life », enregistré avec The Pretenders, la logique est comparable. Tom Jones reprend un morceau d’Iggy Pop en compagnie d’un groupe lié à une autre histoire du rock que la sienne. Là encore, il ne s’agit pas de réenregistrer l’un de ses anciens succès, mais de placer sa voix dans un répertoire et face à des partenaires qui l’éloignent volontairement de sa formule des années 1960.

Une relance validée par le public britannique

Le pari de Reload se mesure finalement dans la durée. L’album atteint la première place de l’Official Albums Chart et reste 69 semaines dans le classement britannique. Ces deux résultats sont complémentaires : le premier témoigne de l’impact immédiat du projet, tandis que le second montre qu’il ne s’est pas réduit à la curiosité suscitée par une affiche de duos.

Le choix des collaborateurs joue un rôle essentiel dans cette réussite. Tom Jones ne se contente pas de juxtaposer des noms populaires : il organise le disque autour de confrontations successives avec la pop, le rock alternatif et des artistes issus de l’électronique. Ce dispositif renouvelle son image tout en maintenant sa voix au premier plan.

Vingt-sept ans après sa parution, Reload reste ainsi associé à une décision concrète : faire de la collaboration le moteur d’un album entier. « Mama Told Me Not to Come » en offre le résumé le plus net, depuis la proposition des Stereophonics jusqu’à son entrée dans le Top 5, tandis que les 69 semaines de présence de l’album dans le classement britannique confirment l’ampleur de cette relance.

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